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Le sort de Beyrouth bloque les négociations entre Téhéran et Washington : Le bras de fer se durcit au Moyen-Orient

by Perspectives Med
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Le sort de Beyrouth bloque les négociations entre Téhéran et Washington : Le bras de fer se durcit au Moyen-Orient

Quelques heures après l’annonce de la mort d’un soldat israélien tué dans les combats au sud-Liban, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien et Israel Katz, ministre de la Défense, ont annoncé avoir ordonné à l’armée de mener des frappes contre la banlieue sud de Beyrouth. « Nous avons donné l’ordre à l’armée de bombarder des cibles dans la banlieue sud de Beyrouth », indique le communiqué conjoint. Les deux compères sionistes ont expliqué que cette décision fait suite à ce qu’ils ont décrit comme les violations et l’escalade continues du Hezbollah, qui « cible les villes et les citoyens israéliens ».

Selon la chaine 14 israélienne, il faut s’attendre à ce que l’armée israélienne ordonne d’évacuer la banlieue sud de Beyrouth bientôt. La veille dimanche, Axios a révélé que Tel Aviv a demandé à l’administration Trump le feu vert pour mener des frappes à grande échelle à Beyrouth, au moment même où des sources américaines indiquaient un ralentissement des efforts de cessez-le-feu récents, tout en avertissant que Washington pourrait donner à Israël plus de marge de manœuvre pour intensifier les hostilités.

Dans la matinée de lundi,, l’armée israélienne a annoncé la mort d’un sergent de l’unité commando Maglan ainsi que trois blessés, lors de combats dans le sud du Liban. Le soldat a été tué vers 1h30, lorsqu’une force israélienne a été prise pour cible par un drone lancé par le Hezbollah dans la région du village de Yohmor, selon les médias israéliens.   Ce village est situé à proximité de la forteresse de Chqif (château de Beaufort) que l’armée ennemie a déclaré avoir conquis hier dimanche. La chaine 12 israélienne a constaté que le Hezbollah a multiplié ces dernières 48 heures ses attaques nocturnes réalisées à l’aide de drones piégés munis de caméra thermique.

Ce lundi matin, l’armée israélienne a indiqué dans un communiqué que 137 officiers et soldats ont été blessés au cours des deux dernières semaines dans le sud du Liban, tandis que le bilan depuis la reprise des combats début mars s’élève à 26 morts et 1.180 blessés, dont 69 blessés graves et 134 blessés modérés. L’armée a également noté que 14 soldats ont été tués depuis la déclaration du cessez-le-feu, dont 10 à la suite d’attaques de drones d’attaque.

Sur le terrain, les sirènes ont retenti dans plusieurs colonies de Haute Galilée, dont Metoula, Margaliot et Manara, suite à la détection de tirs de roquettes et de drones depuis le sud du Liban. L’Autorité israélienne de radiodiffusion a indiqué que le Hezbollah continuait depuis l’aube à lancer des roquettes et des drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a confirmé avoir détruit la nuit dernière une plateforme de lancement de missiles utilisée pour cibler la région de Tibériade, et a annoncé le lancement d’un missile intercepteur vers une « cible aérienne suspecte » tirée depuis le territoire libanais.

Dimanche, la résistance islamique avait revendiqué 21 opérations anti israéliennes. Cinq d’entre elles contre les périphéries de la forteresse Chqif, dont une contre un radar de brouillage ennemi dans via des drones Ababil. Elle a aussi rendu compte d’attaques contre des colonies au nord de la Palestine occupée : notamment contre l’aérodrome d’hélicoptères à Shomera, un groupement de militaires et des infrastructures à Nahariyya, d’autres infrastructures dans la région d’al-Krayot au nord de Haïfa, et à Metoula.

Le Hezbollah a annoncé dans deux communiqués distincts avoir intercepté un drone israélien Hermes 450 dans le ciel de la Békaa à l’aide d’un missile sol-air et avoir également ciblé une force israélienne à la périphérie est de la ville de Yohmor al-Chqif, soulignant que cette action était « une réponse aux violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu ».

En ce début de semaine, deux citoyens ont été tués lors d’un raid israélien sur le village de Breqa, dans le district de Nabatiyeh et un jeune Syrien a été tué lors d’un raid israélien aux abords de l’hôpital Sheikh Ragheb Harb à Toul, dans le district de Nabatiyeh, selon l’Agence nationale d’information. L’agence a indiqué que trois citoyens avaient été tués lors de raids israéliens menés dans la nuit sur la ville de Kfarsir, dans le district de Nabatiyeh. Un drone de l’occupation israélienne a par ailleurs ciblé une voiture par dans la localité de Zefta, dans le district de Nabatiyeh.

L’occupation israélienne a lancé une attaque contre Nabatiyeh al-Fawqa et Shoukin tandis que la localité de Srifa, dans le district de Tyr, a été la cible de bombardements d’artillerie. Tôt ce matin, des avions de combat israéliens ont ciblé la localité de Bourj Qalawiyeh dans le district de Bint Jbeil, le quartier d’al-Marj dans la localité d’al-Marwaniyya dans le district de Saida, la localité d’al-Qatrani et la zone entourant la ville d’Al-Baysariyah.

Dans un contexte similaire, l’armée israélienne a étendu les procédures d’évacuation, en lançant des avertissements urgents aux habitants de plusieurs villes du sud du Liban, notamment Al-Aqabiyah, Al-Zarariyah, Al-Marwaniyah, Sanibar, Al-Najariyah, Al-Adousiyah et Khirbet Basal dans le district de Saïda, en plus des villes de Mlikh et Kfarhouna dans le district de Jezzine.

Le ministère libanais de la Santé a annoncé hier, dimanche, que le bilan des attaques israéliennes contre le Liban depuis le 2 mars s’élevait à 3.412 martyrs et 10.269 blessés.

Dans cette atmosphère hypertendue, le quartier général central des forces armées iraniennes Khatam al-Anbiya a averti les habitants des régions du nord et des colonies militaires dans les territoires occupés de la nécessité de les évacuer immédiatement si l’armée israélienne bombarde la banlieue sud de Beyrouth.

Cette prise de position est intervenue après l’annonce faite par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir donné l’ordre à l’armée israélienne de frapper la banlieue sud de Beyrouth. « Si l’organisation ‘terroriste’ Hezbollah continue de tirer des roquettes en direction de villes et localités israéliennes, l’armée répondra en visant des objectifs dans le sud » de Beyrouth, a prévenu dans un message publié sur Télégram Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone.

Dans son communiqué publié aujourd’hui, le CGRI a écrit : « Netanyahu poursuit ses actes maléfiques dans la région et menace de détruire la banlieue-sud de Beyrouth, en lançant un avertissement pour évacuer ses habitants. » dès lors, « compte tenu des violations répétées de l’accord de cessez-le-feu par l’entité sioniste, et dans l’éventualité où cette menace serait mise à exécution, nous avertissons les habitants des régions du nord et des colonies militaires des territoires occupés que s’ils ne veulent pas être blessés, ils doivent quitter la zone immédiatement. »

Plus tôt, l’agence iranienne Tasnim news avait révélé que l’équipe iranienne des négociateurs avec les Etats-Unis via les médiateurs avaient suspendu leurs tractations et arrêté les 6changes de messages en riposte aux crimes israéliens contre le Liban.

Les régions visées selon le communiqué du CGRI sont: la Haute Galilée, la Basse Galilée, le Golan et Haïfa. « Nous déclarons aux colons du nord de la Palestine occupée que la zone indiquée sur la carte ci-jointe, englobant la Haute Galilée, la Basse Galilée, le plateau du Golan et Haïfa, est désormais une zone militaire fermée. Si vos chefs criminels prennent pour cible la banlieue sud de Beyrouth ou la ville de Beyrouth, cette zone deviendra une cible d’attaques des forces armées iraniennes. »

Auparavant, le porte-parole de l’état-major général des forces armées iraniennes, le général de brigade Abolfazl Shekarchi avait adressé un avertissement ferme à l’entité sioniste. Il a déclaré que la poursuite continue des crimes brutaux contre le Liban par les « dirigeants de l’entité israélienne barbare et leurs protecteurs » « ne sera pas tolérée » par les forces armées iraniennes.  « L’entité israélienne agressive, qui tue des enfants, a profité du cessez-le-feu pour lancer une agression flagrante contre le territoire libanais, provoquant un bain de sang qui a coûté la vie à plus de 3 000 civils, dont des femmes et des enfants », a déploré le général Shekarchi, critiquant en même temps la complicité internationale, et accusant les dirigeants occidentaux d’avoir choisi la voie du silence ou du soutien direct à ces « crimes contre l’humanité ».

Aujourd’hui, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que « le blocus naval et l’escalade des crimes de guerre au Liban par l’entité sioniste génocidaire sont une preuve manifeste du non-respect du cessez-le-feu par les États-Unis ».

« Chaque choix a un prix, et la facture finira inévitablement par arriver. Tout reviendra à la normale », a-t-il tweeté sur X.

Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a rappelé pour sa part que « le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis inclut tous les fronts, y compris le Liban », avertissant que toute violation de cet accord aurait des répercussions directes.  « Toute violation du cessez-le-feu sur un front quelconque constitue une violation sur tous les fronts », a-t-il averti sur X, soulignant que « les États-Unis et Israël assumeront la responsabilité des conséquences de toute violation de ce cessez-le-feu ».

L’ONU s’est décklarée lundi profondément préoccupée par l’escalade des violences dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu négocié sous médiation américaine, appelant toutes les parties à « respecter la cessation des hostilités ».

« Nous sommes profondément alarmés par l’intensification des activités militaires dans le sud du Liban et au-delà », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU,  lors de son point de presse quotidien. « Les avertissements israéliens faisant état de frappes imminentes contre la banlieue sud de Beyrouth sont extrêmement préoccupants et ont accru la peur et l’incertitude au sein de la population libanaise », a-t-il ajouté.

Il a rappelé que « les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être pris pour cible » et a exhorté l’ensemble des acteurs à « respecter la cessation des hostilités et à éviter toute nouvelle escalade ». « Nous condamnons toutes les pertes en vies humaines parmi les civils », a-t-il poursuivi, soulignant qu’« il n’existe pas d’alternative à une solution diplomatique pour briser le cycle de la violence et parvenir à une stabilité durable de part et d’autre de la Ligne bleue ». Le porte-parole a également estimé que les pourparlers entre le Liban et Israël, menés sous l’égide des États-Unis et dont la reprise est prévue mardi, « doivent bénéficier d’une véritable chance de réussir ».

L’Iran a demandé au Pakistan de continuer à jouer un rôle diplomatique pour contribuer à la réduction des tensions régionales et soutenir les efforts visant à maintenir le cessez-le-feu au Liban, selon un communiqué publié depuis Islamabad à l’issue de pourparlers entre les chefs de la diplomatie des deux pays.

Le chef de la diplomatie iranienne a salué le rôle constructif du Pakistan dans la diplomatie régionale et a demandé à Islamabad de continuer à user de ses bons offices pour faciliter la désescalade.  Ishaq Dar, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, a fait part de sa préoccupation face à la situation et a souligné l’importance de pérenniser le cessez-le-feu afin d’éviter une rupture des ententes existantes. Les deux parties ont convenu de rester en contact étroit.

Cette initiative diplomatique intervient alors que le président américain Donald Trump a déclaré que l’Iran cherchait à conclure un accord avec Washington, se disant convaincu que les négociations en cours pourraient aboutir à un résultat positif. Cependant, l’Iran aurait suspendu les échanges indirects et la transmission de messages avec les États-Unis par l’intermédiaire de médiateurs, en signe de protestation contre la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban.

Selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim, Téhéran a interrompu les pourparlers via des intermédiaires jusqu’à ce qu’il soit répondu à ses exigences concernant Gaza et le Liban, incluant la fin des opérations militaires israéliennes et un retrait des zones occupées au Liban. Les responsables iraniens ont averti que la poursuite des hostilités risquait de provoquer une nouvelle escalade à travers la région.

D. Trump a déclaré lundi qu’il accueillerait favorablement une suspension des échanges avec l’Iran si Téhéran décidait d’interrompre les pourparlers indirects menés avec Washington. « Je pense que nous avons trop parlé, pour être honnête. Un peu de silence ferait du bien », a-t-il affirmé dans un entretien accordé à NBC News. Il a toutefois précisé qu’une interruption du dialogue ne signifierait pas nécessairement une reprise immédiate des frappes. Il a néanmoins assuré vouloir maintenir le blocus, qu’il a décrit comme « une barrière d’acier ».

Le président américain a également indiqué qu’il pouvait attendre « aussi longtemps qu’ils le souhaitent », estimant que l’Iran « perd une fortune » sous le poids des restrictions actuelles.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a annoncé, tôt lundi, avoir frappé une base aérienne américaine qui aurait servi à lancer une attaque contre une tour de télécommunications sur l’île de Sirik, dans le sud de la province iranienne d’Hormozgan. Selon un communiqué relayé par l’agence de presse iranienne Mehr, la Force aérospatiale du CGRI a affirmé avoir ciblé et détruit la base depuis laquelle les forces américaines auraient mené l’opération contre l’installation de communication.

Le CGRI a indiqué que la frappe avait été menée quelques heures après l’attaque américaine présumée et a assuré que l’ensemble des cibles prédéfinies avaient été atteintes avec succès. La force a également averti que toute nouvelle attaque entraînerait une riposte « différente par son ampleur et sa nature », ajoutant que la responsabilité de toute escalade incomberait aux États-Unis.

Aucune réaction immédiate n’a été enregistrée de la part des autorités américaines concernant ces affirmations iraniennes. L’île de Sirik est située à proximité du détroit stratégique d’Ormuz.

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