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La guerre prend de l’ampleur autour d’Ormuz : Pékin et Islamabad appellent à faire taire les canons

by Perspectives Med
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La guerre prend de l’ampleur autour d’Ormuz : Pékin et Islamabad appellent à faire taire les canons

Les deux responsables asiatiques ont exprimé « leur inquiétude face à la détérioration de la situation actuelle et ont appelé les parties concernées à cesser immédiatement les hostilités, à s’efforcer de surmonter les difficultés, à éliminer toute ingérence, à renouer les contacts, à reprendre le dialogue et à s’efforcer de parvenir à un accord de paix global par la voie de la négociation », indique le communiqué. Ils ont ajouté que la communauté internationale devait également continuer à apporter son aide à cet égard. Saluant le rôle de médiation joué par le Pakistan, Y. Wang a souligné que la première phase du protocole d’accord d’Islamabad conclu entre les États-Unis et l’Iran avait été « durement acquise ». Ajoutant que « les dispositions essentielles du protocole d’accord sont non seulement conformes aux intérêts fondamentaux et à long terme des parties concernées, mais répondent également aux attentes communes de la communauté internationale ». A ses yeux, « la paix est à portée de main ; nous ne pouvons pas nous permettre de la perdre maintenant, et encore moins de la laisser nous échapper », a averti Y. Wang. « Toutes les parties doivent respecter leurs engagements et se conformer aux dispositions » du protocole d’accord d’Islamabad, a-t-il ajouté. « La Chine soutiendra, comme toujours, les efforts de médiation du Pakistan et continuera à jouer un rôle constructif pour favoriser la désescalade à sa manière », a-t-il assuré.

Cette déclaration intervient alors que les États-Unis et l’Iran poursuivent depuis six jours leurs frappes militaires de représailles, dans un contexte de tensions autour du détroit d’Ormuz. Les forces américaines ont mené, dans la nuit de jeudi à vendredi, une agression aérienne et de missiles ciblant plusieurs provinces et villes du sud et du sud-ouest de l’Iran. Cette agression a touché des installations vitales, un aéroport, des ponts principaux et des quartiers résidentiels, entraînant plusieurs martyrs et blessés. L’Agence Fars a fait état de 7 martyrs suite à l’attaque contre les ponts de Bandar Khamir, dans la province de Hormozgan (sud de l’Iran). De plus, la même source a fait état de plusieurs explosions dans le port de Lengeh, dans la province de Hormozgan, tandis que des tirs de missiles ont touché les environs de la ville de Sirik, dans la même province. Dans la ville de Bandar Abbas, l’Université des sciences médicales a fait état d’un martyr et de 8 autres citoyens blessés à la suite de l’agression qui a ciblé le quartier résidentiel de « Tallet Allah Akbar ».

Les bombardements américains ont également touché les infrastructures des réseaux de communication, d’énergie et de transport. L’agression a notamment ciblé une sous-station de transformation et un embranchement ferroviaire à Bandar Abbas, blessant deux citoyens. Des missiles américains ont également visé une tour de communication à Bandar Abbas. Une coupure d’électricité a été enregistré dans une zone de l’île de Kish suite à l’agression.

Par ailleurs, l’agence Tasnim a confirmé la fermeture de la circulation sur l’axe (Bandar Abbas – Kahurestan – Lar) après le ciblage du pont « Nahr Shour » dans la province de Hormozgan. Parallèlement, l’aviation américaine a ciblé le pont reliant la route (Bandar Khamir – Bandar Abbas), ainsi que le pont reliant les villes de Bandar Abbas et de Shiraz, dans le sud du pays. De son côté, l’agence Mehr a rapporté qu’une explosion a retenti dans la ville d’Ahvaz, dans la province du Khouzistan (sud-ouest du pays). De plus, l’adjoint au gouverneur du Lorestan (ouest de l’Iran) a fait état d’une agression américaine contre la ville de Veysian, dans la province. En outre, des bruits d’explosions ont été entendus dans la ville côtière de Bouchehr. L’adjoint au gouverneur de Bouchehr a confirmé le renouvellement de l’agression américaine sur la province, tandis que le vice-gouverneur de Bouchehr a indiqué que l’agression américaine ciblait, à l’aide de plusieurs missiles, les bases aérienne et navale de la ville.

Sur l’île de Qeshm, la télévision iranienne a fait état de la détection de 8 nouvelles explosions aux environs du village de Masan à la suite de l’agression aérienne américaine. Par ailleurs, les environs de l’aéroport d’Iranchahr ont été visés par 3 explosions, dont au moins un projectile a touché l’aéroport. La télévision iranienne a confirmé qu’un citoyen avait été blessé et que des dégâts avaient été causés aux installations électriques ainsi qu’au réservoir de carburant à l’intérieur de l’aéroport.

Cela intervient alors que Washington poursuit depuis plusieurs jours ses agressions contre des régions du sud de l’Iran, tandis que Téhéran y répond en ciblant des bases, des installations et des sites stratégiques américains dans la région.

La Syrie ciblée

La riposte du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ne s’est pas fait atteindre. Il a publié deux communiqués distincts détaillant ses dernières opérations militaires. Dans le premier, le CGRI s’est adressé au « vaillant et lucide peuple de l’Iran islamique, créateur d’épopées ». Il a annoncé qu’en réponse aux agressions de l’armée américaine, qualifiée de « tueuse d’enfants », les combattants de sa Force aérospatiale ont lancé une attaque surprise d’envergure. Menée lors de la onzième vague de l’opération Nasr 2 — sous le code sacré « Ya Aba Abdallah Al-Hussein (as) » et dédiée aux soldats martyrs et opprimés de Bampur à Iranshahr —, cette offensive a visé le centre de commandement des opérations spéciales de l’ennemi dans la région d’Al-Tanf, en Syrie. Les frappes ont détruit un système radar ainsi que plusieurs hélicoptères de forces spéciales, « vengeant le sang des soldats tombés en martyrs la nuit dernière à Iranshahr » et envoyant « un grand nombre de soldats criminels américains à leur perte ».

Le communiqué réaffirme également que le détroit d’Ormuz reste sous le contrôle total de ses forces et prévient que tant que les agressions américaines continueront, « pas une seule goutte de pétrole ou de gaz ne sera exportée depuis cette région ».

Dans le 2è communiqué, le CGRI a fait savoir que dans le cadre de la poursuite des opérations de représailles réciproques menées par les « combattants de l’Islam », sa Force navale a exécuté une opération à l’aube. Inscrite dans la treizième vague de l’opération Nasr 2 — également placée sous le code sacré « Ya Aba Abdallah Al-Hussein (as) » et dédiée aux habitants des provinces du Khouzistan, de Bouchehr, d’Hormozgan et du Sistan-et-Baloutchistan —, cette action a ciblé et détruit le radar de surveillance maritime des rochers de Salama ainsi que le radar de surveillance aérienne américain basé dans la région de Ghanam, au Sultanat d’Oman. Le CGRI y réaffirme que ces opérations de représailles se poursuivront avec fermeté, saluant la résilience et les sacrifices du peuple, et rappelle que le détroit d’Ormuz demeure, avec l’aide de Dieu, sous le contrôle de sa Force navale.

Le CGRI a en outre affirmé que « dans le cadre de la quinzième vague de l’opération « Nasr 2 », en plus de la destruction de plateformes et de missiles HIMARS au Koweït, nous avons mené une opération offensive à l’aide de drones et de missiles, au cours de laquelle nous avons détruit plusieurs positions des forces américaines et des contre-révolutionnaires. » Quelques heurs plus tard, les Gardiens de la révolution ont révélé avoir mené une vaste attaque surprise contre la base US d’Al-Udeid au Qatar. Par ailleurs, les médias iraniens ont publié des images satellite montrant la destruction des quartiers généraux des forces américaines sur la base du Roi Faisal en Jordanie, à la suite des frappes iraniennes.

Pour sa part, l’armée iranienne a annoncé, à l’aube de vendredi, l’exécution de la 11e phase de l’opération « Foudre » (Al-Saeqa), ciblant des centres et des bases américains à Bahreïn, en réponse aux agressions américaines contre les citoyens iraniens et les infrastructures civiles, en ciblant, à l’aide de drones d’attaque (kamikazes) Arash, le site de stationnement des hélicoptères et des avions de reconnaissance américains de type P-8 sur la base de Sakhir à Bahreïn. L’armée a souligné dans son communiqué que « la sécurité et l’indépendance de cette patrie sont une ligne rouge », affirmant que les forces armées « répondront avec rapidité et fermeté, de manière proportionnée aux actes d’hostilité de l’ennemi ». Elle a également averti que « toute erreur d’appréciation concernant la volonté du peuple, ou les capacités de l’armée et du Corps des gardiens de la révolution islamique, aura un coût très élevé pour l’ennemi américain arrogant ».

A rappeler que Téhéran avait annoncé, dimanche dernier, la fermeture du détroit d’Ormuz à la navigation jusqu’à la fin de l’intervention et de l’agression américaines dans la région, une mesure prise dans le sillage d’une nouvelle vague d’opérations militaires ayant ciblé l’Iran.

Ali Bagheri Kani, secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a affirmé jeudi que préserver l’indépendance signifie « se préparer à résister aux transgressions et aux attaques ». Il a déclaré qu’il est impératif de « ne permettre en aucun cas à nos ennemis de s’approcher de nos frontières, qu’elles soient physiques ou morales ».

Pour sa part, Mohammad Mokhber, conseiller du Guide suprême de la Révolution islamique, a déclaré que les récents crimes commis à Ahvaz et Iranshahr s’inscrivent dans la continuité de la stratégie adoptée à l’école de Minab. D’après lui, ces mêmes crimes constituent également « une extension de la stratégie consistant à cibler des innocents pour compenser une défaite et une humiliation sur le champ de bataille ». Il a ajouté « que les soutiens du terrorisme sachent qu’endommager les infrastructures iraniennes, c’est s’exposer à couper l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement énergétique de la région.»

Ces propos font suite à une attaque américaine qui a visé la ville d’Ahvaz la nuit dernière, alors que Washington poursuit ses attaques contre des zones du sud de l’Iran depuis plusieurs jours. Téhéran riposte en ciblant des bases, des installations et des sites stratégiques américains dans la région.

Va-t-en guerre US

La commission du Budget de la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les républicains, a approuvé une résolution portant sur un plan budgétaire de 95 milliards de dollars. Ce plan vise à répondre aux exigences de Donald Trump concernant l’allocation de nouveaux financements de défense pour la guerre contre l’Iran, l’octroi d’aides aux agriculteurs, ainsi qu’une réforme globale des conditions de vote avant les élections de mi-mandat prévues en novembre. Cette approbation ouvre la voie à un vote prochain de la résolution par l’ensemble de la Chambre, probablement dès la semaine prochaine.

Le président de la commission du Budget, Jodey Arrington, républicain du Texas, a déclaré à ses collègues de la commission ayant approuvé la résolution : « Nous n’obtiendrons aucune aide de nos collègues démocrates pour accomplir ce que je considère être des mesures cruciales ».

Les démocrates critiquent cette mesure, lui reprochant de ne pas s’attaquer à la hausse des prix de l’essence, des produits alimentaires et d’autres biens, qui constitue, selon les électeurs, leur principale préoccupation. Les dirigeants républicains de la Chambre espèrent faire adopter ce plan, mais il reste difficile de savoir si la fragile majorité républicaine à la Chambre y parviendra.

Des parlementaires républicains affirment que le volet défense vise à aider à financer la guerre contre l’Iran, à reconstituer les stocks d’armes américains épuisés par le conflit au Moyen-Orient, et à renforcer la préparation militaire. Selon l’agence Reuters, la résolution autoriserait également une législation sur les dépenses afin d’aider les agriculteurs américains confrontés à la hausse des coûts du carburant et des engrais en raison de la guerre. Elle vise aussi à allouer des fonds pour aider à la mise en œuvre du projet de loi de D. Trump obligeant les électeurs à présenter une pièce d’identité dans les bureaux de vote et à prouver leur citoyenneté américaine pour s’inscrire sur les listes électorales, un projet connu sous le nom de « SAVE Act » (Loi pour la protection des USAmonde ).

Commerce paralysé

A signaler que seuls trois navires de transport de marchandises ont traversé le détroit d’Ormuz au cours des dernières 24 heures, à 07h30 GMT vendredi, ce qui représente le plus faible niveau de transit quotidien depuis mai, le trafic maritime étant resté en grande partie à l’arrêt dans un contexte de nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran.

La plupart des navires se sont soit arrêtés avant d’entrer dans cette voie navigable stratégique, soit ont fait demi-tour à la suite des récentes attaques iraniennes contre des navires commerciaux et de la reprise par Washington du blocus imposé aux navires entrant ou sortant des ports iraniens.

Les données maritimes ont montré que le pétrolier de produits pétroliers « Miraan », soumis à des sanctions et transportant du fioul, le petit méthanier « Norita » et le vraquier « Maha Yaya » étaient les seuls navires de transport de marchandises à avoir franchi le détroit jeudi.

Le « Miraan » et le « Norita » ont emprunté la route iranienne pour sortir du détroit, mais se sont ensuite arrêtés dans le golfe d’Oman, où le blocus américain est appliqué.

Le navire de ravitaillement Arolia, chargé de fioul irakien destiné à ravitailler les navires en mer, a traversé le détroit tôt vendredi matin, mais a fait demi-tour quelques heures plus tard pour regagner le golfe.

Cette perturbation fait suite à la rupture de l’accord de cessez-le-feu et de réouverture conclu en juin entre les États-Unis et l’Iran, les deux parties ayant repris leurs opérations militaires autour de ce corridor énergétique vital.

Les États-Unis ont lancé des frappes successives contre les capacités militaires côtières et maritimes iraniens après avoir rétabli cette semaine leur blocus des ports iraniens.

Selon le Commandement central américain, les forces américaines ont frappé des cibles à Bushehr, Chabahar, Jask, Konarak, Abu Musa et Bandar Abbas au cours d’une opération de cinq heures, notamment des systèmes de défense côtière, des sites de missiles et de drones, ainsi que des capacités maritimes.

L’escalade s’est intensifiée après que des missiles de croisière iraniens ont frappé les pétroliers émiratis Mombasa et Al Bahiyah dans la partie sud du détroit, dans les eaux omanaises, tuant un membre d’équipage indien et en blessant huit autres.

L’Organisation maritime internationale avait confirmé, mardi, 56 incidents maritimes liés au conflit régional et 17 décès de marins.

Le détroit d’Ormuz est l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde, acheminant du pétrole brut, des produits pétroliers et du gaz naturel liquéfié depuis les producteurs du Golfe vers les marchés internationaux. En pleine asphyxie mondiale induite par la guerre ouverte au Moyen-Orient entre Américains et Iraniens, l’Agence internationale de l’Énergie a publié son rapport annuel jeudi. Les métaux rares deviennent incontournables que ce soit pour les voitures électriques, les batteries ou encore l’éolien. Mais leur production et leur raffinage sont de plus en plus concentrés géographiquement, notamment en Chine et en Afrique.

La crise au Moyen-Orient a largement affecté l’approvisionnement en minéraux critiques, comme le détaille Tae-Yoon Kim, membre de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). « La situation dans le détroit d’Ormuz, bloqué des deux côtés par les Iraniens et les Américains, a davantage affecté les prix de l’aluminium, du soufre et de l’hélium. Mais certains minéraux, comme le germanium, ont également connu d’importantes hausses de prix, parce qu’il y a plus de demandes dans la défense. »

Le monopole chinois s’ajoute comme autre point de tension pour l’AIE. La transformation de ces minéraux se réalise pour l’essentiel dans l’Empire du Milieu, bien que des efforts d’investissement soient faits au niveau de certains acteurs comme les États-Unis. « La part de marché des principaux raffineurs est passée de plus de 90 % en 2023 à environ 85 % en 2025, rapporte Tim Gould, chef économiste de l’organisation. Et nous prévoyons que cette part continuera de baisser pour s’établir à environ 70 % d’ici 2035. » Sauf que beaucoup de ces projets ont toujours du mal à aboutir. « Ces projets sont souvent confrontés à des coûts d’investissement ou d’exploitation plus élevés que ceux des fournisseurs en place, ce qui rend très difficile leur mise en œuvre. »

Autre défi mis en avant par l’AIE, les restrictions à l’importation de certains États producteurs, que ce soit la Chine mais aussi nombre de pays africains. Des considérations économiques, mais aussi de défense, expliquent les tensions autour des produits stratégiques. Parmi les pistes avancées, l’AIE propose notamment la constitution de stocks stratégiques.

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