Lors d’un discours à la Maison Blanche consacré à l’intégrité des élections, le président américain a prétendu que la Chine avait mené « le plus grand piratage de données électorales de l’histoire » en s’emparant de 220 millions de fichiers d’électeurs américains. Il a également laissé entendre que le Venezuela aurait pu manipuler des machines à voter utilisées aux Etats-Unis. La Maison Blanche a annoncé dans la foulée la déclassification de documents des services de renseignement, que D. Trump présente comme une confirmation de ses accusations.
Ces allégations ont toutefois été rejetées à plusieurs reprises. Plus de 60 recours en justice déposés après l’élection de 2020 n’ont mis au jour aucune fraude susceptible d’avoir modifié le résultat du scrutin remporté par Joe Biden. Un rapport des agences américaines de renseignement publié en 2021 concluait également qu’aucun acteur étranger n’avait tenté d’altérer le processus de vote. Les documents déclassifiés jeudi ne démontrent pas non plus une manipulation du scrutin de 2020, selon plusieurs experts interrogés par l’Agence France-Presse (AFP).
Pékin a rejeté vendredi les allégations du président américain selon lesquelles la Chine se serait ingérée dans les élections américaines. « Les allégations américaines sont dépourvues de tout fondement factuel et visent à diffamer la Chine », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, aux journalistes à Pékin. Il a assuré que des accusations similaires « se sont depuis longtemps révélées infondées ». Ajoutant que « la Chine adhère au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États. La Chine n’a aucun intérêt à s’ingérer dans les élections américaines et ne l’a jamais fait ».
En revanche, J. Lin s’est interrogé sur « qui s’est ingéré de manière arbitraire dans les affaires intérieures d’autres pays, a mené une surveillance aveugle des gouvernements, des entreprises et du grand public à travers le monde pendant une longue période et a compromis à grande échelle les données des citoyens d’autres pays ».
Les États-Unis tiendront des élections de mi-mandat en novembre prochain. Citant un rapport de la CIA, D. Trump avait déclaré qu’à la mi-2018, au cours de son premier mandat, la politique du Parti communiste chinois consistait à « tirer parti de tous les éléments nationaux et étrangers » qui s’opposaient à lui, dans le but de réduire le nombre de voix qu’il obtiendrait lors de l’élection de 2020, de le pousser à démissionner ou d’empêcher sa réélection.
A Moscou, le Kremlin a rejeté vendredi les allégations selon lesquelles la Russie se serait ingérée dans les élections américaines, affirmant que les enquêtes américaines menées précédemment n’avaient trouvé aucune preuve que Moscou ait influencé le résultat, selon l’agence de presse officielle russe Tass. S’adressant aux journalistes, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que le président américain se référait à des allégations des services de renseignement non précisées et non étayées lorsqu’il décrivait la Russie comme une menace pour les élections américaines. « Le fait est que le président se réfère à certaines informations, des informations anonymes, des informations non étayées provenant des agences de renseignement américaines », a déclaré D. Peskov. Il a ajouté que de multiples enquêtes américaines avaient conclu que la Russie « n’avait eu aucune influence » sur les élections aux États-Unis. Il a précisé que Moscou ne s’était jamais ingérée dans les affaires intérieures d’autres pays et attendait des autres nations qu’elles ne s’ingèrent pas dans les affaires intérieures de la Russie.
Plus tôt, Donald Trump avait qualifié la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord d’« adversaires » capables de compromettre « l’infrastructure électorale » américaine.

