La Russie a accepté les propositions présentées par D. Trump lors du sommet d’Alaska sur le règlement du conflit ukrainien, a réaffirmé S. Lavrov le 17 juillet. Le ministre russe des Affaires étrangères s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’issue de ses entretiens à Moscou avec Jeyhun Bayramov, son homologue azerbaïdjanais. S. Lavrov a réagi à un article du Washington Times selon lequel Moscou serait en train de laisser passer une occasion « avantageuse » d’obtenir un assouplissement des sanctions et de développer sa coopération économique avec les États-Unis. Cette ouverture aurait été proposée par D. Trump à la Russie, à condition qu’elle participe au processus de règlement du conflit ukrainien.
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie russe a affirmé que les auteurs de l’article « n’avaient aucune conscience », réitérant que Moscou avait accepté les propositions de D. Trump. Selon lui, l’Europe et Volodymyr Zelensky « tentent de détourner » le dirigeant américain de ses propres propositions. Il a également affirmé que le régime de Kiev redoutait de voir la crise au Moyen-Orient détourner l’attention occidentale du conflit ukrainien et réduire le soutien inconditionnel dont il bénéficie. Il a estimé que la situation au Moyen-Orient éloignait également l’attention des États-Unis, que l’Europe cherche à rallier à un soutien sans équivoque à Kiev.
Le ministre russe a affirmé qu’en matière de règlement du conflit ukrainien, la Russie avait fait preuve à maintes reprises de bonne volonté depuis 2014. Moscou avait soutenu les accords conclus entre les dirigeants ukrainiens et l’opposition, ainsi que les initiatives de l’Union européenne, représentée par l’Allemagne et la France. S. Lavrov a toutefois estimé qu’aucun de ces accords n’avait été respecté par les autorités de Kiev.
Le chef de la diplomatie russe a également évoqué la situation au Moyen-Orient. Il a affirmé que la Russie était en contact avec les parties impliquées dans le conflit et appelait à un cessez-le-feu. Il a toutefois déploré que la crise dans le détroit d’Ormuz s’éternise, au détriment de l’économie mondiale et des voies de transport internationales. Il a également souligné la persistance des risques dans la région. Selon lui, le mémorandum conclu entre l’Iran et les États-Unis en vue d’un règlement n’est pas respecté, ce qui entretient les menaces pesant sur la sécurité régionale. Il a ajouté que les dirigeants israéliens avaient publiquement déclaré ne pas être liés par les dispositions du mémorandum, tout en poursuivant leur politique dans le sud du Liban et de la Syrie. Certains pays du Moyen-Orient ne souhaiteraient par ailleurs pas voir l’Iran se réconcilier avec ses voisins arabes, a-t-il affirmé. Des risques persistent également sur le plan économique, a indiqué le ministre russe. Outre la menace pesant sur le détroit d’Ormuz, l’une des principales artères commerciales de la région, les Houthis pourraient bloquer le détroit de Bab el-Mandeb si les hostilités contre l’Iran se poursuivaient. Un tel scénario aurait des conséquences très néfastes pour le commerce mondial, notamment pour le marché pétrolier.
L’angle mort de la cyber guerre
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a qualifié d’« extrêmement hypocrites » les tentatives incessantes de l’Union européenne et de l’OTAN d’accuser la Russie de supposées « actions malveillantes » dans le cyberespace et de la présenter comme la principale menace dans le domaine numérique. Selon elle, comme d’habitude, les pays européens n’ont présenté aucune preuve concrète à l’appui de leurs accusations. Elle a estimé que les demandes de preuves irréfutables se heurtaient à de simples références à une analyse prétendument « approfondie » de données que les autorités compétentes sont toutefois incapables de fournir.
M. Zakharova a affirmé que la réalité était exactement inverse. « Depuis le début de l’année 2022, l’infrastructure d’information russe subit un nombre sans précédent de cyberattaques, émanant en premier lieu du régime de Volodymyr Zelensky. Nous savons parfaitement que l’Ukraine a été transformée par ses parrains occidentaux en tête de pont pour mener des cyberopérations offensives », a-t-elle déclaré. Selon elle, le régime de Kiev prend pour cible des installations civiles, cherche à paralyser des services et des équipements électroniques et tente de s’emparer des données personnelles des citoyens russes afin de mener ultérieurement des opérations ciblées. « Tout un réseau de centres d’appels ukrainiens est également employé pour escroquer les citoyens russes et, soit dit en passant, européens », a-t-elle ajouté.
La Russie se prononce, pour sa part, en faveur d’une « utilisation pacifique du cyberespace », conformément aux normes du droit international inscrites dans la Charte des Nations unies et aux résolutions de l’Assemblée générale sur la sécurité internationale de l’information, a poursuivi M. Zakharova. Elle a également rappelé les propositions formulées à plusieurs reprises par Moscou aux pays occidentaux afin « d’entamer un dialogue professionnel sur les incidents préoccupants survenus dans le cyberespace ». Le 13 juillet, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a dénoncé sur BFMTV « une vaste campagne cyber à des fins de sabotage et d’espionnage menée par la Russie dans une dizaine de pays européens ». Il a annoncé la convocation de l’ambassadeur russe en France et des sanctions contre neuf personnes et quatre entités accusées d’être liées au Service fédéral de sécurité (FSB) russe. La mission russe auprès de l’Union européenne a rejeté ces accusations de cyberactivité malveillante après l’adoption des nouvelles sanctions. Moscou a par ailleurs rappelé sa participation à l’élaboration de la convention des Nations unies contre la cybercriminalité, affirmant qu’elle contribue à la sécurité du cyberespace.

