Le guide suprême iranien a accusé samedi les États-Unis d’avoir violé à plusieurs reprises le mémorandum d’entente signé par les présidents des deux pays, estimant que ces manquements démontrent que la signature du président américain Donald Trump est « totalement dénuée de valeur et de crédibilité ».
« Les violations répétées de l’accord par le Grand Satan (les États-Unis) concernant le mémorandum signé par les présidents de l’Iran et des États-Unis ont une nouvelle fois révélé une vérité fondamentale : la signature du président des États-Unis est totalement dénuée de valeur et de crédibilité », a déclaré Mojtaba Khamenei dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X. Il a ajouté que « la coercition, le totalitarisme et la brutalité sont des composantes indissociables de la doctrine et de la ligne de conduite des États-Unis ».
Le guide suprême iranien a également averti que, si « l’ennemi américain cherche à déclencher une guerre et à subir des coûts plus lourds ainsi qu’une plus grande humiliation », il devait savoir que le peuple iranien et le « front de la résistance » lui réservaient des « leçons inoubliables ».
L’ambassade des États-Unis à Amman a annoncé, dimanche, que les autorités jordaniennes ont procédé à l’évacuation de l’aéroport international et du port maritime de la ville d’Aqaba, en raison de ce qu’elle a qualifié de « menace spécifique et crédible », appelant les citoyens américains à ne pas se rendre dans ces deux infrastructures. Dans une alerte de sécurité publiée dimanche, l’ambassade a précisé qu’elle « conseille vivement à tous les ressortissants américains de s’abstenir de voyager vers l’aéroport ou le port », tout en leur demandant de continuer à se conformer aux directives de sécurité émises par les autorités jordaniennes. L’avertissement n’a pas précisé la nature ni l’origine de cette menace, et n’a fourni aucun détail concernant la durée de l’évacuation ou la date de reprise des activités à l’aéroport et au port. Cette mesure intervient dans un contexte d’échanges de frappes avec l’Iran, sur fond d’escalade américaine dans le détroit d’Ormuz.
Cette alerte maximale intervient alors que les tensions régionales restent extrêmement vives. Pour rappel, trois soldats américains ont été tués et plusieurs autres blessés, samedi, lors de frappes iraniennes contre une base militaire américaine en Jordanie. L’agression américaine contre l’Iran se poursuit, alors que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé le début du « lancement de nouveaux raids aériens sur le pays ».
Parallèlement, l’agence Mehr a fait état d’une agression américaine contre le port de Sirik, dans la province de Hormozgan, dans le sud du pays, soulignant que cette agression « n’a pas visé les infrastructures de la ville et n’a pas fait de victimes humaines ». L’agence a également signalé une « attaque américaine ayant ciblé un site dans les environs de Hajiabad », également dans la province de Hormozgan, sans faire de victime parmi les civils ni de dommage aux infrastructures ou aux installations commerciales. Toujours dans la province de Hormozgan, l’agence Tasnim a rapporté, citant des témoins oculaires qu’au moins 6 missiles ont frappé des sites sur l’île de Qeshm, , et des déflagrations d’explosions ont été entendues dans le port de Bandar Abbas. Tasnim a également cité des responsables de la sécurité affirmant qu’« il n’y a aucun fondement aux rapports faisant état d’attaques américaines contre Qom, où le calme règne dans cette province et où aucune explosion n’a été signalée ».
En parallèle, l’agence Mehr a rapporté que « des bruits d’avions de chasse ont été entendus dans le ciel de l’île de Kish ». Plus tôt, Ahmad Nafisi, gouverneur adjoint aux affaires politiques, sécuritaires et sociales de la province iranienne de Hormozgan, a fait état de 3 martyrs de 8 autres blessés, selon les bilans préliminaires, à la suite d’attaques menées par les forces américaines contre plusieurs points de la province vendredi soir et samedi matin. Les rapports officiels ont indiqué que les frappes aériennes ont visé des infrastructures comprenant 3 ponts et des tunnels dans la province. Le bombardement a entraîné la fermeture du tunnel « Martyr Mirzaye » dans les deux sens, en plus d’un raid aérien direct ayant touché le pont du « fleuve Shur » situé sur la route Bandar Abbas – Sirjan.
Les États-Unis ont renouvelé leurs attaques contre l’Iran pour la huitième nuit consécutive, dans le cadre de la reprise de l’agression américaine contre l’Iran, les attaques se concentrant sur les régions du sud. Cela a suscité des ripostes iraniennes par le biais d’opérations ayant ciblé plusieurs bases américaines dans le Golfe, en Syrie et en Jordanie. L’armée iranienne a annoncé, dimanche matin, avoir ciblé deux bases américaines importantes au Koweït, dans le cadre de la seizième phase de l’opération « Éclair ». Les frappes iraniennes interviennent en réponse aux « agressions répétées de l’ennemi, au meurtre de citoyens et aux attaques contre les ponts, les infrastructures et les zones civiles ».
L’armée a déclaré avoir mené des attaques intensives à l’aide de drones suicides, ciblant un dépôt de munitions de l’armée américaine au camp d’Udairi, ainsi qu’un radar Patriot et le radar aérien de la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït. Elle a précisé que le camp d’Udairi est considéré comme l’une des bases importantes de l’armée américaine dans la région, situé à 104 kilomètres de la frontière iranienne, et qu’il constitue l’un des principaux centres de soutien et de réorganisation des forces américaines. « Perturber son fonctionnement affecterait de manière significative les opérations de soutien militaire américain dans la région », précise-t-on.
L’armée iranienne a également souligné que la base aérienne Ali Al-Salem est considérée comme le principal centre de transport aérien et la porte d’entrée des forces militaires dans la région de l’Asie de l’Ouest, jouant un rôle pivot dans la stratégie militaire et logistique de l’armée américaine dans la région.
Téhéran affirme ne nourrir aucune hostilité envers les peuples de la région, mais cibler des bases et des centres américains à l’origine de plusieurs crimes commis contre la République islamique. Pour rappel, 50 Iraniens sont tombés en martyrs, dont des femmes et des enfants, et plus de 500 autres ont été blessées suite aux agressions US depuis la fin du mois de juin, a précisé le ministère de la Santé en Iran.
Selon des médias israéliens, les récentes attaques menées par l’Iran au Moyen-Orient ont causé des pertes significatives au sein des forces américaines. Au cours de la semaine dernière, 30 soldats américains ont été blessés lors de ces opérations. De plus, plusieurs hélicoptères américains ont été endommagés suite à la frappe ciblée contre la base américaine située en Jordanie.
Parallèlement, l’Agence Tasnim a relayé une image satellite confirmant que cette attaque iranienne contre la base US en Jordanie a non seulement fait des pertes humaines (3 morts et plusieurs blessés), mais a également entraîné la destruction de hangars dédiés à la préparation des avions de chasse. Ces infrastructures jouent un rôle direct dans le maintien du rythme des sorties aériennes, puisqu’elles sont utilisées pour effectuer les inspections avant décollage, l’armement des avions, le ravitaillement en carburant, les préparations techniques ainsi que la réparation des pannes mineures des chasseurs. Ainsi, les dommages causés à ces installations, même sans la destruction directe des avions de chasse eux-mêmes, pourraient perturber les opérations de préparation et d’envoi des appareils, réduisant de fait la capacité à mener des opérations aériennes dans la région.
L’intensité des réactions de colère et des divisions s’accentue au sein des cercles politiques aux États-Unis, après la mort de deux soldats américains et la disparition d’un troisième en Jordanie, sur fond de revendications parlementaires pour l’arrêt de la guerre contre l’Iran. Dans ce contexte, l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene a lancé une attaque cinglante en réponse au secrétaire à la Guerre américain Pete Hegseth, affirmant que les soldats américains avaient été tués à cause de la guerre que lui et le président mènent au nom d’Israël.
L’administration américaine a également essuyé des critiques acerbes de l’intérieur même du Parti démocrate. Le sénateur démocrate Chris Van Hollen a ainsi commenté les développements sur le terrain en déclarant que « cette guerre absurde n’aurait jamais dû commencer, et elle doit se terminer maintenant ». De son côté, le représentant démocrate Ro Khanna, réagissant à la mort des deux soldats américains et à la disparition du troisième sur les bases de l’armée américaine en Jordanie, a appelé à une désescalade immédiate et à mettre fin d’urgence à la confrontation actuelle, exigeant en termes clairs : « Mettez fin à la guerre contre l’Iran ».
Il y a quelques jours, le sénateur démocrate américain Chris Murphy a critiqué la politique actuelle du président Trump dans la région, affirmant que « Trump a rallumé une guerre totale et a provoqué une hausse brutale des prix du carburant », ajoutant que « la vérité fondamentale est que Trump ne dispose d’aucune issue pour parvenir à un accord avec l’Iran ». Cela intervient alors que le sénateur démocrate de Californie, Adam Schiff, a l’intention de présenter une nouvelle résolution sur les pouvoirs de guerre au Sénat américain, visant à contraindre les membres républicains à voter à nouveau pour « mettre fin au conflit militaire avec l’Iran », dont les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours.
En juin dernier, D. Trump avait critiqué la décision du Congrès qui avait adopté un projet de loi symbolique appelant à la fin de la guerre contre l’Iran, la qualifiant de « malvenue et dénuée de sens », prétendant que l’Iran était désormais « acculé dans un coin et prêt à s’effondrer ».
Le Sénat américain avait voté, à une majorité de 50 voix contre 48, en faveur d’un projet de résolution basé sur la « Loi sur les pouvoirs de guerre », appelant à l’arrêt de toute action militaire contre l’Iran sans l’autorisation explicite du Congrès.
La marine du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne a rapporté avoir eu affaire à quatre navires qui ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz sans son autorisation. « Pas une seule goutte de pétrole, de gaz ou d’engrais chimique ne traversera le détroit d’Ormuz sans coordination ni autorisation », a-t-il aussi averti.
L’Autorité iranienne du détroit d’Ormuz a suspendu le trafic dans le détroit d’Ormuz jusqu’à nouvel ordre, après avoir interdit son passage sans obtention de permis. Cette décision faisait suite aux attaques américaines en cours contre le sud de l’Iran, ainsi qu’au blocus naval imposé par Washington aux ports iraniens. L’Iran a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne permettrait jamais aux États-Unis de s’ingérer dans la gestion du détroit d’Ormuz, soulignant que les tentatives américaines d’ingérence dans cette gestion ont gravement mis en danger la sécurité de la région, le commerce international et le passage des pétroliers
Le site d’information Middle East Spectator qui a lui aussi cité une source militaire iranienne a affirmé que Téhéran « n’attendra plus que l’ennemi intensifie ses attaques contre ses infrastructures vitales ». La source a ajouté que l’Iran « a commencé à mettre en œuvre un plan qui aboutira à la destruction des infrastructures énergétiques régionales si l’agression américaine ne cesse pas ».
Selon le site web, que le plan prévoit également de cibler les installations de purification et de dessalement de l’eau, ajoutant que « toutes les centrales électriques et de dessalement du Koweït font désormais partie de notre cible ». Il assure que l’Iran utilise des missiles balistiques de moyenne portée de haute précision après avoir affaibli les défenses américaines avec des missiles imprécis. Il a fait remarquer que la plupart des bases militaires américaines en Jordanie ont été gravement endommagées et que certaines brûlaient encore après avoir été bombardées par l’Iran.
Des responsables américains ont fait part à des médias américains que l’Iran s’est adapté aux défenses américaines en lançant des missiles hypersoniques capables de manœuvrer lors de leur chute au sol.
L’ancien commandant des Gardiens de la révolution et membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, le général de division Mohsen Rezaei, a averti que « si les États-Unis poursuivent la guerre dans les prochains jours, l’Iran passera de la phase de représailles à la phase offensive, et nous déclarerons alors la fin des conditions propices aux négociations et à la guerre ». Dans une interview télévisée, il a souligné que « la possibilité de mener simultanément négociations et guerre est révolue, et toute nouvelle erreur américaine pourrait déclencher un conflit régional ». A ses yeux, « les prédictions concernant la dénonciation du protocole d’accord par Donald Trump se sont avérées exactes, comme en témoigne les faits qui avaient précédé lorsque Washington avait pratiquement tué l’accord en violant les cinq clauses préliminaires. » Et de citer les cinq violations : « le refus de l’entité sioniste de se retirer du Sud-Liban, l’établissement d’un corridor illégal dans le détroit d’Ormuz malgré l’ouverture du corridor iranien légitime, le manque de respect pour la souveraineté de la République islamique d’Iran, l’agression militaire contre les côtes iraniennes et le refus de restituer les biens confisqués figuraient parmi les violations du mémorandum d’entente commises par l’Amérique. »
Évoquant les attaques menées ces derniers jours par l’armée américaine contre les provinces du sud et d’autres régions du pays, il a noté que les ennemis « bombardent des ponts et des hôpitaux dans différentes parties du pays, et ils ont un but précis. Nous leur avons opposé une riposte ferme et continue, et ces frappes seront plus fortes et plus fréquentes. » En revanche, M. Rezaei estimait que « si nous ne consolidons pas la sécurité économique mondiale par la gestion du détroit d’Ormuz, la prochaine guerre mondiale éclatera dans le golfe Persique, car chaque puissance cherchera à contrôler la sécurité du détroit, voire la sécurité énergétique mondiale, ce qui entraînera des affrontements entre elles, et la région de l’Asie occidentale deviendra ainsi une arène de conflits et de règlements de comptes entre les puissances mondiales. Les pays de la région devraient donc prêter attention à cette question ».
Les ambassades américaines au Liban, en Irak, à Bahreïn et en Arabie saoudite ont publié des alertes de sécurité identiques, soulignant que la situation sécuritaire dans la région « reste complexe, avec un risque d’escalade imprévisible ».
Les ambassades ont recommandé aux citoyens américains de faire preuve de la plus grande prudence, de suivre les actualités locales et de vérifier les horaires de leurs vols, mettant en garde contre de potentielles perturbations du trafic aérien ou des fermetures de l’espace aérien sans préavis. Elles les ont également appelés à se mettre à l’abri en cas d’attaque. Les avertissements ont insisté sur la consigne de « ne pas voyager » au Liban et en Irak, tout en appelant à « reconsidérer les voyages » vers Bahreïn et l’Arabie saoudite. Dans un cadre plus large, la liste du département d’État américain comprend 15 destinations : Bahreïn, le Liban, l’Égypte, Oman, l’Iran, le Qatar, l’Irak, l’Arabie saoudite, les territoires palestiniens occupés, la Syrie, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Yémen.
Cela intervient alors que les forces américaines continuent, pour le huitième jour consécutif, de cibler le territoire iranien, tandis que Téhéran a répliqué à l’agression en ciblant les bases américaines dans la région.

