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Tension entre Américains et Iraniens dans le Golfe : Les bases US visées à nouveau au Koweit et aux EAU

by Perspectives Med
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Tension entre Américains et Iraniens dans le Golfe : Les bases US visées à nouveau au Koweit et aux EAU

« Ce matin, l’armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d’équipement et les hangars d’avions de combat de l’armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït », indique un communiqué militaire relayé par la télévision d’Etat. « La base Ahmed al-Jaber joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement et le soutien logistique des forces armées américaines en Asie occidentale », a précisé le Texte.

Aux Emirats, « les systèmes radar de l’armée américaine » ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté la source iranienne. Et de préciser que cette base est « l’un des principaux centres de soutien aérien et de transport pour les forces étrangères ».

L’armée a déclaré que sa riposte à toute attaque de l’armée US sera « dure et dévastatrice » et se poursuivra jusqu’à la victoire finale et la punition de l’agresseur.

L’armée koweïtienne, via son compte sur la plateforme « X », a déclaré que sa défense aérienne avait intercepté des tirs de missiles et des attaques de drones « hostiles » suite à « l’odieuse agression iranienne », tandis que l’agence de presse koweïtienne a rapporté que des sirènes avaient retenti dans le pays.

Le commandant des forces terrestres de l’armée iranienne, le général de brigade Ali Jahanshahi a pour sa part assuré « les unités terrestres de l’armée sont en état d’alerte maximale pour contrer toute menace potentielle dans les régions frontalières. » Lors d’une tournée d’inspection des capacités de combat des unités opérant dans l’ouest de l’Iran, il a déclaré que les unités iraniennes « sont parfaitement préparées à faire face à toute menace potentielle à nos frontières et à la contrer ».

Les forces iraniennes appréhendent l’implication des groupes séparatistes kurdes basés aux frontières occidentales de l’Iran, à la demande des États-Unis et de l’entité sioniste.

Critiques US

Aux Etats_unis, Hakeem Jeffries, chef des démocrates à la Chambre des représentants, a qualifié d’échec la guerre irraisonnable et coûteuse menée contre l’Iran, et a appelé à un changement radical. Le sénateur républicain Thom Tillis avait auparavant exhorté le président Donald Trump à remplacer le secrétaire à la Défense, Pete Higseth, invoquant ce qu’il a qualifié de « mauvaise gestion », selon le New York Times.  « Si nous avions un secrétaire à la Défense qui partage les mêmes priorités et la même vision d’avenir, il se serait battu pour conserver des officiers compétents comme Dan et les nombreux officiers supérieurs qu’il a contraints à la retraite. Au lieu de cela, il crée un vide à la tête de nos forces armées », a-t-il déclaré.

Des conseillers de haut rang du président américain font pression pour empêcher une escalade du conflit contre l’Iran avant les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, afin de limiter les pertes électorales potentielles pour le Parti républicain, selon quatre sources proches du dossier qui se sont confiées à Reuters.

L’approche américaine est confrontée à de fortes pressions sur le terrain en raison de la reprise des agressions contre l’Iran et des ripostes iraniennes contre les bases US. Il y a deux jours, les forces américaines ont bombardé l’île de Larak et des cibles près du détroit d’Ormuz, faisant des morts et des blessés parmi les militaires et les civils iraniens. L’Iran a riposté en lançant des missiles vers des bases américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Par ailleurs, rapporte le Wall Street Journal, P. Hegseth, aurait « discrètement » prolongé le déploiement des forces américaines au Moyen-Orient jusqu’en 2027, alors même que D. Trump envisagerait de déclarer la fin de la guerre contre l’Iran. Selon le journal, P. Hegseth maintient environ 50 000 soldats dans la région pour un déploiement qui comprend 19 navires de guerre, dont deux porte-avions et 13 destroyers lance-missiles, des systèmes de défense aérienne, des escadrons de chasse et des parachutistes. Alors que certains mènent les missions les plus longues de l’histoire récente de la Marine, la prolongation des missions accroît la pression sur les militaires et leur équipement et crée un retard de maintenance qui pourrait prendre des années à résorber.

Pour les unités de défense aérienne de l’Armée de terre, la durée standard de déploiement est passée de neuf à douze mois, certaines étant déjà présentes au Moyen-Orient depuis plus d’un an.

Certains destroyers arrivés dans la région au début du conflit demeurent actuellement plusieurs mois en mer pour appliquer le blocus, au lieu de revenir régulièrement au port, rapporte aussi le WSJ.

L’USS Gerald R. Ford a passé onze mois en mer avant de regagner son port d’attache en mai, soit le plus long déploiement d’un porte-avions américain depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Pendant ce temps, D. Trump continue d’évaluer différentes options : la stratégie de pression économique contre Téhéran semble porter ses fruits, sans toutefois avoir encore entraîné la capitulation de l’Iran.

Selon le quotidien américain, le président a également évoqué avec ses conseillers la possibilité de mettre fin à la guerre, mais estime que le maintien de la pression pourrait contraindre le régime à démanteler son programme nucléaire ou à s’effondrer.

Parallèlement, ses conseillers l’ont averti qu’une nouvelle escalade pourrait nuire aux Républicains lors des élections de mi-mandat de novembre. Reuters a cité quatre sources bien informées – qui ont demandé à rester anonymes – affirmant que des responsables de la Maison Blanche cherchent à empêcher ce conflit de dominer la scène électorale afin de protéger la faible majorité républicaine au Sénat et à la Chambre des représentants, et qu’ils envisageront une escalade militaire après le vote.

Une enquête du New York Times révèle que le problème de la marine américaine au Moyen-Orient ne se limite plus à son stock de missiles restant ni à la menace d’attaques iraniennes, mais concerne sa capacité à maintenir une vingtaine de navires et 20 000 marins et Marines dans la région sans réseau d’approvisionnement sûr et à proximité.

Défaillances militaires

Le quotidien américain estime que la destruction de la base logistique de Bahreïn et la fermeture des ports voisins ont contraint la marine à dépendre de Diego Garcia et de Singapour, ainsi que de fréquentes opérations de ravitaillement amphibie. Avec seulement 11 porte-avions, dont quatre opérationnels, et un déploiement qui dure depuis neuf mois sans escales régulières, la pérennité de cette présence navale est devenue une contrainte stratégique majeure pour la poursuite du conflit à cette échelle.

Dans les détails, le NYT poursuit que les forces navales américaines déployées dans la région consomment plus de 420 000 repas et environ huit millions de gallons de carburant par semaine. Chaque porte-avions consomme environ deux millions de gallons de carburant par semaine, avions et hélicoptères compris, malgré la propulsion nucléaire des navires.

L’Iran ne s’est pas contenté de frapper des installations militaires ; dès le premier jour du conflit, le 28 février, il a détruit une base logistique vitale pour la marine américaine à Bahreïn, plaque tournante pour le stockage et le transport de carburant, de vivres, de pièces détachées et de fournitures.

D’autres ports régionaux capables d’accueillir des porte-avions ou des navires de ravitaillement sont également devenus inaccessibles, car situés à portée des missiles balistiques et des drones iraniens. La marine américaine s’est ainsi retrouvée privée du réseau de ravitaillement étroit qu’elle avait mis en place au cours de décennies d’opérations dans le Golfe.

Les navires de ravitaillement ont été contraints de se rendre à Diego Garcia, dans l’océan Indien, un trajet d’environ 3 500 kilomètres aller simple, pour charger du carburant, des vivres et des pièces détachées, avant de retourner vers les navires déployés en mer d’Arabie et dans le golfe d’Oman.

La prochaine option était Singapour, à environ 6 000 kilomètres, ce qui impliquait de traverser le détroit de Malacca, voie de commerce très fréquentée. La perte de Bahreïn a donc déplacé le point d’approvisionnement des États-Unis du golfe Persique vers le centre de l’océan Indien ou l’Asie du Sud-Est.

Faute de ports à proximité, la Marine fut contrainte de mener des opérations de ravitaillement en mer tous les cinq ou six jours, et non plus sporadiquement ou en cas d’urgence.

Lors d’un ravitaillement, le navire de guerre et le navire ravitailleur naviguaient côte à côte pendant des heures, à seulement 50 mètres de distance, maintenant une vitesse et un cap identiques malgré les vagues, les courants et le vent. Les marins ont d’abord tendu une corde entre les deux navires à l’aide de fusils, puis ont installé des câbles d’acier et des tuyaux de carburant, et transporté des palettes de vivres, de munitions et de pièces détachées. Simultanément, des hélicoptères larguaient des vivres et du courrier dans des filets suspendus en dessous.

Cette opération met simultanément deux navires en danger, les contraignant à des mouvements prévisibles et restreints pendant des heures. Par conséquent, l’opération de ravitaillement elle-même est devenue une vulnérabilité susceptible d’être surveillée ou ciblée, et non plus seulement une charge financière supplémentaire.

Le porte-avions Abraham Lincoln a passé la majeure partie de ses neuf mois de déploiement sans escale. En temps normal, il fait escale environ une fois par mois afin d’offrir à l’équipage une période de repos. Le Lincoln n’a entamé son retour vers son port d’attache, San Diego, que le 20 août, lorsqu’il a été relevé par le George Washington. Il devait faire escale en Thaïlande pendant quelques jours, son premier véritable repos après ce déploiement prolongé.

Le déploiement à durée indéterminée de ces navires signifie qu’ils ne rentreront pas selon un calendrier de rotation établi, mais seulement lorsque le président et le secrétaire à la Défense décideront de les retirer ou de les remplacer. Cela lie directement le cycle de maintenance de la flotte et le repos de l’équipage à la décision politique concernant la guerre.

L’US Navy maintient actuellement une vingtaine de navires de guerre et environ 20 000 marins et fusiliers marins au Moyen-Orient, dans le cadre d’un déploiement à durée indéterminée lié au blocus des ports iraniens.

Le principal dispositif est constitué des porte-avions USS George H.W. Bush et USS George Washington, accompagnés de 12 destroyers, ainsi que d’un groupe amphibie de trois navires transportant une force d’assaut de Marines.

Le rapport du NYT en conclut que l’Iran a obtenu un impact stratégique significatif en perturbant le centre logistique de Bahreïn. Sans pour autant éliminer les porte-avions et les destroyers américains du conflit, il a augmenté le coût de leur présence, allongé leurs lignes de ravitaillement de plusieurs milliers de kilomètres et les a contraints à mener des opérations de ravitaillement maritime fréquentes et complexes. La crise ne tient pas au fait que les navires manquent de carburant ou de nourriture, mais plutôt au fait que le maintien de leur capacité opérationnelle dépend désormais d’une chaîne d’approvisionnement longue et fragile et d’un nombre limité de navires de ravitaillement, à un moment où la guerre épuise les porte-avions, les équipages et les cycles de maintenance.

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