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Le PAM des « Ouqal » et des « Salihine »

by Perspectives Med
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« Barraq ma taqchaa !» En voilà une locution qui résume, à elle seule, le jeu manipulateur et perfide de la direction collégiale du PAM. En adoubant Faouzi Lekjaa, toujours ministre en charge du Budget, l’effet lumineux convoité n’aura en rien berné le Vulgum Pecus. Salé, ville jumelle de la capitale qui a accueilli le baptême de l’été, n’aura en rien perdu de sa superbe. Celui que l’on présente comme le nouveau « maitre des horloges » est encore loin de prouver sa capacité à reproduire les effets séculiers de la prière d’al-Asr qui vidait ponts et rues d’une cité dont le temps était fonction de l’activité des pirates. On passe sur le modus operandi qui montrait la « fille des Salihine », à entendre comme digne héritière de chevaliers blancs « pieux et preux», donner le change à l’homme-lige du moment. Salué par la salle, F. Lekjaa a été rappelé à l’ordre par Fatima Zahra El Mansouri. La ministre de l’Habitat et néanmoins mairesse de Marrakech, n’a pas fait grand mystère en dessinant au nouveau venu le tracé géodésique infranchissable de la conformité aux règles de bienséance. La « chefferie » est incontestable. Comme quoi, les règles du PAM ne relèvent pas de la pacotille…

Drapé d’une honorabilité politique tirée de sa rapide propulsion au bureau politique, l’enfant prodige de « l’authenticité et de la modernité » s’est laissé entrainer par le flux du jour en campant son rôle de nouveau « leader » propre à hérisser le poil des adversaires. La bataille des législatives promet donc d’être rude. Quoi que tout observateur averti n’ira pas jusqu’à gober toute prétention des têtes d’affiche du PAM à ouvrir en grand les placards pour les nettoyer des cadavres qui y trainent.

F. Lekjaa qui a titillé depuis Agadir les leaders du RNI, premier parti de la majorité sortante, s’est même arrogé le droit de taxer les compétiteurs toujours debout de semeurs de « terreur » parmi la population. Les primes consenties aux fameux « Fraqchiya », ces chevillards du dimanche qui ont siphonné les deniers publics pour importer les bêtes susceptibles de favoriser la reconstitution du cheptel et d’influer à la baisse sur les prix des viandes rouges, ont été servies comme exemple de la rapacité des politiques de l’autre bord. Mais le ministre en charge du budget, signataire patenté de ces passe-droits qui ont engraissé une camarilla de députés, n’a pas tenté d’aller plus loin. On peut le comprendre, voire l’excuser, surtout que le rendu des ministres PAM du gouvernement sortant est tout sauf reluisant. Neo, véhicule financé à bout de bras par les fonds publics, roule pour le bonheur de Mohamed Bensaid, ministre en charge de la communication et de la culture. Les Marocains en sont conscients, comme ils n’ignorent que c’est grâce à ce « responsable » PAM que les médias marocains coulent. La réforme du Conseil national de la presse (CNP) n’est que la goutte qui a fait déborder le vase. Même la « fille des Salihine » a été trainée dans la boue par le fameux site de hackers connus sous le nom de Jabaroot.DZ pour une sombre histoire de terrain familial extrait, comme par magie, du domaine rural, pour intégrer l’urbain. Et nul observateur ne saurait taire les impairs d’un Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, qui résonnent encore dans les couloirs des tribunaux du Royaume. L’arrêt observé par les corps de l’avocature est symptomatique des reculs sur la voie de l’Etat de droit. Aucune des réformes promues par ce responsable qui a les moyens d’envoyer ses enfants faire des études au Canada ne s’est réalisée dans le calme que procure une quête consensuelle.

L’opinion n’ignore pas que le PAM, comme le RNI brocardé pour ses impairs, font partie de la même paire de classe. Celle qui croit en la magie du libéralisme débridé. Un système qui se soucie peu du bien être collectif. La croissance des riches du cru est consubstantielle à celle des exclus : 4 millions de familles bénéficient de l’aide directe de l’Etat. Et on passe sur l’essor de la richesse dans le Royaume, confinée entre les mains d’une minorité, dont le ruissellement ne se fait nullement sentir sur le terrain: le taux de chômage est ahurissant quand bien même le Haut commissariat au plan (HCP) tenterait de jouer avec les indicateurs.

Classé parmi les « Ouqal », ces sages dont les Marrakchis affublent les meilleurs d’entre-eux, F. Lekjaa qui plonge non sans maillot dans l’arène politique, n’est pas exempt de tout reproche. Sa gestion de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) laisse à désirer au regard des Assemblées générales expéditives. Pis, le voile a vite été tiré sur l’organisation de la CAN 2026 sans qu’un compte rendu détaillé aie fait la part des choses. Et bien des soupçons tintent encore dans les tympans dans le sillage de la participation marocaine au Mondial 2026. Dépenser à bourse déliée, sans le moindre compte-rendu, rappelle aux uns et aux autres que l’exercice salutaire de reddition des comptes reste hors jeu. La transparence introduite par la VAR tarde à se matérialiser dans le Royaume. Assurément, il est encore trop tôt d’oser intégrer l’enfant prodigue de Berkane à la liste restreinte des « Sept saints » de la capitale des Almoravides. Parole de conteur de Jamaa El Fna.

A suivre…

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