La guerre génocidaire se poursuit dans la bande de Gaza où les raids aériens accompagnent des tirs d’artillerie sur des quartiers de Gaza-ville. L’occupation a tué plus de 100 Palestiniens lors de 143 raids en 72 heures. En parallèle, les médias israéliens ont signalé un incident grave impliquant six soldats israéliens blessés dans des accrochages avec la résistance palestinienne dans le centre de Khan Youns. Le processus vital de deux d’entre-eux est engagé. C’est dans cette atmosphère que les négociations indirectes entre palestiniens et Israéliens se poursuivent dans la station balnéaire de Charm El Cheikh, dans le Sinaï. Le chef de la diplomatie égyptienne assure que des avancées ont été réalisées. Les négociations en cours, assure-t-on encore, portent sur la mise en place d’un mécanisme de sécurité pour assurer un retrait israélien complet de la bande de Gaza. Cet optimisme égyptien est tempéré par le Qatar. Doha qui affirme qu’Israël aurait dû cesser ses opérations militaires conformément au plan de Trump ajoute, via sa diplomatie, que de nombreux points du plan Trump doivent encore faire objet de consensus. On ajoute qu’une délégation américaine, dirigée par Steve Witkoff, rejoindra les pourparlers demain mercredi les pourparlers.
Dans un message vidéo diffusé sur la chaîne qatarie Al Jazeera, Faouzi Barhoum, haut responsable du Hamas, a qualifié l’opération Déluge d’Al-Aqsa de « réponse historique aux complots visant à liquider la cause palestinienne ». Il a affirmé que cette date avait « marqué le début d’un processus […] d’isolement de l’occupation sioniste, tant sur le plan régional qu’international […] et le début du compte à rebours réel de la fin de sa présence sur cette terre ». F. Barhoum a mis en garde Israël et son Premier ministre contre toute entrave au processus de négociation, tout en pointant la responsabilité politique, juridique, morale et historique des crimes de guerre et du génocide commis à Gaza par les autorités israéliennes. « Nous mettons en garde contre les tentatives de Netanyahou d’entraver et de faire échouer le cycle actuel de négociations, tout comme il l’a fait lors des précédents cycles. En dépit de leur puissance militaire brutale, du soutien illimité et du partenariat total des États-Unis dans la guerre d’extermination menée à Gaza, ils n’obtiendront qu’une illusion de victoire », a-t-il prévenu. Pour sa part, le porte-parole du mouvement palestinien a déclaré que le Hamas « s’efforce de surmonter les obstacles » en vue d’un accord.
Lors d’une conférence de presse, Majed bin Mohammed al-Ansari, porte-parole de la diplomatie qatarie, a indiqué que des négociations délicates avaient eu lieu la veille, durant quatre heures, à Charm el-Cheikh, portant sur le plan de Trump. Il a précisé que de nombreux détails du plan restaient encore à valider et qu’il était trop tôt pour discuter d’alternatives en cas d’échec des négociations. Le plan du président américain, articulé en vingt points, prévoit essentiellement la libération des otages contre la fin de la guerre. D’après le porte-parole de la diplomatie qatarie, toutes les parties ont approuvé le plan, mais des obstacles majeurs demeurent quant à sa mise en œuvre. Il a également réaffirmé l’engagement de son pays à mettre fin à la guerre à Gaza, à l’occupation israélienne et à fournir une aide humanitaire aux civils de l’enclave palestinienne.
Selon le troisième point du plan de Trump, qui a d’ailleurs déclaré voir une « réelle chance » de conclure un accord de paix pour Gaza, « si les deux parties acceptent ce plan, la guerre s’achèvera immédiatement. Les forces israéliennes se retireront jusqu’à la ligne convenue pour préparer la libération des otages. Pendant ce temps, toutes les opérations militaires, y compris les bombardements aériens et d’artillerie, seront suspendues, et les lignes de combat resteront figées jusqu’à ce que les conditions soient réunies pour un retrait complet par étapes ». La diplomatie qatarie a précisé que les résultats des négociations de paix étaient attendus dans les prochains jours. Selon le ministère de la Santé gazaoui, au moins 67 160 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de la guerre. La même source a ajouté que plus de 170 000 autres ont été blessés. Les experts de l’ONU estiment que plus d’un quart de ces blessés pourraient souffrir de séquelles permanentes. Ces chiffres sont souvent remis en cause, alors même que début septembre, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Herzl Halevi affirme qu’ « il y a 2,2 millions de personnes à Gaza, et plus de 10% d’entre elles ont été tuées ou blessées. Ce n’est pas une guerre douce. » Ce chiffre n’inclut pas les disparus ni les personnes bloquées sous décombres. À l’échelle de la France, le nombre de morts dans l’enclave palestinienne équivaut à près de 2 millions de victimes.
La proportion de civils tués depuis deux ans fait également débat. Une enquête menée en mai 2025 publiée par le magazine +972 et The Guardian, à partir de la base de données du renseignement militaire, montre que 8 900 membres du Hamas et du Jihad islamique ont été tués ou « présumés tués » tandis qu’environ 53 000 morts avaient été recensés sur la même période. Ainsi, seulement 17 % environ des morts étaient armés ou identifiés comme membres du Hamas, et 83% étaient des civils. Ces chiffres sont incomparables avec les guerres de Syrie, du Soudan ou d’Ukraine. Dans les conflits récents, ils peuvent en revanche être comparés aux victimes de Srebrenica ou du Rwanda, où une situation génocidaire avait alors été constatée par les juristes internationaux.
Le responsable des affaires humanitaires de l’ONU Tom Fletcher a rappelé le 24 septembre en marge de l’Assemblée générale de l’ONU qu’à Gaza « un enfant est tué en moyenne chaque heure depuis presque deux ans ». Depuis deux ans, les enfants sont les premières victimes du déchaînement de violences. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, la bande de Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés de l’histoire moderne, les médecins de Gaza étant contraints de recourir à l’amputation pour de nombreux blessés.
Selon les autorités sanitaires de Gaza, entre octobre 2023 et juillet 2025, plus de 6 000 ont perdu un ou plusieurs membres. Selon l’OMS, environ 6 000 prothèses sont nécessaires, y compris pour les enfants, dans une zone qui compte désormais le plus grand nombre d’enfants amputés, souvent sans anesthésie, par habitant au monde. Israël a largué depuis le début de la guerre et avant l’offensive terrestre de la mi-septembre plus de 70 000 tonnes de bombes sur Gaza – l’équivalent d’environ six bombes d’Hiroshima sur un territoire deux fois plus petit que la ville japonaise mais six fois plus peuplé. Les destructions du début de la guerre, dans le nord de l’enclave, ont été comparées à celles des villes allemandes de Dresde ou de Hambourg pendant la Seconde Guerre mondiale. En deux ans, plus de 90% des bâtiments résidentiels (plus de 190 000), des écoles et des hôpitaux ont été détruits ou endommagés. La bande de Gaza, c’est aujourd’hui plus de 60 millions de tonnes de décombres.
En deux ans, plus de 240 journalistes ont été tués par Israël dans la bande de Gaza, selon le bureau des droits de l’homme de l’ONU. Selon les données de Reporters sans frontières, au moins 56 d’entre eux ont été ciblés par l’armée ou tués dans l’exercice de leur travail. « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer », rappelle l’ONG et le mouvement citoyen mondial Avaaz. En 24 mois, plus de journalistes ont été tués dans l’enclave palestinienne que pendant les deux guerres mondiales et les guerres du Vietnam, de Yougoslavie et d’Afghanistan réunies. Et depuis le début de la tragédie, les journalistes étrangers sont interdits par Israël de travailler dans la bande de Gaza.
Le 22 août, l’ONU a officiellement déclaré la famine à Gaza et attribué la responsabilité à Israël. Ses experts ont averti que 500 000 personnes se trouvent dans un état « catastrophique ». Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 440 personnes sont déjà mortes de malnutrition. Classer un territoire en situation de famine correspond au déclenchement de la catégorie la plus extrême, lorsque trois seuils critiques sont franchis : la privation alimentaire extrême, la malnutrition aiguë et les décès liés à l’inanition. La dernière analyse confirme désormais, sur la base d’éléments de preuve raisonnables, que ces trois critères sont réunis. C’est la première fois qu’une famine est officiellement confirmée dans la région du Moyen-Orient. « La famine est désormais une réalité tragique pour les enfants du gouvernorat de Gaza (…) déplorait à la fin de l’été Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. Nous n’avons eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme face à la multitude de signes, qui ne laissaient aucune place au doute : des enfants émaciés, trop faibles pour pleurer ou manger, des bébés mourant de faim et de maladies évitables, des parents affluant dans les dispensaires sans rien pour nourrir leurs enfants. Le temps est compté. »
Le CICR abandonne
Le Bureau des médias du gouvernement à Gaza a affirmé que « la décision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de suspendre temporairement ses activités à Gaza est désastreuse, dangereuse, irresponsable et inhumaine », ajoutant « qu’elle est contraire au droit humanitaire international ». Dans un communiqué publié lundi, il a appelé à « l’annulation immédiate de cette décision, au retour à ses missions humanitaires dans la ville de Gaza et au renforcement de sa présence sur le terrain et des secours ». Le Bureau a ajouté que « cette décision constitue un recul douloureux par rapport au rôle humanitaire et moral confié au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle ne sert pas le peuple palestinien, confronté quotidiennement à un génocide, et laisse plutôt des civils sans défense, sans protection ni véritable soutien humanitaire ».
Le bureau a souligné que le CICR est « une institution protégée par le droit humanitaire international et les Conventions de Genève, et que son devoir est d’agir dans les zones de conflit, et non de les fuir. Un retrait à ce stade est contraire à l’essence même du mandat humanitaire pour lequel il a été créé ». Le bureau a également appelé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à « renforcer la résilience des civils à Gaza au lieu de les abandonner à leur sort, et à prouver au monde qu’il demeure une organisation humanitaire neutre », agissant « conformément à ses principes déclarés, sans être soumis aux diktats ni aux pressions politiques de l’occupation israélienne ».
Appel à l’unité
Le Hamas affirme que la position unifiée adoptée par toutes les factions de la Résistance palestinienne autour de la dernière proposition de cessez-le-feu à Gaza a accentué l’isolement mondial d’Israël. Dans un communiqué publié lundi 6 octobre, à la veille du deuxième anniversaire de l’opération Déluge d’Al-Aqsa, Jihad Taha, porte-parole du Hamas, a affirmé que cette unité s’appuyait sur les intérêts du peuple palestinien. Il a salué le soutien évoqué par les pays arabo-musulmans et par la communauté internationale à la cause palestinienne, tout en mettant en avant l’engagement « positif » des factions de la Résistance en faveur d’une cessation des hostilités. Il a ainsi rappelé la nécessité d’un véritable engagement du régime israélien à cesser ses agressions ; ce qui n’existe pas en réalité vu la poursuite des crimes de ce régime envers les Palestiniens bien qu’il prétende être pour la dernière initiative de paix à Gaza. J. Taha a souligné que Gaza « fait partie intégrante du territoire palestinien et que son administration doit être fondée sur le consensus national palestinien ».
Ces remarques s’inscrivent dans le sillage des négociations indirectes de lundi après-midi entre des délégations du mouvement et d’Israël en Égypte concernant le plan de cessez-le-feu à Gaza proposé par les États-Unis. Les médiateurs égyptiens et qataris travaillent, selon des sources locales, à l’élaboration d’un mécanisme d’échange des captifs israéliens avec les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Selon des sources égyptiennes. De plus, certaines informations ont rapporté que les médiateurs égyptiens et qataris abordaient des résultats de leurs réunions avec les deux parties avant que S. Witkoff, ne rejoigne les pourparlers. Les discussions portaient sur le plan en 20 points présenté par l’administration Trump pour Gaza, que Tel-Aviv a accepté et que le Hamas a partiellement accepté, avec des « conditions de terrain » à remplir pour permettre la libération des captifs israéliens en échange de la libération des Palestiniens détenus.
Sumud face à la barbarie
Rima Hassan, eurodéputée franco-palestinienne, expulsée comme 160 autres militants par ‘Israël’ après avoir participé à la flottille pour briser le blocus israélien contre Gaza, a affirmé lundi à Athènes avoir été « battue » par des policiers israéliens après que les bateaux eurent été interceptés par la marine israélienne. « J’ai été battue au moment de me mettre dans le fourgon par deux policiers » israéliens, a assuré à l’AFP l’élue de la France insoumise à l’aéroport international d’Athènes où elle a atterri lundi après-midi avec les autres militants expulsés, dont la Suédoise Greta Thunberg. « On a beaucoup de choses à dénoncer », a-t-elle aussi indiqué, vêtue, comme G. Thunberg, d’un survêtement gris, en usage dans les prisons israéliennes. Pointant du doigt « le traitement qui nous a été réservé par le régime israélien », Rima Hassan a poursuivi : « On a été, pour certains, battus ». Elle a affirmé « qu’ils ont été parfois 13-15 par cellule même pas sur des lits mais sur des matelas au sol » dans « la prison israélienne de haute sécurité (dans le désert) de Néguev ». « On a vraiment manqué de tout », a-t-elle ajouté.
Israël avait plus tôt dans la journée indiquée avoir expulsé 171 militants, dont l’activiste suédoise pour l’environnement, après l’arraisonnement en mer de leur convoi qui entendait percer le blocus israélien de Gaza. A Athènes, G. Thunberg a également évoqué « les mauvais traitements et les abus subis » durant leur emprisonnement. La flottille Global Sumud, partie de Barcelone, en Espagne, début septembre, avec pour objectif de rompre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza et de livrer de l’aide humanitaire au territoire palestinien. La cinquantaine de bateaux qui la constituaient ont été arraisonnés par la Marine israélienne au large de l’Egypte et de la bande de Gaza entre le 1er et le 3 octobre, de façon illégale selon les organisateurs et Amnesty international.
Le Bureau des médias du gouvernement à Gaza a affirmé que « la décision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de suspendre temporairement ses activités à Gaza est désastreuse, dangereuse, irresponsable et inhumaine », ajoutant « qu’elle est contraire au droit humanitaire international ». Dans un communiqué publié lundi, le Bureau des médias du gouvernement à Gaza a appelé à « l’annulation immédiate de cette décision, au retour à ses missions humanitaires dans la ville de Gaza et au renforcement de sa présence sur le terrain et des secours ». Le Bureau a ajouté que « cette décision constitue un recul douloureux par rapport au rôle humanitaire et moral confié au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle ne sert pas le peuple palestinien, confronté quotidiennement à un génocide, et laisse plutôt des civils sans défense, sans protection ni véritable soutien humanitaire ». Le bureau a souligné que le CICR est « une institution protégée par le droit humanitaire international et les Conventions de Genève, et que son devoir est d’agir dans les zones de conflit, et non de les fuir. Un retrait à ce stade est contraire à l’essence même du mandat humanitaire pour lequel il a été créé ». Le bureau a également appelé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à « renforcer la résilience des civils à Gaza au lieu de les abandonner à leur sort, et à prouver au monde qu’il demeure une organisation humanitaire neutre », agissant « conformément à ses principes déclarés, sans être soumis aux diktats ni aux pressions politiques de l’occupation israélienne ».
