Selon le quotidien, Washington envisagerait dans les prochains jours des opérations d’arraisonnement visant à étendre le blocus maritime bien au-delà du Moyen-Orient. Toujours selon ces informations, cette stratégie viserait des navires transportant du pétrole iranien ou du matériel destiné à la République islamique, y compris en dehors du golfe Persique.
Devant ce braquage US, Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a affirmé que l’uranium enrichi ne sera absolument pas transféré, démentant que son envoi vers les États-Unis ait jamais été envisagé. Lors de déclarations à la télévision d’État samedi, le diplomate a déclaré que « l’uranium enrichi revêt une sacralité égale à celle du sol iranien », en réponse directe aux propos du président américain concernant le transfert de la « poussière nucléaire » vers les USA.
Pour ce qui est du détroit d’Ormuz, E. Baghaï a précisé que « l’ouverture ou la fermeture du détroit ne se joue pas dans l’espace virtuel ; c’est l’Iran qui est le décideur effectif en la matière ». Il a souligné qu’« après le cessez-le-feu, l’Iran a annoncé qu’il n’y avait aucun obstacle à la circulation des navires non militaires via le détroit, sous réserve de l’approbation des autorités compétentes ». Le porte-parole a prévenu que « ce que l’on appelle le blocus maritime fera l’objet d’une réponse iranienne appropriée », affirmant que « le blocus maritime constitue une violation de l’accord de cessez-le-feu, et l’Iran prendra les mesures nécessaires à cet égard ».
Sur le processus de négociation, le diplomate a ajouté que « dès que nous sentirons que les intérêts et les dossiers de la République islamique sont garantis dans le cadre d’un accord, nous pourrons alors dire que nous sommes à deux pas d’un accord final ». Il a insisté sur le fait que « la levée des sanctions est d’une importance capitale pour nous, tout comme l’indemnisation des dommages subis ». Précisant qu’« il n’y a aucune ambiguïté dans aucune phase des négociations ; nous avons exprimé nos positions avec une totale clarté ».
Pour sa part, le porte-parole du QG de Khatam al-Anbiya le lieutenant-colonel Ibrahim Zolfaghari a affirmé, samedi, que « la République islamique d’Iran, sur la base des accords précédents conclus de bonne foi lors des négociations, avait accepté le passage régulé d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux par le détroit d’Ormuz. Malheureusement, les Américains, fidèles à leurs antécédents de ruptures d’engagements, poursuivent leurs actes de piraterie et de brigandage maritime sous couvert de ce qu’ils appellent le « blocus » ».
« C’est pourquoi le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son état antérieur, et ce détroit stratégique est désormais placé sous une gestion et un contrôle renforcés de la part des forces armées », a-t-il poursuivi.
« Tant que les États-Unis ne garantiront pas la pleine liberté de navigation pour les navires en provenance et à destination de l’Iran, la situation du détroit d’Ormuz restera sous un contrôle strict et dans son état précédent », a-t-il prévenu.
Pour sa part, le général Majid Mousavi, commandant de la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution (CGRI), a assuré que ses unités, « ne faisant aucune confiance à l’ennemi, gardent le doigt sur la gâchette et sont en état d’alerte totale pour défendre l’Iran ». Il a également insisté sur la nécessité de « rester vigilant face aux récits mensongers et aux rumeurs de l’ennemi ».
Plus tôt vendredi, les Gardiens de la révolution ont affirmé, de concert avec l’armée iranienne, que leurs forces sont prêtes à répondre avec fermeté à tout acte d’agression. Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée de l’armée, le Corps des Gardiens a souligné la préparation des forces armées iraniennes, lesquelles ont mis en échec les scénarios ennemis visant à mener des opérations terrestres ou maritimes contre le pays.
Ces déclarations surviennent alors que l’Iran et les États-Unis mènent des négociations sous l’égide du Pakistan pour mettre fin à la guerre.
L’Iran a imposé ses conditions, incluant notamment un cessez-le-feu au Liban, et ses responsables ont réitéré à plusieurs reprises qu’ils ne reculeraient pas sur ces exigences, menant les négociations « le doigt sur la gâchette ».
A signaler aussi que Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, n’a pas manqué de rétorquer aux déclarations de D. Trump. Il a affirmé sur la plateforme X que le président des États-Unis a avancé en une seule heure « sept allégations, toutes mensongères ». Il a ajouté que « par ces mensonges, ils n’ont pas gagné la guerre et ne parviendront certainement pas non plus à un résultat dans les négociations ».
Il a également souligné qu’« avec la poursuite du blocus, le détroit d’Ormuz ne restera pas ouvert », précisant que le transit dans le détroit s’effectuera selon un « itinéraire défini » et avec l’« autorisation de l’Iran ». Et martelé que « l’ouverture ou la fermeture du détroit, ainsi que les lois qui le régissent, sont déterminées par le terrain, et non par les réseaux sociaux ».
Par ailleurs, il a estimé que « la guerre médiatique et l’ingénierie de l’opinion publique sont des composantes majeures du conflit, mais le peuple iranien ne se laissera pas influencer par ces méthodes. Les informations réelles et précises sur les négociations sont disponibles dans la dernière interview du porte-parole du ministère des Affaires étrangères ».
Ces déclarations interviennent après que le locataire de la Maison Blanche a prétendu que l’Iran avait accepté d’ouvrir complètement le « détroit de l’Iran » (Ormuz) au passage, tout en précisant que le blocus maritime des ports iraniens resterait en vigueur « jusqu’à ce que notre accord avec eux soit finalisé à 100 % », prévoyant que ce processus se déroule « à une vitesse fulgurante ».
Sur ces entrefaites, la marine des Gardiens de la révolution islamique a annoncé le « nouveau régime du détroit d’Ormuz », reposant sur les points suivants :
-Les navires civils transitent exclusivement via l’itinéraire défini par l’Iran.
-Le passage des navires de guerre par le détroit demeure interdit.
-Le transit est soumis à l’autorisation de la marine des Gardiens de la révolution.
-Ce régime s’inscrit dans le cadre de l’accord de « période de trêve », suite à l’application du cessez-le-feu au Liban.
