Selon le dernier rapport de la BERD, la zone SEMED, regroupant le Maroc, l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Tunisie, la Palestine et l’Irak, devrait enregistrer une croissance moyenne de 3,7 % en 2025, avant un léger ralentissement à 3,2 % en 2026. Dans ce contexte, le Maroc se distingue avec un taux prévu de 4,2 % cette année et de 4 % en 2026, porté par une combinaison d’investissements publics soutenus, de maîtrise de l’inflation et de la reprise continue du tourisme.
Entre janvier et juillet 2025, l’inflation est restée contenue à 1,2 %, reflétant la baisse des prix des denrées alimentaires, du carburant et des transports. Le déficit budgétaire devrait passer de 3,9 % du PIB en 2024 à 3,5 % cette année, tandis que la dette publique rapportée au PIB poursuit sa décrue, s’établissant à 70 %. Cette discipline budgétaire contribue à renforcer la stabilité financière et à offrir plus de marge de manœuvre au gouvernement pour soutenir la croissance.
Le tourisme et les exportations continuent de jouer un rôle central. Après 17,4 millions de visiteurs en 2024 (+20 %), les arrivées touristiques ont encore progressé de 16 % sur les sept premiers mois de 2025, confirmant l’attractivité du Maroc sur le plan international. Les exportations, notamment dans le secteur des phosphates et de l’industrie automobile, soutiennent la balance commerciale, tandis que les réserves de change, à 45 milliards de dollars en août 2025, couvrent plus de cinq mois d’importations, assurant une solidité macroéconomique appréciable.
Comparé à ses voisins, le Maroc affiche une performance soutenue. L’Égypte devrait atteindre 4,8 % de croissance en 2025 mais reste freinée par une inflation élevée et un endettement lourd. La Tunisie et la Jordanie connaissent des progressions plus limitées (respectivement 2 % et 2,4 %), tandis que l’Irak et le Liban présentent des trajectoires plus irrégulières, dépendantes de la conjoncture pétrolière et des soutiens internationaux.
Malgré ces résultats encourageants, la BERD souligne que la trajectoire marocaine reste exposée à des facteurs externes, notamment la conjoncture européenne, cruciale pour les exportations et les transferts de fonds, ainsi qu’aux aléas climatiques qui affectent l’agriculture. Néanmoins, avec un taux de croissance prévu de 4,2 % en 2025, le Maroc confirme son rôle de locomotive économique dans la région SEMED, combinant stabilité, attractivité et dynamisme sectoriel.
Il est à noter Bank Al-Maghrib prévoit une croissance économique de 4,6% en 2025 et de 4,4% en 2026. La valeur ajoutée agricole ressortirait en hausse de 5% en 2025, tenant compte d’une récolte céréalière de 41,3 millions de quintaux (MQx), puis de 3,2% en 2026, sous l’hypothèse d’une production de 50 MQx, indique BAM dans un communiqué diffusé à ‘l’issue de la 3ème réunion trimestrielle de 2025 de son Conseil tenue il y a quelques jours. Pour les secteurs non agricoles, et à la faveur notamment de la forte dynamique de l’investissement dans les infrastructures, leur croissance avoisinerait 4,5% en 2025 et en 2026.
