Home MondeLa situation reste explosive au Soudan : La poursuite des combats menace la stabilité régionale

La situation reste explosive au Soudan : La poursuite des combats menace la stabilité régionale

by Perspectives Med
0 comments
La poursuite des combats menace la stabilité régionale

La situation est toujours très confuse à Khartoum, siège du pouvoir, où des combats de rues opposent toujours forces nationales sur les paramilitaires au milieu des bombardements aériens. Les FSR revendiquent la prise du siège des médias publics, ainsi que de l’aéroport de Méroé, plus au nord. L’armée, elle, assure tenir son quartier général. Les humanitaires dénoncent des pillages. Organisations non-gouvernementales et agences ont pour la plupart suspendu leurs activités. La Croix-Rouge et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont demandé aux belligérants de garantir l’accès aux personnes dans le besoin. Le Comité des médecins parle d’au moins 16 hôpitaux hors service dans le pays, après avoir été touchés par des roquettes, des pannes de courant ou le manque de matériel.

Côté diplomatie, sous la pression internationale, les deux parties s’étaient mis d’accord sur la mise en place d’un cessez-le-feu toujours hypothétique. L’objectif était d’assurer une journée sans combat pour que les habitants de Khartoum puissent évacuer les zones de guerre, faire des provisions, transporter les blessés dans les hôpitaux ou enterrer leurs morts. Pour de nombreux Soudanais, cette hypothétique trêve servirait de prétexte aux deux armées pour se réorganiser.

L’armée régulière qui a repris l’aéroport de Méroé au nord, a dépêché à Khartoum des renforts venus de l’est, depuis Fashaga proche de la frontière éthiopienne. Mais contrairement aux dires de l’armée ces derniers jours, on peut attester ce soir que ce sont plutôt les RSF qui occupent et contrôlent de larges pans de la capitale et notamment la zone du commandement général et de l’aéroport.

Un convoi diplomatique américain a par ailleurs été visé il y a deux jours par des tirs. Un acte « irresponsable », a déclaré Anthony Blinken.Le secrétaire d’État américain s’est entretenu avec les deux généraux rivaux. Il a appelé à une cessation immédiate des violences et à la reprise des pourparlers.

L’ambassadeur européen a, lui, été agressé dans sa résidence dans la capitale. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell a dénoncé une « violation flagrante de la convention de Genève », insistant sur l’urgence d’un cessez-le-feu et d’une pause humanitaire. Mais les deux camps restent quasi inflexibles.

Le général Abdel Fattah al-Burhan a pris un décret pour dissoudre les FSR, les considérants comme une « force rebelle ». Il s’est dit ouvert à une négociation, mais la diplomatie soudanaise évoque dans le même temps une crise interne devant être réglée par les Soudanais. Le général Hemedti accuse, lui, l’armée d’avoir violé la trêve et de bombarder les civils. Il réaffirme toutefois son accord pour un cessez-le-feu de 24h.

L’Égypte est de plus en plus préoccupée par la détérioration de la situation au Soudan. Il y a deux jours de cela, le président al-Sissi a convoqué le Conseil suprême des forces armées pour discuter de la question et des mesures à prendre. Au terme de la réunion avec le Conseil qui regroupe les chefs de toutes les branches de l’armée, le Raïs a proposé la médiation de l’Égypte et a affirmé la neutralité de son pays. La préoccupation immédiate des autorités du Caire concerne le sort de dizaines de militaires égyptiens faits prisonniers par les FSR soudanaises qui les ont accusés d’être des « envahisseurs ». Les Égyptiens participaient avec des Mig 29 à des manœuvres conjointes avec l’armée de l’air soudanaise. Le général Hemedti, chef des FSR, a déclaré que les Égyptiens n’étaient pas détenus. Mais, pour le moment, on n’a toujours pas de leurs nouvelles.

L’Égypte examine aussi la possibilité d’évacuer les Égyptiens du Soudan, en cas de détérioration accrue. Une lourde tâche puisque le nombre d’Égyptiens au Soudan est estimé à plus de 100 000. Certaines estimations montent même à un demi-million. Jusqu’en 2022, il n’y avait pas de visas entre l’Égypte et le Soudan et donc très peu d’enregistrements auprès des consulats de la part de centaines de milliers de personnes qui circulaient dans les deux sens.

You may also like

Leave a Comment

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.