Ainsi, le Grand Mufti Jaafari, Cheikh Ahmad Qabalan, a fait savoir que « la tutelle américaine au Liban est dénuée de toute légitimité ». Plus, devait-il ajouter, « nous refusons la tutelle américaine ainsi que toute atteinte à la souveraineté du Liban ; tout choix en dehors du cadre du président Nabih Berri est voué à l’échec. » Et de rappeler que « négocier avec l’ennemi en position de faiblesse est une trahison des intérêts nationaux. » Député Hassan Fadlallah : « Le pouvoir actuel n’a pas été à la hauteur du peuple et n’a pas su saisir la portée de la résistance de la jeunesse. »
De son côté, le député Hassan Fadlallah, membre du bloc du Hezbollah « Fidélité à la Résistance », a affirmé que la majorité du peuple libanais rejette tout alignement sur l’ennemi israélien. Il a assuré que « l’option d’un référendum populaire sur les questions cruciales demeure envisageable, car elle reflète la volonté réelle des citoyens ». Il a en outre souligné « qu’une part de la responsabilité du sang versé sur le territoire libanais incombe à ceux qui refusent d’inclure le Liban dans tout accord de cessez-le-feu, imputant au pouvoir politique les conséquences de cette voie ».
Il a également accusé certaines parties de « rompre le pacte national en incitant à la division interne et en diffusant des récits inexacts sur les développements de terrain, notamment ce qui se passe lors de la bataille de Bint Jbeil ».
« Qui est hors-la-loi ? La Résistance qui défend la terre ou le pouvoir qui persiste à faire des concessions et à communiquer avec l’ennemi ? », s’est-il interrogé. Et d’ajouter que « l’image projetée à Washington ne reflète ni la réalité du Liban, ni les choix de son peuple », appelant le pouvoir à assumer ses responsabilités et à œuvrer pour rassembler les Libanais sous l’égide de la Constitution, au lieu de s’engager dans des politiques qu’il qualifie de soumises aux diktats extérieurs.
Et le député de conclure que « la tentative de dissocier le processus de négociation au Liban des autres fronts, selon les propositions actuelles, ne sert pas l’intérêt national mais s’inscrit dans le cadre des exigences israéliennes ».
A rappeler que Moustafa al-Fouani, chef de l’organe exécutif du Mouvement Amal, avait affirmé mardi « le rejet catégorique du mouvement de toute forme de négociations directes avec l’occupant israélien ». Ajoutant que « le Comité du Mécanisme demeure le cadre pratique et opérationnel pour mettre fin à l’agression et rétablir la pleine application de l’accord de cessez-le-feu ».
Cette déclaration intervient après la rencontre, le même jour, entre l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Mouawad, et l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis au Département d’État, sous l’égide de Washington, malgré la poursuite des attaques israéliennes dans différentes régions du Liban.
A souligner que cheikh Naïm Qassem, secrétaire général du Hezbollah, avait réaffirmé le rejet de toute négociation directe avec l’entité occupante, les qualifiant de « futiles » et de concession gratuite de la part des autorités libanaises. Cette position est partagée par le public libanais qui rejette et exprime sa colère face à cette décision.
Dans la journée de mercredi, une source politique et sécuritaire iranienne de haut rang a déclaré que « suite aux pressions exercées par l’Iran, un cessez-le-feu sera déclaré au Liban à partir de ce soir », ont révélé les médias iraniens. « Le cessez-le-feu durera une semaine et se prolongera jusqu’à la fin de la période de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis », le 21 avril.
Selon les médias, cette mesure constituait une condition préalable pour l’Iran à l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations, et Téhéran a pu l’imposer avant la reprise du processus de négociation.
Ismaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, avait auparavant assuré que l’Iran restera au côté de la résistance libanaise et le cessez-le-feu au Liban fait partie intégrante de l’accord de cessez-le-feu avec les Etats-Unis. « Netanyahu, en tant qu’élément perturbateur, pourrait de nouveau tenter de faire échouer cet accord », a toutefois averti une source iranienne lors d’un entretien avec la chaine d’information libanaise al-Mayadeen ajoutant : « Nous traiterons Washington comme le partenaire et le garant de l’occupation, et comme celui qui est responsable de contenir Netanyahu. »
Ibrahim Mousawi, député du Hezbollah, a déclaré le jour même à Reuters que « les efforts diplomatiques de l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient pourraient bientôt aboutir à un cessez-le-feu au Liban », soulignant que Téhéran utilise le blocus du détroit d’Ormuz comme moyen de pression. Il a ajouté que « les Iraniens ont ouvert des canaux de communication avec plusieurs acteurs régionaux et internationaux afin d’atteindre l’objectif de mettre fin à la guerre au Liban ».
En même temps, deux hauts responsables libanais ont déclaré à Reuters avoir été informés des efforts déployés pour instaurer un cessez-le-feu au Liban et ont confirmé que la durée de ce cessez-le-feu était probablement liée à la trêve américano-iranienne.
Côté israélien, la chaîne israélienne publique Kan a cité une source israélienne affirmant que « des pourparlers sont en cours pour un cessez-le-feu avec le Liban », précisant que le cabinet en discutera ce à la demande des États-Unis. Un responsable israélien a indiqué que Washington fait pression pour un cessez-le-feu au Liban pour renforcer le gouvernement libanais et les pourparlers avec lui. « Washington souhaite une accalmie sur le front libanais pour se concentrer sur les négociations avec Téhéran », a-t-il ajouté pour la chaine israélienne 12. Quant au Jerusalem Post, citant une source israélienne, il a assuré qu’il n’y a pas de plan pour un cessez-le-feu au Liban.
Sur le terrain, la guerre se poursuit en attendant un hypothétique cessez-le-feu attendu mercredi. L’armée israélienne essuie les foudres du Hezbollah qui fait preuve d’une bravoure hors pair. Ainsi, le lieutenant-colonel du 52e bataillon de l’armée israélienne a été grièvement blessé dans les combats à Bint Jbeil, au sud du Liban. Il est le troisième commandant israélien blessé depuis le début de la guerre, a admis le site israélien JDN Le site a reconnu que le lieutenant-colonel avait été blessé deux jours seulement après avoir survécu dans la même zone à un missile antichar tiré par la Résistance islamique au Liban vers le char du commandant du 52e bataillon. L’officier en question serait Daniel Ella. Il avait dirigé le bataillon impliqué dans la mort de la fillette de 5 ans Hind Rajab, tuée avec sa famille sous les tirs de plus de 300 balles dans la bande de Gaza.
Le site a également expliqué que le 52e bataillon, relevant de la brigade 401, vit une réalité sans précédent, qualifiant ce qu’il a subi après la blessure du lieutenant-colonel de « nouveau chapitre douloureux » dans les combats violents avec les membres du Hezbollah. Il a mentionné que l’évacuation du lieutenant-colonel blessé s’est déroulée sous le feu et par hélicoptère vers l’hôpital, après avoir été atteint lors d’une salve de tirs ayant visé ses forces.
De plus, dans la nuit de mardi à mercredi, le correspondant d’Al-Manar a rapporté qu’une force de l’armée israélienne est tombée dans une embuscade de la Résistance dans la ville de Bint Jbeil. Dans ce contexte, l’armée d’occupation a admis que 10 soldats du « 101e bataillon » relevant de l’unité des parachutistes ont été blessés lors d’un affrontement à bout portant avec les moudjahidines de la Résistance islamique dans le périmètre de cette ville.
Les médias israéliens décrivent actuellement Bint Jbeil comme l’axe de combat principal de l’armée israélienne au sud, où les combats se poursuivent depuis plusieurs jours. La Résistance continue, depuis le début de la guerre, de faire face aux forces d’occupation et de cibler les rassemblements de ses soldats et de ses véhicules dans plusieurs villages frontaliers, infligeant des pertes humaines et matérielles dans les rangs de l’armée israélienne.
Le Média de guerre a en outre rapporté que les combattants de la Résistance islamique ont abattu un drone de l’armée de l’ennemi israélien de type Hermes 450 – Zik dans le ciel du village de Siddiqine, au sud du Liban, au moyen d’un missile sol-air. Ils ont aussi tiré deux missiles sol-air sur deux drones de l’armée de l’ennemi israélien du même type au-dessus de la ville de Tyr et de la localité de Zahrani.
Les combattants de la Résistance ont également visé par un missile sol-air un avion de chasse israélien dans le ciel de la Békaa occidentale.
La radio de l’armée de l’occupation a rapporté que le Hezbollah a tiré, mercredi matin, plus de 20 missiles en l’espace de 3 minutes vers les colonies du Nord. Les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs colonies et sites, notamment à Kiryat Shmona et ses environs, à Dovev en Galilée occidentale, ainsi qu’à Misgav Am dans le doigt de la Galilée. Des rapports israéliens indiquent que la dernière salve a également visé Acre et Nahariya.
Par ailleurs, les médias israéliens ont fait état du tir d’environ 10 missiles supplémentaires vers la Galilée occidentale, alors que les sirènes continuent de retentir dans les régions du Nord.
Le Média de guerre a par ailleurs indiqué, dans une série de communiqués, que les combattants de la Résistance islamique ont bombardé, le mardi 14 avril, les colonies de Misgav Am, Kiryat Shmona et Manara avec plusieurs salves de roquettes. La Résistance a également ciblé les colonies de Metulla, Kfar Giladi, Malkia, Tel Hai, Dishon et Nahariyya par des salves de missiles simultanées.
Par ailleurs, le Média de guerre de la Résistance a diffusé les images de l’opération de la Résistance islamique ciblant à l’aide d’un drone kamikaze un véhicule Hummer de l’armée de l’ennemi israélien dans le village de Taybeh.
Le bilan des frappes israéliennes au Liban s’est alourdi à 2 167 morts depuis le 2 mars, après 43 décès supplémentaires enregistrés au cours des dernières 24 heures, selon le ministère libanais de la Santé. Dans un communiqué publié mercredi, le ministère a également fait état de 7 061 blessés depuis le début des hostilités. Parmi les victimes figurent 172 enfants et 260 femmes, a précisé la même source, ajoutant que 91 personnels de santé ont été tués et 214 blessés.
Les autorités sanitaires ont en outre indiqué que six hôpitaux ont été mis hors service et que 108 ambulances ont été endommagées ou rendues inutilisables. Dans un précédent bilan, le ministère faisait état de 2 124 morts, soulignant une dégradation rapide de la situation sur le terrain.
