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Transition démographique au Maroc : Le renouvellement des générations en question, selon l’INED

by Perspectives Med
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Transition démographique au Maroc : Le renouvellement des générations en question, selon l’INED

L’étude récente de l’établissement public français spécialisé dans les recherches démographiques s’est penchée sur l’évolution de la fécondité dans les trois pays du Maghreb — Maroc, Algérie et Tunisie. Son constat est net : le Maroc a suivi une trajectoire distincte de celle de ses voisins. Contrairement à l’Algérie et à la Tunisie, où le nombre moyen d’enfants par femme a connu un rebond temporaire avant de repartir à la baisse, le royaume n’a enregistré aucune remontée similaire au cours des années 2000.

Selon les données de l’étude, le Maroc est passé de niveaux de fécondité très élevés dans les années 1970, entre sept et huit enfants par femme, à des niveaux nettement plus faibles aujourd’hui. Une évolution qualifiée de « rapide et profonde ». La particularité marocaine réside surtout dans le caractère continu, progressif et ininterrompu de cette baisse au cours des deux dernières décennies.

L’étude estime que ce recul ne s’explique pas principalement par un mariage plus tardif, comme c’est davantage le cas en Tunisie. Il tient plutôt à d’autres facteurs déterminants, dont la contraception moderne. La part des femmes mariées utilisant un moyen contraceptif au Maroc est ainsi passée d’environ 40% dans les années 1990 à près de 70% au cours de la décennie actuelle, avec un recours accru à la pilule, au dispositif intra-utérin, aux injections et aux implants médicaux.

La trajectoire marocaine se rapproche de celle observée dans des pays comme l’Iran ou l’Égypte, où la diffusion rapide de la contraception a entraîné une forte baisse de la fécondité, alors même que le mariage continuait d’intervenir à un âge relativement précoce.

Les données montrent également que la baisse de la fécondité au Maroc n’est pas liée à une transformation majeure du « calendrier des naissances ». Les niveaux de fécondité les plus élevés restent concentrés chez les femmes âgées de 25 à 29 ans. Mais le recul touche progressivement toutes les tranches d’âge, en particulier les 30-34 ans, puis les 25-29 ans. Dans le même temps, l’âge moyen à la maternité est resté presque stable au cours des vingt dernières années, oscillant entre 30,3 et 30,6 ans.

L’étude inscrit aussi ces évolutions dans le contexte social et économique plus large du Maroc, marqué notamment par l’allongement des parcours scolaires et universitaires, ainsi que par les difficultés persistantes d’accès des femmes au marché du travail. Malgré la progression de leur présence dans l’enseignement supérieur, leur participation économique demeure faible, en particulier après 30 ans, une période qui coïncide souvent avec les responsabilités familiales et la prise en charge des enfants. Autant de facteurs qui conduisent de nombreuses familles à avoir moins d’enfants et à privilégier davantage la qualité de l’éducation, des soins et des conditions de vie, plutôt que le nombre. Cette tendance traduit une évolution progressive des valeurs familiales et des modes de vie au sein de la société marocaine.

Sur le plan démographique, l’étude note que la poursuite de la baisse de la fécondité accélérera le vieillissement de la population au Maroc. Elle entraînera une diminution de la part des enfants et des jeunes, parallèlement à une hausse de la proportion des personnes âgées. En 2024, les 60 ans et plus représentaient déjà 13,8% de la population, une part appelée à augmenter dans les années à venir.

L’étude conclut que le Maroc se dirige vers une phase de « fécondité durablement basse », sans signe de retour à des niveaux de natalité plus élevés, comme cela a pu être observé par le passé dans certains pays de la région. Les transformations sociales, économiques et culturelles en cours posent ainsi les bases d’un nouveau modèle familial, marqué par un nombre plus réduit d’enfants et par une tendance croissante à retarder ou à planifier les naissances

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