Dans un contexte national marqué par la nécessité de rationaliser et de sécuriser la ressource hydrique, la Province de Khouribga franchit un cap majeur dans la modernisation de ses infrastructures de base. Ce mardi 14 juillet 2026, Tarik Hamane, Directeur Général de l’ONEE, et Hicham Medarhri Alaoui, Gouverneur de la Province de Khouribga, ont officiellement lancé les travaux d’un vaste programme de renforcement et de sécurisation de l’alimentation en eau potable (AEP) pour la ville et ses centres avoisinants.
Au total, c’est une enveloppe globale de 365 millions de dirhams (DH) qui est injectée pour moderniser le réseau de transport et de traitement à partir du barrage Ait Massoud.
Un maillon stratégique de 95 millions de DH soutenu par les bailleurs européens
Le premier volet de cette offensive infrastructurelle concerne le renforcement de l’adduction « Maroc Central ». D’un coût de 95 millions de DH, ce projet est le fruit d’un cofinancement international associant l’ONEE à la Banque Allemande de Développement (KfW) et à la Banque Européenne d’Investissement (BEI).
Ce chantier d’envergure, dont la mise en service est annoncée pour décembre 2026, comprend :
- La fourniture, le transport et la pose de 14 kilomètres de conduites d’adduction en fonte ductile et acier revêtu.
- L’utilisation de canalisations à large gabarit (diamètres de 900 et 1000 mm) conçues pour supporter des volumes industriels et résidentiels importants.
Cette infrastructure permettra non seulement de pérenniser le transport de l’eau brute traitée, mais surtout de prémunir ce pôle urbain majeur contre les risques de rupture d’approvisionnement.
Déminéralisation et stockage : 270 millions de DH pour anticiper la croissance démographique
Au-delà du réseau de transport, l’ONEE déploie un programme d’accompagnement de 270 millions de DH pour moderniser les capacités de traitement et de stockage de la province. Face à la minéralisation naturelle des eaux de la région, la qualité de la ressource reste un enjeu de santé publique et d’attractivité territoriale.
Ce second paquet de projets structurants s’articule autour de trois axes clés :
- L’extension de la station de déminéralisation : avec l’apport d’un débit additionnel conséquent de 330 litres par seconde (l/s).
- Le renforcement de l’autonomie de stockage : par la construction d’un mégoréservoir d’une capacité totale de 50 000 m³ (découpé en deux bassins de 25 000 m³). Une réserve stratégique indispensable pour lisser la distribution en période de pic de consommation.
- Une troisième tranche d’adduction : portant sur la pose d’un linéaire supplémentaire de 10 km de conduites (diamètre 1000 mm).
Pour le Maroc, la sécurisation de l’eau potable n’est plus seulement une urgence environnementale, c’est une condition sine qua non au maintien de la dynamique industrielle et de la paix sociale dans les régions intérieures. La province de Khouribga, poumon de l’industrie phosphatière nationale, subit une pression démographique et économique constante.
En décrochant des financements auprès de bailleurs de fonds rigoureux comme la KfW et la BEI, l’ONEE démontre la viabilité technique et financière de ses projets de transition hydrique. Toutefois, le défi à moyen terme pour l’Office, désormais dirigé par Tarik Hamane, sera de maintenir ce rythme soutenu de livraison de chantiers à travers tout le Royaume, alors que les nappes phréatiques et les barrages continuent d’afficher des taux de remplissage historiquement bas.





