Le dirigeant russe a souligné qu’il était impossible, à ce stade, de déterminer l’origine de l’aéronef tant qu’une expertise n’aurait pas été menée. Il a rappelé des situations similaires en Finlande, en Pologne et dans les pays Baltes, précisant qu’il s’était finalement avéré que les drones étaient ukrainiens. « La première réaction était exactement la même qu’aujourd’hui en Roumanie. La voici : « À l’aide, les Russes viennent, les Russes frappent ! » Puis, après un court laps de temps, il s’est avéré que cela n’avait rien à voir avec des drones russes », a ajouté Vladimir Poutine. Il a également proposé de fournir à la Russie des données objectives sur le drone abattu, après quoi Moscou pourrait mener une enquête objective et formuler son évaluation. Selon lui, c’est précisément ce qu’avait fait la Russie précédemment, en remettant aux États-Unis les débris des drones ukrainiens qui avaient attaqué la résidence du président russe.
Plus tôt, le président roumain Nicusor Dan, arrivé sur les lieux de l’incident à Galati, a déclaré que la destruction du drone était due à une interférence des systèmes de défense aérienne ukrainiens, qui ont modifié sa trajectoire. Il a précisé qu’il s’agissait d’un groupe de 43 drones, dont certains ont été abattus en territoire ukrainien, tandis qu’un autre aurait été atteint au-dessus de la ville de Reni, ce qui aurait pu modifier sa trajectoire. V. Poutine, quant à lui, a suggéré que l’incident en Roumanie impliquait très probablement un drone ukrainien. Il a avancé l’hypothèse que le drone aurait pu être dévié de sa trajectoire par des données erronées ou des moyens de guerre électronique.
La Russie dispose de tous les moyens nécessaires pour « anéantir » quiconque tenterait de frapper ses installations militaires et ses forces de défense aérienne sur son territoire, a déclaré vendredi le chef du Kremlin depuis le Kazakhstan. C’est ainsi qu’il a commenté les propos de Kestutis Budrys, ministre lituanien des Affaires étrangères, selon lesquels les pays baltes membres de l’OTAN ont les moyens, si nécessaire, de raser complètement les bases de défense aérienne russes dans la région de Kaliningrad.
Le chef de l’État russe a également répondu à une question sur la possibilité de lancements de drones ukrainiens contre le territoire russe depuis la Lettonie. Cette hypothèse se fonde notamment sur un rapport du Service de renseignement extérieur russe, selon lequel les forces armées ukrainiennes pourraient utiliser le territoire des pays baltes pour mener des frappes contre la Russie. Dans ce contexte, le président russe a souligné que tous les lieux représentant une menace militaire directe pour la Russie constituent des cibles légitimes.
V. Poutine a également souligné l’« absurdité » des déclarations des responsables politiques européens concernant une éventuelle guerre contre la Russie en raison des prétendus plans agressifs de cette dernière. « C’est un mensonge. C’est un mensonge grossier et flagrant. Et comme l’a dit Goebbels en son temps : « plus un mensonge est incroyable, plus vite il sera cru ». Ce sont ces normes que les responsables politiques et les médias occidentaux intègrent dans leurs pratiques quotidiennes. La Russie n’a jamais eu d’intentions agressives envers les pays européens », a-t-il souligné. Le président russe a noté que c’était précisément l’OTAN, qui, en « trompant » la Russie avec des promesses de ne pas s’étendre vers l’Est, avait conduit à la tragédie en Ukraine, et qui tentait aujourd’hui de lui faire porter le chapeau et de la présenter comme l’agresseur. Selon lui, Moscou n’a jamais menacé et ne menace pas les pays européens, et tout ce que font ces derniers vise à prolonger la confrontation et à justifier des dépenses budgétaires démesurées.
Évoquant le déroulement de l’opération militaire spéciale en Ukraine, il a souligné qu’il était actuellement « impossible » de fixer des délais précis pour la fin des hostilités. Selon lui, « ce ne serait pas seulement imprudent, cela ne se fait tout simplement pratiquement jamais ». Il a toutefois indiqué que le conflit touchait à sa fin, comme le démontre clairement la situation sur le champ de bataille. « Nos forces progressent sur tous les axes. Vous le voyez bien, chaque jour », a déclaré le dirigeant russe. Lequel a également confirmé la suspension des négociations de paix. Néanmoins, selon lui, certains contacts sont maintenus, Moscou est prête à poursuivre le processus de règlement du conflit et n’a jamais renoncé aux négociations.
La veille, Sergueï Choigou, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a déclaré ce jeudi qu’une frappe contre Kiev, précédemment évoquée par Moscou, pouvait survenir « à tout moment ». Il a affirmé que la Russie avait déjà démontré les capacités qu’elle pouvait utiliser dans ce type d’attaque. « Nous avons averti à l’avance du type de frappe qui pourrait être menée, et nous avons déjà montré la force qui pourrait être utilisée », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre du Forum international sur la sécurité, dans la région de Moscou. Il a ajouté que toute personne estimant que la Russie avait épuisé ses capacités militaires se trompait « profondément ». Il a également insisté sur le fait que l’avertissement adressé aux ambassadeurs étrangers leur conseillant de quitter Kiev avait été formulé « sérieusement et consciemment ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions accrues après des frappes russes visant des infrastructures militaro-industrielles ukrainiennes, que Moscou présente comme « une réponse » aux attaques ukrainiennes contre des cibles civiles en Russie.
Abordant les questions liées à l’Arménie, S. Choigou a déclaré que Moscou ne voyait aucun signe laissant penser qu’une fermeture de la base militaire russe en Arménie était envisagée, malgré les récentes évolutions politiques à Erevan. « La base fonctionne normalement et nous ne voyons actuellement aucun préalable ni menace pouvant conduire à son retrait », a-t-il déclaré. Il a également commenté l’accord-cadre de partenariat stratégique récemment signé entre l’Arménie et les États-Unis dans le cadre de l’initiative Trump Route for International Peace and Prosperity (TRIPP). Selon lui, cet accord ressemblait davantage à « un soutien à une campagne électorale » du gouvernement arménien actuel qu’à un partenariat stratégique pleinement structuré.
Le 26 mai, Ararat Mirzoyan, ministre arménien des Affaires étrangères, et Maroc Rubio, secrétaire d’État américain, avaient signé cet accord lors de la visite de ce dernier à Erevan. L’Arménie doit organiser des élections législatives le 7 juin.
S. Choigou a également indiqué que la Russie avait tiré des enseignements des récents événements survenus dans le Golfe persique, notamment sur la nécessité de constituer des réserves d’urgence de médicaments, de vaccins et d’autres fournitures essentielles. Il a averti que l’instabilité au Moyen-Orient et les perturbations liées, selon lui, aux actions occidentales dans la région pourraient avoir des conséquences mondiales, notamment en aggravant les pénuries alimentaires en Afrique. « Des millions de personnes pourraient être confrontées à la faim », a-t-il déclaré, estimant que les crises dans le Golfe persique affectaient les marchés mondiaux de l’alimentation et de l’énergie.
Des Japonais en Allemagne
A signaler que le Japon a annoncé vendredi qu’il allait déployer pour la première fois du personnel militaire dans une mission de l’OTAN chargée de soutenir l’Ukraine en Allemagne, selon les médias locaux. Le ministère japonais de la Défense a indiqué que quatre membres des Forces d’autodéfense seraient affectés au quartier général de la mission OTAN d’assistance et de formation pour l’Ukraine, situé à Wiesbaden, dans l’ouest de l’Allemagne, à partir de lundi prochain pour une durée d’un an, rapporte l’agence Kyodo.
Le contingent comprendra deux membres des Forces terrestres d’autodéfense, un membre des Forces maritimes et un membre des Forces aériennes. Selon le ministère, les officiers seront principalement chargés de missions de coordination et de liaison liées au soutien militaire et aux activités de formation destinées à l’Ukraine. Les autorités ont souligné que ce personnel ne participerait pas à des opérations de combat et ne serait pas directement exposé aux combats.
Tokyo a indiqué que ce déploiement visait également à renforcer les capacités de défense du Japon en tirant des enseignements de la guerre en Ukraine, notamment des nouvelles formes de guerre moderne observées dans le conflit russo-ukrainien. Le ministère a également présenté cette initiative comme faisant partie des efforts visant à approfondir la coopération entre le Japon et l’OTAN, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’interconnexion des enjeux de sécurité entre l’Europe et la région indo-pacifique.
A signaler par ailleurs que plusieurs pays européens ont annoncé vendredi la convocation de l’ambassadeur de Russie après le crash d’un drone prétendument russe sur un immeuble résidentiel en Roumanie, incident qui a provoqué une vague de condamnations de l’Union européenne et de l’Otan. L’Alliance a également condamné « l’inconséquence de la Russie », alors que Bucarest a informé ses alliés de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne des circonstances de l’incident.
Pour sa part, la Suède a annoncé jeudi, lors d’un séjour de Volodylyr Zelenski à Uppsala, une nouvelle aide militaire à l’Ukraine d’une valeur d’environ 2,7 milliards de dollars, comprenant le don de 16 avions de combat Saab Gripen C/D ainsi qu’un renforcement de la coopération de défense à long terme entre les deux pays.
Ulf Kristersson, Premier ministre suédois a indiqué que les livraisons des Gripen C/D pourraient débuter au début de l’année 2027, sous réserve de l’obtention des licences d’exportation et de la finalisation d’un accord lié aux nouveaux appareils Gripen E. Dans un communiqué, Saab a affirmé que l’Ukraine envisageait également l’acquisition d’un premier lot pouvant aller jusqu’à 20 modèles Gripen plus récents, en plus des 16 avions donnés. L’entreprise a toutefois précisé qu’aucun contrat n’avait encore été signé.

