Le phénomène des « meurtres à moto », déjà observé dans plusieurs quartiers, illustre cette logique : des exécutions répétées, peu investiguées, qui finissent par produire une forme d’acceptation contrainte de la violence. Dans ce cadre, la dimension communautaire, notamment alaouite, revient fréquemment dans les perceptions locales. Certains habitants associent ces attaques à des logiques de représailles héritées de la guerre, tandis que les autorités tendent à les requalifier en actes criminels isolés.
Cette divergence d’interprétation contribue à creuser un fossé entre récit officiel et expérience vécue. Au-delà des motivations individuelles, ces assassinats révèlent surtout une recomposition de l’ordre social à Homs : fragmentation des protections étatiques, montée d’acteurs armés informels et persistance de mémoires de guerre non résolues. La ville devient ainsi un espace où la frontière entre violence politique, sociale et criminelle s’estompe.

