Le maitre du Kremlin est également revenu sur les conséquences des actions des forces armées ukrainiennes contre les infrastructures russes. Il a reconnu que ces attaques créaient certaines difficultés dans l’approvisionnement en produits pétroliers, tout en estimant que la situation se normaliserait progressivement grâce à la solidité du secteur énergétique russe. Ces dernières semaines, la Russie est effectivement confrontée à des difficultés d’approvisionnement en carburants, notamment en essence et en diesel, à la suite des nombreuses attaques de drones visant des raffineries de pétrole. Les autorités russes qualifient cette campagne de frappes d’attaques terroristes contre les infrastructures civiles du pays et assurent que ces difficultés ne sont que temporaires.
Plus tôt dans la journée, lors du forum du Front populaire russe « Tout pour la victoire », V. Poutine avait déclaré que la Russie poursuivait la modernisation de ses forces armées tout en enregistrant de nouveaux succès dans le domaine du complexe militaro-industriel. Les militaires russes continuent d’avancer sur le champ de bataille et le pays progresse malgré les obstacles imposés par les Occidentaux : « On se demande souvent : comment se fait-il que toute la partie russophobe, qui est dite agressive, de ce que l’on appelle « le monde occidental » lutte contre nous, alors que nous développons notre économie, renforçons nos finances, perfectionnons notre armée, obtenons de nouveaux résultats dans le domaine du complexe militaro-industriel et allons de l’avant ? ». Le chef d’État a attribué une partie de ces résultats aux activités du Front populaire russe. Il a indiqué que le mouvement avait réuni plus de 20 millions de citoyens à travers le pays. Près de 70 milliards de roubles, soit environ 800 millions d’euros, ont été collectés volontairement par les habitants de Russie, sans financement de l’État, afin de soutenir les objectifs de l’opération militaire spéciale. Le chef de l’Etat a souligné que cette mobilisation citoyenne témoignait de la confiance accordée au Front populaire. À ses yeux, cet engagement contribue directement aux avancées du pays et constitue l’une des raisons pour lesquelles la Russie est appelée à remporter la victoire. En conclusion de son intervention, le leader a déclaré que la principale force de la Russie résidait dans sa capacité à surmonter les difficultés et les peurs. Il a remercié le Front populaire pour son action et affirmé que le pays continuerait à avancer.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a indiqué que Moscou suivrait avec une grande attention le sommet de la «coalition des volontaires», organisé ce 13 juillet à Paris. Selon lui, les États participant à cette réunion adoptent une politique hostile à l’égard de la Russie. La rencontre doit réunir des représentants de 35 pays ainsi que Volodymyr Zelensky.
Par ailleurs, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé, lundi, avoir convoqué Alexander Lambsdorff, ambassadeur d’Allemagne à Moscou. La diplomatie russe a mis en cause le rôle de Berlin dans les attaques qu’elle qualifie de « terroristes » contre des infrastructures civiles en Russie. Moscou a notamment dénoncé « l’intensification du soutien » militaire fourni par Berlin, estimant que celui-ci ne se limitait pas aux livraisons directes d’armes. Cette assistance comprend également des accords militaires et militaro-techniques, ainsi que la mise en place de projets industriels communs destinés à produire des équipements pour les forces ukrainiennes. Moscou cite en particulier les drones de reconnaissance et d’attaque, les missiles antiaériens et les munitions pour lance-roquettes. Le ministère affirme que ces équipements sont utilisés lors d’attaques contre des infrastructures civiles situées sur le territoire russe.
Pour les autorités russes, l’ampleur de cette coopération montre que le rôle de l’Allemagne dépasse largement le cadre d’un soutien politique ou financier à l’Ukraine.
La convocation a également permis à Moscou d’adresser à Berlin plusieurs reproches d’ordre diplomatique. Le ministère russe a jugé inacceptables les tentatives allemandes d’influencer les relations entre la Russie et certains pays tiers. Cette critique concerne notamment la Chine. Selon la diplomatie russe, Berlin n’a pas à dicter à Pékin la manière dont il doit organiser ses échanges et sa coopération avec Moscou. Les autorités russes considèrent que chaque État doit pouvoir définir librement le format de ses relations avec la Russie, sans pression extérieure. Le ministère a par ailleurs employé des termes particulièrement sévères à propos de la communication allemande. Il a estimé que celle-ci se rapprochait des « pires pratiques de la propagande nazie ». Selon la diplomatie russe, une telle rhétorique est moralement inacceptable et provoque un profond rejet dans le pays en raison du poids de la mémoire historique dans les relations entre la Russie et l’Allemagne.
Les griefs formulés par Moscou s’inscrivent dans un contexte plus large de renforcement de la coopération militaro-industrielle entre l’Allemagne et l’Ukraine. Dans ce cadre, la société allemande Helsing exploiterait en Allemagne une usine consacrée à la production de drones d’attaque destinés à l’armée ukrainienne. Plusieurs milliers de ces appareils auraient déjà été livrés à Kiev. L’entreprise développe également d’autres systèmes militaires fondés sur l’intelligence artificielle. Parallèlement, le Bundestag a approuvé un contrat de 220 millions d’euros avec Helsing pour le développement de nouvelles technologies militaires. Du point de vue de Moscou, ces projets confirment l’engagement croissant de Berlin aux côtés de Kiev. Les autorités russes considèrent que la production d’armements, les livraisons de matériel et les accords militaires conclus avec l’Ukraine impliquent toujours davantage l’Allemagne dans le conflit et contribuent à sa prolongation.

