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Soulèvement en France : La mobilisation ne faiblit pas…

by Perspectives Med
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Soulèvement en France : La mobilisation ne faiblit pas…

La tension persiste toujours en France. La preuve, les organisations lycéennes, Les Lycéens ! et Renouveau lycéen, ont appelé lundi à poursuivre la mobilisation après leur entrevue avec Sébastien Lecornu, alors que certaines mesures commençaient à filtrer, notamment le remplacement progressif de Parcoursup et la création de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. « On a quand même eu des annonces qui allaient dans notre sens », s’est félicité Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen à la sortie de la réunion avec le Premier ministre, tout en appelant à « continuer la mobilisation », le 31 octobre puis le 5 novembre, le temps « d’avoir des retours très concrets du terrain ».  

Pas moins de 80% des Français ont répondu « non » à la question de savoir si E. Macron « a la bonne attitude depuis samedi dernier ? », le plaçant loin devant (9 points) le leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. Le président français, qui a créé la polémique en participant avec sa femme à un concert de Céline Dion la veille de la journée de manifestations, n’était réapparu qu’à l’occasion d’un discours préenregistré diffusé à 20 heures le lendemain des exactions.

Selon certaines sources, le locataire de l’Élysée aurait fait savoir à son entourage que sa priorité demeurait les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Pas dit que ses propos tenus dans le cadre de la fusillade mortelle à Trappes viennent inverser la tendance, estime en substance CNews, qui relaie ce 25 octobre les résultats du dernier baromètre mensuel de l’institut CSA pour le JDD, selon lequel 83 % des personnes interrogées se déclarent insatisfaites de leur président. « Emmanuel Macron ne parvient donc à satisfaire que 16 % de la population, soit une baisse de 7 points en l’espace d’un mois seulement », a précisé la chaîne d’information. Dans le sondage Ipsos, 58 % des participants se déclarent « en colère » à la suite des exactions du 17 octobre, 37 % « inquiets » et 33 % « honteux ». Seuls 6 % assurent ressentir de l’espoir et 3 % de la satisfaction. Ces deux dernières catégories sont surreprésentées chez les 18-24 ans sympathisants de La France insoumise. Les sympathisants de gauche sont également majoritaires à pointer du doigt les forces de l’ordre, estimant qu’elles n’ont « pas suffisamment anticipé l’ampleur et la nature du mouvement ».

« L’État a eu le dessus ce week-end, l’État a été fort parce que l’État et le gouvernement, le ministre de l’Intérieur, ont anticipé ces manifestations et d’éventuelles violences », a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, lundi, sur RTL. Elle a souligné la mobilisation de 70 000 membres des forces de l’ordre, qui a permis d’« autoriser et encadrer des manifestations ». « Il y a des revendications qui sont légitimes […] et puis il y a des violences urbaines […] qui sont absolument incompréhensibles et intolérables », a-t-elle ajouté, estimant que le retour au calme est « le préalable à toute discussion démocratique et politique ». Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a abondé dans le même sens. « Les cortèges se sont bien passés », a-t-il affirmé samedi soir, mettant en avant « l’anticipation » et le « prépositionnement » des forces. Le 26 octobre sur BFMTV, il a revu le bilan à la hausse par rapport à la veille, avec 1 435 interpellations, 267 blessés parmi les forces de l’ordre, dont trois grièvement, et environ 150 à 250 chez les manifestants. « La journée a été maîtrisée. Il n’y a pas eu d’incidents graves », a-t-il assuré, tout en annonçant la poursuite des couvre-feux et en tentant de rassurer sur la situation sécuritaire du pays : « On tiendra six mois jusqu’à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré.

Les chiffres officiels font état de 410 000 participants, contre 800 000 pour la Confédération générale du travail. Le week-end a été moins violent que le précédent, notamment en matière de pillages. L’opposition relativise cependant ce bilan. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé que « pour interrompre les manifestations, il suffit de répondre aux revendications ». « De quoi nous parlent-ils ? Ils nous parlent exclusivement de sécurité […]. Non, le sujet, il est d’abord […] social et politique », a-t-il regretté. Manuel Bompard, coordinateur des Insoumis, a, de son côté, jugé : « Le Gouvernement doit céder face aux revendications portées par les mobilisations ! La jeunesse de ce pays exprime des revendications claires. » Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a qualifié ces cortèges de « bouquet final de cette cocotte-minute » de colère sociale, dénonçant un « deux poids, deux mesures » dans la gestion de l’ordre. Plusieurs autres mobilisations pourraient avoir lieu en France et ailleurs en Europe dans un automne riche en revendications sociales.

Mobilisation tous azimuts

Après les journées des 17 et 24 octobre, cinq syndicats appellent à une grève nationale le 5 novembre. Les transports et l’éducation devraient être touchés, tandis que la Confédération générale du travail veut généraliser la grève et la prolonger. Les syndicats entendent prolonger la pression sociale. L’intersyndicale fixe le 5 novembre comme prochaine grande journée de grève et de manifestations, dans un calendrier déjà dense de mobilisations, dans ce qui s’apparente à un automne de tous les dangers sur le front social en France et ailleurs en Europe. « L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais », avait déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), à la sortie d’une réunion à Matignon avec le Premier ministre, le 21 octobre.

Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), a, quant à elle, martelé : « Le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre. » L’appel, lancé début octobre par la CFDT, la CGT, Force ouvrière (FO), l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) et la Fédération syndicale unitaire (FSU), vise « les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ». Les organisations réclament des négociations immédiates sur les salaires, l’égalité femmes-hommes, la revalorisation des pensions, du point d’indice des fonctionnaires et du Smic, ainsi que des moyens pour les services publics. La date a retenu l’attention du candidat de La France insoumise à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, qui a déclaré en marge d’une mobilisation du 24 octobre : « La grève générale, appelée par la CGT, pend au nez du gouvernement le 5 novembre prochain. »

Dans l’éducation, le Snes-FSU appelle, dans la lignée des manifestations lycéennes, à une « grève massive » pour des recrutements, des salaires et la « déblanquerisation » du lycée. La FSU-SNUipp et, fait inédit, l’ensemble des syndicats de l’enseignement privé sous contrat se joignent au mouvement. À la SNCF, CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots invitent les agents à cesser le travail. Dans la santé, la CGT Santé et la CFTC Santé Sociaux demandent des hausses de budgets et de meilleures conditions. La CFDT Fonctions publiques a déposé un préavis couvrant les trois versants de la fonction publique. D’autres rendez-vous s’ajoutent : rassemblements des gilets jaunes le 31 octobre, possible reprise lycéenne dès le 2 novembre, manifestation des retraités le 19 novembre et action des pompiers le 4 décembre, dans un contexte politique et social explosif en France et dans l’Ouest de l’Europe.

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