Dans un discours prononcé après l’annonce de sa victoire, Lula da Silva a réaffirmé avec force : « Nous ne permettrons pas et n’accepterons pas que le Brésil soit l’arrière-cour de quiconque ». Il a souligné qu’il « gouvernerait au nom des 215 millions de Brésiliens », précisant qu’« il n’y a plus de rival électoral une fois la course présidentielle terminée ».
Cette élection s’est inscrite dans un contexte géopolitique d’une grande tension. Lula avait en effet accusé l’administration du président américain Donald Trump d’utiliser les droits de douane et d’autres leviers économiques pour s’ingérer directement dans les affaires intérieures brésiliennes, au moment même où son adversaire Flávio Bolsonaro se présentait ouvertement comme l’allié privilégié de D. Trump. Pour le chef d’État, ce second tour constituait un arbitrage crucial entre le maintien de la souveraineté nationale et le « genou à terre » face à Washington. Lors d’un rassemblement électoral dans le Nord-Est du pays, il avait martelé que le scrutin dépassait le cadre d’une élection ordinaire pour toucher à l’identité même de la nation : « Voulons-nous un Brésil qui embrasse le drapeau brésilien, ou un Brésil qui se prosterne devant le drapeau américain ? »
S’adressant à la nation, le chef d’État a martelé que « cette élection est une défaite pour l’axe du mensonge, des rumeurs et des fausses nouvelles ». Il a déclaré que sa « victoire a été obtenue grâce au peuple brésilien », en ajoutant : « Nous avons vaincu l’ingérence étrangère orchestrée à travers les plateformes numériques ». Rappelant que « les Brésiliens ont voté pour garantir la démocratie dans le pays », il a mis en avant le succès de sa campagne à convaincre les citoyens que le vote était d’une importance capitale pour la sauvegarde des institutions républicaines. Lula a affirmé que son parti a remporté cette victoire « avec le peuple brésilien », soulignant que les citoyens sont descendus dans la rue pour défendre leurs acquis. Il a ajouté n’avoir jamais vu, au cours de ses 50 ans de carrière politique, une mobilisation semblable à celle observée lors de ces élections, qualifiant le peuple brésilien d’« armée pour la démocratie » et réaffirmant son attachement à la « démocratie et la liberté ».
Lula a expliqué qu’il « n’aurait jamais imaginé affronter lors de cette élection une personne incarnant le courant des milices au Brésil », en référence à Flávio Bolsonaro, ajoutant qu’il « n’avait jamais vu auparavant quelqu’un mentir avec autant d’effronterie, comme s’il était dépourvu de toute humanité ».
Lula da Silva a décroché un nouveau mandat présidentiel après avoir devancé son rival de droite lors du second tour de l’élection présidentielle. Les données du Tribunal supérieur électoral du Brésil indiquent, après le dépouillement des bulletins dans les bureaux de vote, que Lula a obtenu 51,75 % des suffrages exprimés contre 48,25 % pour F. Bolsonaro.
Lula s’est engagé à poursuivre les politiques sociales, à étendre les programmes d’assistance publique et à améliorer les conditions de vie des travailleurs ainsi que des catégories les plus défavorisées.
De son côté, le candidat défait de la droite a déclaré dans sa première réaction aux résultats : « Nous allons demander l’annulation de l’élection présidentielle au Brésil ».

