Home MondeAsieIsraëlPartisan de la guerre à outrance : B. Netanyahu cristallise la colère de ses opposants

Partisan de la guerre à outrance : B. Netanyahu cristallise la colère de ses opposants

by Perspectives Med
0 comments
Partisan de la guerre à outrance : B. Netanyahu cristallise la colère de ses opposants

Devant plusieurs centaines de partisans réunis à Tel-Aviv pour son dernier meeting, l’ancien chef d’état-major, dont le bloc est donné au coude-à-coude avec celui de B. Netanyahu, a lancé un vibrant plaidoyer pour l’unité nationale. « Notre objectif n’est pas qu’un camp l’emporte sur l’autre », a-t-il déclaré. « Nous travaillerons à rassembler à nouveau tous les Israéliens – ceux qui ont voté pour nous et ceux qui ne l’ont pas fait. » Il s’est adressé directement aux électeurs du Likoud de B. Netanyahu : « au fond de vous, vous savez vous aussi qu’Israël ne peut pas continuer ainsi », a-t-il lancé.

Réaffirmant « son engagement en faveur de la sécurité et de l’économie », il a promis de rompre avec la gouvernance de son adversaire, présent sur la scène politique depuis trois décennies. « Je vous regarderai toujours dans les yeux et vous dirai la vérité. J’assumerai la responsabilité tant des succès que des échecs, car c’est ça le véritable leadership », a-t-il assuré.

Imputant à B. Netanyahu des responsabilités dans les défaillances sécuritaires ayant permis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, G. Eisenkot s’est engagé à créer une commission d’enquête indépendante sur ces événements.

B. Netanyahu a reçu le soutien renouvelé du président américain. « Lorsque vous irez voter, n’oubliez pas que Bibi a été un Premier ministre guerrier exceptionnel », a écrit Donald Trump sur son réseau social, citant en exemple la guerre engagée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran. Sur la chaîne 14 privée, qui lui est favorable, le Premier ministre a lui de nouveau accusé ses adversaires de vouloir créer un État palestinien, « ce qui serait une catastrophe pour Israël ». B. Netanyahu a centré sa campagne sur la sécurité, affirmant pouvoir en être le seul garant.

Tout au long de la campagne, des affiches à son effigie ont été placardées à travers le pays, portant le slogan: « Soit la droite, soit la Palestine ». Il a aussi brandi la menace iranienne, revendiquant les résultats de la guerre lancée en février contre Téhéran aux côtés de D. Trump, qui a publiquement soutenu sa candidature. « Nous avons accompli 90 % du travail, il en reste 10 %. Qui va s’en charger ? Eisenkot et les Frères musulmans ? Non. Moi seul peux le faire », a-t-il lancé.

Plus tôt dimanche, il avait publié une image générée par intelligence artificielle montrant un champignon atomique engloutissant ce qui semble être Tel-Aviv, accompagnée d’un texte présentant l’Iran comme une menace existentielle éclipsant tous les autres enjeux électoraux.

G. Eisenkot, qui s’oppose lui aussi à la création d’un Etat palestinien mais promet de réprimer les violences de colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, accuse son rival d’instrumentaliser la menace iranienne. « Vous avez une fois de plus échoué de manière spectaculaire et flagrante à atteindre les objectifs de guerre que vous vous étiez vous-même fixés », lui a-t-il reproché samedi sur X.

Yaïr Lapid, figure de l’opposition ayant promis de s’allier à G. Eisenkot, s’est également indigné de la mise en scène atomique du Premier ministre. « Cet homme a perdu les pédales. Nous devons impérativement le renvoyer chez lui. » Avigdor Lieberman, autre dirigeant de l’opposition israélienne, a exigé lundi l’ouverture d’une enquête criminelle contre B. Netanyahu, soupçonné de trahison. Il l’accuse de tenter d’entraîner Israël dans une guerre contre l’Iran pour éviter une défaite aux élections générales de mardi. Plus, le chef du parti de droite Yisrael Beiteinu a soumis une demande officielle à la procureure générale Gali Baharav-Miara, a rapporté la chaîne de télévision publique israélienne KAN. Dans sa lettre, A. Lieberman a déclaré que B. Netanyahu avait fait pression au cours du mois précédent sur de hauts responsables de la sécurité pour qu’ils prennent des mesures susceptibles de déclencher une confrontation militaire avec l’Iran. “Au cours du mois écoulé, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait pression sur les responsables de l’appareil sécuritaire pour qu’ils prennent des mesures susceptibles d’entraîner une erreur d’appréciation vis-à-vis de l’Iran”, a-t-il écrit. Il a accusé B. Netanyahu de tenter d’entraîner Israël dans une nouvelle guerre par crainte de perdre les élections.

“Tenter d’entraîner l’État d’Israël dans une guerre à la veille des élections, et être prêt à sacrifier des soldats de Tsahal (l’armée israélienne) par simple crainte d’une défaite électorale, constitue une trahison envers l’État, sa sécurité et les soldats de Tsahal”, a-t-il déclaré. “J’exige l’ouverture immédiate d’une enquête criminelle contre Benjamin Netanyahu pour suspicion de trahison”, a-t-il ajouté.

Lundi matin, A. Lieberman avait formulé des accusations similaires lors d’une interview accordée à la station de radio israélienne 103FM, selon le journal israélien Maariv. “Netanyahu trahit clairement l’État lorsqu’il veut nous entraîner dans une guerre”, a-t-il ajouté, accusant le Premier ministre d’être prêt à sacrifier la vie de soldats par crainte d’une défaite électorale. Il a également dénoncé des tensions sans précédent entre les dirigeants politiques et militaires israéliens. “Jamais les relations entre les dirigeants militaires et politiques n’ont été aussi tendues qu’aujourd’hui”, a-t-il dit, attribuant cette situation aux efforts de B. Netanyahu pour provoquer une erreur d’appréciation de la part de l’Iran. Il a souligné que toute action militaire susceptible de mener à une guerre ou à une confrontation à grande échelle nécessitait une délibération et une approbation gouvernementales en vertu du droit israélien.

Il a également accusé B. Netanyahu de tenter de saper la légitimité du Comité central des élections et les résultats des élections, avertissant que de tels efforts pourraient déclencher de graves affrontements internes. “Nous constatons simultanément une intensification des efforts de Netanyahu pour délégitimer le Comité central des élections et les résultats des élections, même au prix d’une grave confrontation interne, d’une guerre civile et de la désintégration de l’État”, a-t-il déclaré. l’opposant a en outre affirmé que Netanyahu était conscient de la possibilité de perdre les élections et cherchait donc à attiser les tensions avec l’Iran. “Même Netanyahu sait qu’il va perdre. C’est pourquoi il fait preuve d’hystérie et tente de nous entraîner dans une guerre”, a-t-il lancé.

B. Netanyahu n’a pas immédiatement réagi aux accusations de A. Lieberman.

Ces accusations interviennent à la veille des élections générales israéliennes de mardi, dans un contexte de tensions accrues avec l’Iran. Dimanche, B. Netanyahu a affirmé que les services de renseignement israéliens indiquaient que l’Iran et ses alliés régionaux pourraient lancer des attaques visant à perturber les élections. Il a mis en garde Téhéran contre de telles actions, menaçant d’une sévère riposte militaire.

Le 13 octobre, A. Lieberman a accusé Netanyahu de préparer une éventuelle offensive militaire contre l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah pour se maintenir au pouvoir, affirmant que le Premier ministre était motivé par sa survie politique plutôt que par des considérations de sécurité.

Le 18 octobre, B. Netanyahu a également dévoilé une nouvelle doctrine de sécurité nationale, identifiant le renversement du gouvernement iranien comme un objectif stratégique et mettant l’accent sur les opérations militaires préventives.

Ces dernières accusations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et l’Iran suite à leur affrontement militaire survenu plus tôt cette année.

L’ancien député de la Knesset Benny Begin, fils de l’ancien Premier ministre de l’occupation Menahem Begin, fondateur du parti du Likoud, a appelé les partisans du parti à voter pour les formations politiques susceptibles de mettre fin au règne de B. Netanyahu (qui préside actuellement le parti), estimant qu’il constitue désormais une « menace pour nous tous ». Dans une séquence vidéo s’adressant aux partisans du parti, il a déclaré : « Nous avons parcouru ensemble un long chemin, qui n’a pas toujours été facile. Il y a 10 ou 15 ans, j’ai servi dans un gouvernement présidé par Benjamin Netanyahu, et c’était un bon gouvernement, utile pour l’ensemble des citoyens israéliens. » Il a ajouté que « cette période a connu des débats constructifs et fructueux, qui se déroulaient à huis clos devant le public, mais qui permettaient des divergences d’opinions amicales entre collègues », qualifiant cette étape comme « l’une des meilleures périodes de sa vie ».

Cependant, il a enchaîné en affirmant que « de mauvaises choses sont arrivées par la suite à Netanyahu », à tel point qu’il lui a demandé, il y a cinq ans, depuis la tribune de la Knesset : « Jusqu’où un homme peut-il tomber de lui-même ? » B. Begin a poursuivi en disant que « la tragédie de Netanyahu s’est écrite sous les yeux de tous », ajoutant : « Nous l’observons, stupéfaits. »

Critiquant le comportement de B. Netanyahu au cours des deux jours précédant les élections, il a affirmé qu’il apparaissait « tendu, affolé et terrifié », et l’a accusé de « menacer les Israéliens de détruire l’économie, puis de larguer une bombe atomique sur Tel-Aviv », selon ses déclarations. Sans fournir de détails supplémentaires concernant les menaces qu’il a attribuées à B. Netanyahu, il a souligné qu’« un Premier ministre comme celui-ci constitue une menace pour nous tous ».

B. Begin a adressé un appel direct aux partisans du Likoud, en disant : « Membres du Likoud, mettez fin à ce pouvoir et envoyez-les dans l’opposition. » Il a ajouté : « Votez mardi pour les partis qui amèneront dès maintenant un changement de pouvoir, pour l’avenir de nos enfants et le bonheur de nos petits-enfants. »

B. Begin est considéré comme l’une des figures ayant occupé des fonctions parlementaires et ministérielles au sein de l’entité d’occupation, notamment au sein de gouvernements présidés par Netanyahu, avant d’en devenir l’un des critiques de ses politiques. En 2015, il a occupé le poste de ministre sans portefeuille dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu, mais il a quitté ses fonctions au bout de 17 jours, dans le cadre du remaniement de la coalition gouvernementale destiné à céder la place à la nomination de Gilad Erdan. En 2019, Begin a annoncé sa prise de distance vis-à-vis du parti du Likoud, sur fond de réserves quant à ses orientations et de désaccords liés aux affaires judiciaires auxquelles Netanyahu faisait face, avant de rejoindre en 2020 le parti Nouvel Espoir dirigé par Gideon Sa’ar, qui regroupait des personnalités dissidentes du Likoud en raison de leurs divergences avec Netanyahu.

Fait notable, huit prisonniers palestiniens de la prison israélienne de Lavi ont été punis par l’isolement cellulaire et des mesures disciplinaires pour avoir préparé un gâteau rudimentaire avec des restes de nourriture pour célébrer le possible départ du sinistre Itamar Ben-Gvir, responsable  israélien de la Sécurité nationale. Israel Hayom a rapporté, dimanche, que les prisonniers qui espèrent que les résultats des élections entraîneront le départ de cet ultra-sioniste du prochain gouvernement, avaient passé des jours à rassembler le peu de nourriture qu’ils possédaient, notamment du pain et de la confiture, pour préparer un gâteau afin de célébrer la possibilité qu’il ne soit pas réélu.

I. Ben-Gvir a rapporté ces faits sur X se réjouissant que le commissaire de l’administration pénitentiaire israélienne et son équipe avaient découvert ce qu’il a décrit comme un complot, ce qui a conduit à des mesures disciplinaires à l’encontre des prisonniers et à leur placement en isolement. Il a conclu son message en déclarant que les prisonniers avaient prévu de faire la fête, mais que leur célébration était terminée, appelant les Israéliens à voter pour la lettre hébraïque « Beit », qui symbolise son parti, dans les urnes. Ce ministre ultra est à la tête du ministère israélien de la Sécurité nationale, qui supervise l’administration pénitentiaire, depuis fin 2022, avec une interruption temporaire de ses fonctions début 2025. Un durcissement drastique des conditions de détention a été imposé durant son mandat. Il est intervenu à plusieurs reprises en personne dans des prisons, se filmant ou diffusant des vidéos où il invective des figures ou détenus palestiniens de premier plan (tels que Marwan Barghouthi ou Hassan Salameh). Il a proposé la création d’un centre de détention pour prisonniers palestiniens « entouré de crocodiles » et s’engage à faire appliquer sans failles la récente loi permettant l’exécution des Palestiniens qui ont tué des Israéliens.

Il s’est vanté d’affamer les détenus palestiniens. Ils entrent gros et ressortent maigres, a-t-il fanfaronné, en référence à une vidéo générée par IA qu’il a fini par supprimer sous un feu de critiques. Elle montrait dans un univers concentrationnaire des Palestiniens entrant souriants dans une prison sur un tapis roulant, avant d’en sortir en pleurs et amaigris.

Pour les élections du 27 octobre, les sondages indiquent que son parti, Otzma Yehudit, dont la signification est « puissance juive », devrait remporter, pour la première fois en son nom propre, huit ou neuf des 120 sièges du Parlement. En 2022, il en avait décroché six, mais en concourant sur une liste commune de partis. Parmi ses promesses électorales : pousser au départ les Palestiniens de Cisjordanie occupée et de la bande de Gaza dévastée. Depuis 2022, le ministre a facilité l’accès aux armes à feu de plus de 200 000 colons dont il encourage les attaques en Cisjordanie, sous la couverture de l’armée israélienne. Plus de 1200 Palestiniens ont été tués ces trois dernières années.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.