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Relations maroco-espagnoles : Lorsque le poids du passé refait surface…

De l’Espagne, des signaux contradictoires sont émis à destination du Maroc. Si l’Exécutif multiplie les déclarations quant à l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations entre les deux royaumes, il n’en reste pas moins que dans les milieux militaires, ce sont les vieux réflexes anti-marocains qui ressurgissent à la surface. La preuve est à situer au niveau des commentaires engendrées par un timbre-poste commémorant la bataille héroïque d’Anoual.

José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, a souligné dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Jeune Afrique que Madrid était disposé à ouvrir une nouvelle étape dans sa relation avec le Maroc, fondée sur la«confiance, la transparence et le respect des engagements pris».
«Nous constatons en effet une amélioration du contexte et les signaux que nous recevons du Maroc ces derniers mois sont positifs. Les messages publics du Roi Mohammed VI sont également très clairs», a souligné le chef de la diplomatie espagnole lors de l’entretien publié dimanche. «Nous sommes, de notre côté, prêts à ouvrir une étape nouvelle dans notre relation, fondée sur la confiance, la transparence et le respect des engagements pris», a-t-il dit.
Selon lui, «maintenant que la communication est rétablie, le plus important est de travailler pour éviter la répétition de telles situations», en allusion à la crise diplomatique entre les deux pays.
«Nos relations diplomatiques restent intactes, notre ambassadeur est toujours à Rabat. La décision du retour à un fonctionnement normal de l’ambassade du Maroc à Madrid relève maintenant exclusivement des autorités marocaines», a souligné le ministre espagnol dans cet entretien consacré au rôle de l’Espagne en Afrique.
Il ne s’agit pas là d’une première sortie du chef de la diplomatie espagnole dans laquelle il présente les mêmes projections susceptibles de faire oublier la tension qui a plongé les relations bilatérales dans une grande crise politico-diplomatique. En attendant, force est de souligner que bien des milieux n’arrivent toujours pas à se défaire des remugles de l’histoire partagée des deux côtés des rives de la Méditerranée. Comme en témoigne la réaction crispée des nostalgiques de l’ère franquiste qui sévissent toujours dans les rangs de l’armée. Mais pas que… en émettant le 30 septembre un timbre-potse commémorant le centenaire de la bataille d’Anoual du 21 juillet 1921qui sonne comme un Trafalgar dans le subconscient espagnol, Barid Al-Maghrib a fait réagir des médias connus pour leurs accointances. Il en va ainsi pour La Razon qui relève que «le timbre a causé un malaise évident en Espagne, principalement dans l’armée. Indignés, les militaires considèrent que cette image est un acte bien réfléchi par le Maroc». Pour le quotidien, cequi irrite une partie des Espagnols est à situer au niveau de la ressemblance entre le timbre de Barid Al-Maghrib et une représentation du commandant Santiago Matamoros (tueur de Maures) qui avait joué un rôle dans la victoire des forces du roi chrétien Ramire I, lors de la bataille de Clavijo, en mai 844, contre les musulmans du Calife Abderrahman II de la dynastie des Omeyyades qui gouvernait alors l’Andalousie. Un groupe de militaires espagnols a choisi Twitter pour réagir. En soulignant que«le Maroc indigne les militaires en Espagne en commémorant le massacre de 10 000 Espagnols par Abdelkrim».
Le timbre en question, comme l’a signalé Barid Al-Maghrib,«reproduit une œuvre artistique, propriété du Haut-Commissariat aux Anciens Résistants et Anciens Membres de l’Armée de Libération, illustrant le champ de la bataille d’Anoual. Elle contribue également à la célébration d’un événement important de l’histoire de la résistance marocaine». Pas de quoi en faire toute une histoire, en somme. Sauf pour les nostalgiques, bien sûr… Est-ce une raison pour que le Maroc gomme l’Histoire et ses aspérités pour faire plaisir à des « has been » qui persistent à vouloir perpétuer des liens de domination éculés, comme c’est le cas pour le maintien des Présides de Sebta et Melillia et les iles qui s’y rattachent sous colonialisme espagnol ? Assurément non. Et si le Maroc n’a pas commémoré la victoire de Youssef Ibn Tachfine, lors de la bataille de Zagrajas, également connue sous le nom de Zalaka, du 23 octobre 1086, sur les Espagnols conduits alors par le roi Alphonse VI, est-ce pour autant un déni de l’Histoire et de son déroulé ?
Cela donne à réfléchir… Des deux côtés du Détroit, l’Histoire commune ne doit pas faire de surenchères politiciennes pour peu que les droits inaliénables et imprescriptibles du Maroc soient sauvegardés. Et plutôt que de faire preuve de crispation à tout va, le voisin ibérique a intérêt à revoir son histoire pour expurger le récit de tout ce qui l’altère. Au détriment d’un voisin qui, de la rive sud, tend la main pour un réel partenariat entre les deux monarchies, profitable aux deux peuples…

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