Les États-Unis et « Israël » ont lancé, mardi à l’aube, une agression contre des installations énergétiques dans les villes d’Ispahan et de Khorramshahr, causant des dommages matériels aux infrastructures et aux habitations environnantes, sans faire de victimes, selon l’agence iranienne Fars. À Ispahan, l’agression a touché le bâtiment de l’administration du gaz et une station de réduction de pression sur la rue Kaveh, endommageant des parties des installations et des maisons voisines. Ispahan constitue un nœud essentiel du réseau de distribution de gaz alimentant les villes et le secteur industriel, rendant tout dommage impactant pour la production et les services
À Khorramshahr, l’attaque a visé la ligne de gaz de la centrale électrique, où un projectile a frappé une zone à l’extérieur de la station sans enregistrer de blessés, d’après les déclarations du gouverneur de la ville. Concernant l’agression contre la station de gaz de la province, un responsable de la sécurité à Khorramshahr (sud-ouest de l’Iran) a affirmé « qu’il n’y a aucun problème d’approvisionnement en énergie ou en gaz à Khorramshahr. Le ciblage ennemi n’a pas affecté le fonctionnement de la station, qui opère normalement. »
Lundi, une source de sécurité et politique iranienne de haut niveau a affirmé que « la préparation de l’Iran à porter des coups sévères, cruciaux et globaux en réponse à toute agression contre ses infrastructures vitales reste entière et en état d’alerte maximale ». La source a ajouté : « Nous savons que l’ennemi poursuit son agression aérienne contre notre territoire », avertissant que toute action contre les infrastructures, même mineure ou symbolique, fera l’objet d’une riposte puissante, démultipliée et sans hésitation.
Auparavant, le président américain a prétendu vouloir conclure un accord avec l’Iran, déclarant : « Je pense qu’il leur est très difficile de quitter leur pays, mais nous nous rencontrerons en personne à un moment donné, et très bientôt. » Il a évoqué un délai de cinq jours, ajoutant : « Si les choses se passent bien, nous parviendrons à un règlement, sinon nous continuerons à les pilonner avec toute notre puissance. » L’agression contre les sites énergétiques survient alors que D. Trump prétendait avoir reporté de 5 jours l’exécution de l’attaque contre les infrastructures énergétiques iraniennes. L’Iran a confirmé sa détermination à répondre à cette agression par des mesures punitives plaçant les infrastructures liées à Washington dans la région et Israël parmi ses cibles légitimes.
A signaler que Marco Rubio, secrétaire d’État américain, est attendu vendredi en France pour participer à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, a annoncé mardi le département d’État. Selon un communiqué, il doit rencontrer ses homologues des pays partenaires afin d’évoquer les principaux enjeux de sécurité internationale et les pistes de coopération, avec en priorité la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.
Ce déplacement intervient dans un contexte de forte escalade régionale. Depuis le 28 février, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont fait plus de 1 300 morts, dont l’ancien guide suprême , Ali Khamenei. Téhéran a riposté par des tirs répétés de drones et de missiles visant Israël ainsi que des pays du Golfe abritant des forces américaines. Parallèlement, le détroit d’Ormuz est perturbé depuis début mars, affectant près de 20 millions de barils de pétrole par jour et alimentant la hausse des prix sur les marchés mondiaux.
Lundi, le président américain Donald Trump a annoncé une suspension des frappes visant les infrastructures énergétiques iraniennes, évoquant des discussions « très bonnes et productives » avec Téhéran — des pourparlers que les autorités iraniennes ont toutefois démentis.
78e vague de « Promesse Tenue 4 »
Entre-temps, les relations publiques du Corps des Gardiens de la Révolution islamique en Iran (CGRI) ont annoncé l’exécution de la 78e vague de l’opération « Promesse Tenue 4 », ciblant les positions des agresseurs américains et sionistes, avec un large soutien populaire et grâce aux missiles des combattants sur le terrain. Dans un communiqué publié, mardi à l’aube, le CGRI a précisé que l’opération s’est déroulée sous la pluie, sous le code sacré « Ô Guide des égarés », et a été dédiée aux citoyens des régions orientales du pays, incluant les provinces du Khorassan septentrional (Razavi) et méridional, ainsi que le Sistan-et-Baloutchistan. Il explique que cette vague a visé des sites à Eilat, Dimona et au nord de Tel-Aviv, ainsi que des bases de l’armée américaine dans la région, indiquant que les objectifs ont été atteints avec une haute précision en utilisant les systèmes de missiles à têtes multiples Emad et Qadr, en plus de drones kamikazes.
Le texte insiste sur le fait que les Gardiens de la révolution traitent avec les agresseurs par des opérations à impact direct, notant que la majorité de leurs unités de combat et des forces de mobilisation (Bassidj) ne sont pas encore entrées dans l’arène. Leur déploiement, si nécessaire, rendrait la bataille plus intense et placerait les ennemis face à un destin inéluctable. Enfin, le CGRI a affirmé que les mouvements de l’ennemi pour compenser ses pertes et modifier le cours de la guerre dans les heures à venir sont surveillés avec précision, promettant une riposte rapide et sévère contre les commanditaires, les exécutants et tous ceux qui soutiennent toute agression ou crime, à tous les niveaux.
Tel-Aviv a été secouée, mardi à l’aube, par une frappe de missiles iraniens, décrite comme la plus vaste depuis le début de la guerre, faisant des morts et des blessés, en plus de dégâts considérables dans plusieurs bâtiments. Les médias israéliens ont rapporté que le bilan initial de l’attaque s’élève à 9 morts et blessés, alors que les équipes de secours et de sauvetage poursuivent leurs opérations sur les sites ciblés. Selon le commandant de la zone de Tel-Aviv : « Il y a des dégâts considérables ici… ce sont des dommages causés par un missile pesant environ 100 kg. »
De son côté, la police de Tel-Aviv a annoncé que les missiles ont causé des dégâts étendus à l’intérieur de la ville, précisant que plusieurs bâtiments ont été endommagés par la chute de débris. La Chaîne 12 israélienne a également rapporté que trois immeubles ont été intégralement détruits par la frappe, alors que les estimations officielles de l’ampleur des pertes sont toujours en cours d’actualisation, dans un climat d’alerte maximale à travers la ville.
Le CGRI a réitéré dans un communiqué, publiée ce mardi, sur l’unification des fronts avec le Liban et Gaza. « L’armée infanticide de l’entité sioniste a commis de vastes crimes de guerre contre les civils au Liban et en Palestine, franchissant toutes les lignes rouges par un génocide ; la poursuite de cette voie est inacceptable », a-t-il affirmé. Et de renchérir : « Nous avertissons l’armée criminelle : en cas de poursuite des crimes contre les civils au Liban et en Palestine, les zones de rassemblement des forces ennemies dans le nord de la Palestine occupée et dans la ceinture de Gaza feront l’objet d’attaques massives, aériennes et par missiles, du CGRI et ce, sans aucune hésitation. »
Le Croissant-Rouge iranien a déclaré mardi que 94 ambulances et 17 de ses bases ont été directement ciblées lors de frappes aériennes américano-israéliennes depuis la fin du mois dernier. Pirhossein Kolivand, chef de l’organisation, a indiqué que les attaques ont également visé trois hélicoptères de secours et d’autres véhicules de sauvetage depuis le début de la guerre le 28 février, selon l’agence Tasnim News Agency.
Amman mis à l’index
Par ailleurs, l’Iran a protesté vigoureusement dimanche contre la Jordanie aux Nations Unies, l’accusant de faciliter l’agression américano-israélienne contre le territoire iranien. Amir Saeed Irvani, représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies, a adressé dans ce sens une lettre au Secrétaire général Antonio Guterres et au Président du Conseil de sécurité. La lettre comprenait deux demandes d’Amman : premièrement, cesser tout soutien ou facilitation d’actes hostiles contre l’Iran, et deuxièmement, empêcher l’utilisation continue de son territoire, de son espace aérien et de ses installations dans des activités nous visant.
L’Iran a déclaré qu’« il se réserve le droit de tenir la Jordanie responsable, conformément au droit international, de ses actions illégales », et a mis en garde dans le même temps contre les efforts continus visant à déformer les faits et à se soustraire à ses responsabilités, ce qui conduit à une dangereuse escalade menaçant la paix et la sécurité internationales.
L’ambassadeur iranien a appelé le Conseil de sécurité à s’attaquer aux causes profondes de la crise, notamment à ce qu’il a qualifié d’usage illégal de la force et de collusion avec des gouvernements ayant permis ces actions contre l’Iran, en pleine conformité avec la Charte des Nations Unies. Il a souligné « la responsabilité directe de la Jordanie dans les importants dommages humains, matériels et infrastructurels infligés à l’Iran à la suite de ces actions », notant que les autorités iraniennes procèdent à une évaluation et à une documentation complète de tous les dommages, y compris les victimes civiles et la destruction d’infrastructures vitales. Il a souligné que l’Iran a « le plein droit d’utiliser toutes les voies juridiques et judiciaires internationales disponibles pour garantir l’entière responsabilité et l’indemnisation des dommages »
Les États-Unis ont accéléré le déploiement de forces militaires au Moyen-Orient en vue d’une éventuelle prise de l’île de Kharg, rapporte le Jerusalem Post, citant ses sources. Des militaires américains engagés dans le conflit avec l’Iran remettent de plus en plus en question les objectifs de l’opération, rapporte HuffPost. Selon le média, certains déclarent ne pas vouloir mourir pour Israël ni être utilisés comme des « pions politiques ». Ils font également état d’une montée de l’anxiété liée au stress, à des problèmes de sécurité et à l’absence d’objectifs clairement définis. Le manque de planification est aussi pointé du doigt. D’après les militaires, une éventuelle opération terrestre se transformerait en « catastrophe totale », ajoutant que même la protection complète des bases au sol dans la zone de combat ne peut être garantie.
