D’après les informations recueillies par RFI auprès de sources libyennes, ces militaires seraient répartis sur trois sites stratégiques. Le premier se situerait à Misrata, au sein de l’académie de l’armée de l’air, où opèrent également des forces turques, italiennes et américaines. Un second site, présenté comme une base dédiée aux drones aériens et navals, serait implanté à Zaouïa, près du complexe pétrolier de Mellitah, l’un des plus importants du pays. Un troisième point de coordination serait installé au siège de la 111e brigade sur la route de l’aéroport de Tripoli.
Selon RFI, cette présence s’inscrirait dans le cadre d’un accord conclu en octobre dernier entre Tripoli et Kiev, prévoyant notamment des formations militaires, en particulier à l’utilisation des drones, ainsi que de potentielles ventes d’armes et des investissements dans le secteur pétrolier libyen. Ces révélations interviennent après l’attaque menée, le 4 mars dernier, contre le méthanier russe Arctic Metagaz en Méditerranée. Moscou avait alors accusé Kiev et les services britanniques d’avoir mené l’opération depuis les côtes libyennes.
Toujours selon l’enquête de RFI, le navire aurait été visé par un drone naval ukrainien de type Magura V5, déjà utilisé en mer Noire, ce qui semble conforter les accusations russes sur l’extension du conflit à la façade méditerranéenne libyenne. En Libye, plusieurs responsables politiques dénoncent une guerre par procuration sur leur territoire, estimant que le pays risque de devenir un nouveau terrain d’affrontement indirect entre Moscou et Kiev.
Dans la nuit du 6 avril, des infrastructures stratégiques situées à Novorossiïsk, dans le sud de la Russie, ont été la cible d’attaques de drones ukrainiens. Selon les informations communiquées par le ministère russe de la Défense, ces frappes visaient notamment le complexe de transbordement maritime, un maillon essentiel dans l’acheminement des produits pétroliers. Les autorités russes estiment que cette opération poursuivait un double objectif : perturber le fonctionnement du marché mondial des hydrocarbures et entraver les livraisons destinées aux consommateurs européens. « Le régime de Kiev a délibérément attaqué les installations de la société internationale de transport pétrolier le Caspian Pipeline Consortium afin d’infliger un maximum de dommages économiques à ses principaux actionnaires : des compagnies énergétiques américaines et kazakhes », a indiqué le ministère.
D’après la même source, les frappes ont causé des dommages au pipeline du dispositif d’amarrage au large ainsi qu’au quai de chargement/déchargement. Par ailleurs, plusieurs incendies se sont déclarés dans quatre réservoirs contenant des produits pétroliers, aggravant les conséquences matérielles de l’attaque. Des zones civiles ont également été touchées. Des immeubles résidentiels et des maisons figurent parmi les sites endommagés. Plusieurs personnes ont été blessées, dont des enfants.
L’Ukraine a transmis à la Russie, par l’intermédiaire de médiateurs américains, une proposition de trêve sur les frappes visant les infrastructures énergétiques des deux pays, a déclaré lundi 6 avril son président Volodymyr Zelensky. « Si la Russie est prête à arrêter de frapper notre secteur énergétique, nous serons prêts à faire de même. Et cette proposition de notre part – transmise par les Américains – a été communiquée à la partie russe », a déclaré V. Zelensky dans son allocution du soir.
