À la suite de sa démission, J. Kent a accordé un entretien au journaliste américain Tucker Carlson dans lequel il a déclaré qu’avant les frappes américaines contre l’Iran, « de nombreux décideurs clés n’ont pas été autorisés à rencontrer Trump pour lui faire part de leurs points de vue ». Il a également estimé que l’équipe du renseignement avait manqué de discernement dans les informations transmises au président sur l’Iran, affirmant que les décisions avaient été prises à huis clos et que les opinions divergentes et critiques n’avaient pas été intégrées au processus décisionnel.
J. Kent a indiqué qu’aucun renseignement concret ne démontrait que l’Iran préparait une attaque majeure contre des bases américaines ou le territoire des États-Unis.
Concernant Ali Khamenei, tué lors des frappes américano-israéliennes, l’ancien responsable US a affirmé que celui-ci maintenait le programme nucléaire iranien dans une ligne « modérée », estimant que sa mort pourrait renforcer le soutien populaire autour du régime. Il a ajouté que l’Iran n’était pas proche de se doter de l’arme nucléaire et que sa stratégie consistait à ne pas abandonner totalement son programme nucléaire.
J. Kent a également estimé que les États-Unis avaient été entraînés dans ce conflit par Israël, influençant fortement la politique américaine au Moyen-Orient. Il a critiqué les déclarations de Marco Rubio, secrétaire d’État américain, qui avait qualifié l’Iran de « menace imminente », jugeant cette analyse erronée. « Il n’y avait aucune raison de croire que l’Iran attaquerait sans provocation », a-t-il déclaré.
Interrogé sur l’idée que la menace immédiate ne viendrait pas de l’Iran mais d’Israël, J. Kent a répondu : « Exactement », estimant que cela posait la question de la direction de la politique américaine au Moyen-Orient. J. Kent a indiqué avoir échangé directement avec le président Trump avant son départ mercredi, précisant que celui-ci s’était montré « respectueux » et « à l’écoute ». Il a ajouté qu’il quittait ses fonctions en bons termes avec le président et s’est dit ouvert à un nouvel échange à l’avenir.
J. Kent a par ailleurs affirmé que le ministère de la Justice et le FBI n’avaient pas autorisé l’examen d’éventuels liens étrangers dans l’enquête sur la mort de l’activiste Charlie Kirk. Concernant les archives liées à l’assassinat de l’ancien président John F. Kennedy en 1963, Kent a estimé qu’elles ne contenaient pas d’éléments susceptibles de « bouleverser le monde ».
J. Kent avait annoncé sa démission le 17 mars sur les réseaux sociaux, déclarant ne pas pouvoir « soutenir en conscience » la guerre en cours contre l’Iran. Il avait affirmé que l’Iran ne constituait pas une menace immédiate pour les États-Unis et accusé son pays d’avoir lancé ces frappes sous la pression d’Israël et de groupes d’influence américains. Ayant participé à onze opérations de combat au cours de sa carrière, J. Kent a indiqué ne pas pouvoir soutenir l’envoi de nouvelles générations de soldats « dans une guerre qui n’apporte aucun bénéfice au peuple américain ».
