Interrogé sur la position du gouvernement syrien intérimaire sur la question de l’exclusivité des armes aux mains de l’Etat, le chef de la diplomatie syrienne a assuré ne l’avoir nullement évoquée lors de sa réunion avec son hôte libanais. Selon le correspondant d’al-Manar, il a assuré avoir parlé des relations bilatérales, niant avoir parlé du Hezbollah avec N. Berri. Il a indiqué qu’une rencontre avec le Hezbollah n’est pas prévue pour le moment, mais peut-être dans l’avenir, si les intérêts des deux pays l’exigent.
Le ministre syrien, qui avait effectué en octobre 2025 sa première visite au Liban avait auparavant été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée. Les deux hommes ont discuté du « renforcement des relations bilatérales sur la base du respect mutuel et du bon voisinage », des mécanismes visant à renforcer la coopération économique, ainsi que des derniers développements régionaux et internationaux d’intérêt commun, selon l’agence SANA.
Aoun a affirmé à A. Chibani que le Liban s’engageait à « établir une relation fraternelle entre les deux pays, fondée sur la coopération, la coordination et la non-ingérence dans les affaires intérieures des deux pays ».
Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s’impliquer au Liban, malgré les incitations du président américain répétées à plusieurs reprises que la Syrie pourrait « s’occuper du Hezbollah ».
Mais le président syrien, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir et de rouvrir les plaies du passé.
LePremier ministre libanais avait également eu des entretiens avec le chef de la diplomatie syrienne. « Nous avons signé un accord pour la création d’un comité supérieur conjoint libano-syrien afin de renforcer la coopération entre les deux pays », a indiqué Nawaf Salam.
Rejet de la capitulation
Hassan Fadlallah a affirmé que « la position de rejet de « l’accord de soumission » n’est pas un simple différend politique avec le pouvoir, mais l’expression d’une divergence fondamentale. Elle oppose ceux qui restent attachés au Liban en tant qu’État doté d’une souveraineté nationale sur l’ensemble de son territoire à un pouvoir qui a signé un acte de capitulation par lequel il a bradé la souveraineté ainsi que les droits légitimes qu’aucun pouvoir n’est autorisé à concéder selon l’accord de Taëf, la Constitution, les lois libanaises et le droit international, en particulier le droit de libérer la terre et le retour des habitants dans leurs villages ».
Le député a déclaré, depuis le Parlement, que « le pouvoir doit lire et entendre les positions de la majorité des Libanais, dans la diversité de leurs appartenances confessionnelles et politiques, qui rejettent cet accord, et qu’il ne doit pas renier son peuple. Ayant été incapable de trouver une seule voix nationale pour lui accorder une couverture à son crime contre la patrie, ce pouvoir tente de masquer la laideur de ce qu’il a commis en invoquant des produits cosmétiques périmés, fabriqués à partir des restes du 17 mai, ce qui n’a fait qu’accentuer sa laideur ».
« Au lieu de fournir des explications contradictoires pour tenter de justifier les concessions gratuites qu’il a accordées à l’ennemi — notamment la légitimation de l’occupation, l’interdiction du retour des habitants et l’arrêt de toutes les formes de poursuites judiciaires pour les crimes commis par l’ennemi contre les Libanais —, le pouvoir doit impérativement revenir sur son choix de concession. Un choix qui ne sert que l’occupation et ses projets de sabotage pour le pays, alors qu’il devrait retourner dans le giron de son peuple ainsi qu’aux obligations du Pacte national et de la Constitution. Sinon, il passera le reste de son mandat constitutionnel à ne récolter que l’échec, car il sera en conflit avec la majorité des Libanais et le symbole du bradage de l’unité de la patrie et de l’intégrité de ses territoires », a-t-il ajouté. « Nous rejoignons toutes les positions nationales sur la nécessité de consolider notre pays et de faire face aux dangers de cet accord, sur la base du souci de la souveraineté nationale et de la nécessité de construire un État capable et juste pour tous ses enfants, qui leur assure les moyens de protection et de prise en charge, et qui tire profit de tous les facteurs de force dans le cadre d’une stratégie de sécurité nationale rassurant les Libanais soucieux de leur pays. »
Et le député de Bloc de la résistance de souligner que « notre cher Sud n’est pas un champ d’expérimentation pour l’ennemi, ni pour les politiques d’un pouvoir défaillant. Nous ne lui permettrons pas d’imposer la volonté de l’occupation sur notre terre, et nous contraindrons l’ennemi à s’en retirer, grâce aux sacrifices de nos martyrs, à la résilience de notre peuple et au grand soutien apporté par la République islamique, ainsi qu’à l’insistance de cette dernière à imposer le retrait israélien du Sud dans ses négociations avec les États-Unis. C’est l’opportunité disponible aujourd’hui, et l’Iran l’a mise entre les mains de l’État au Liban pour mener des négociations indirectes sur cette base, mais le pouvoir la renie et s’obstine à tenter de la faire dérailler ».

