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Guerre fratricide au Soudan : Al-Geneïna, au Darfour, sinistrée

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Alors que les combats continuent à secouer le Soudan, Solidarités International a été la première ONG à entrer la semaine dernière à l'ouest du Darfour et dans la ville d'el-Geneina. Une ville brûlée à 70%, assure l’ONG qui attire l’attention sur une situation humanitaire catastrophique.
Al-Geneïna, au Darfour, sinistrée

Spécialisée dans le domaine de l’assainissement de l’eau, Solidarités international a pu entrer dans le chef-lieu du Darfour occidental. Justine Musik Piquemal, qui dirige l’équipe de cette ONG, « n’a pas vu de corps ni sur la route, ni dans la ville », alors que des responsables locaux de la ville évoquent plus de 5.000 morts dont les corps auraient été nettoyés après avoir jonché les rues jusqu’à il y a une semaine.

Au-delà de ces soupçons, les besoins humanitaires de la population qui n’ont pas fui el-Geneina sont énormes, selon cette responsable : « Dans les discussions qu’on a pu avoir avec la population d’el-Geneina, clairement, ils sont en manque de tout. il n’y a absolument plus rien dans la ville, il n’y a plus de marché car il a été brûlé, les voies commerciales entre le Tchad et le Soudan sont fermées, donc il y a une vraie problématique humanitaire. » Et d’ajouter que « dans el-Geneina, aujourd’hui, on peut considérer qu’il y a 70 % de la ville qui a été brûlée, détruite, ou en tout cas saccagée, explique Justine Musik Piquemal. On a pu aussi aller jusqu’à notre bureau qui – pour l’instant – n’est toujours pas pillé. Nous avons pu rencontrer nos équipes soudanaises qui, elles aussi, ont repris le travail. Aujourd’hui, elles travaillent à faire la distribution de l’eau potable. Les besoins sont très clairs et très clairement identifiés, mais une vraie coordination des Nations unies et des ONG sur le travail est importante. La population meurt de faim. »

« On sait que l’année dernière, sur l’Ouest-Darfour, on avait des centaines de milliers de cas de choléra et des cas de variole du singe, qui étaient dans les camps de déplacés. Il n’y a aucune raison qu’il n’y en ait pas cette année. Surtout maintenant, dans les conditions sanitaires dans lesquelles les gens sont aujourd’hui, sur l’Ouest-Darfour, poursuit-elle. Il faut qu’on travaille très rapidement et qu’on ne laisse pas cette population dans l’oubli absolu. » Selon elle, plus de 120 000 réfugiés qui étaient abrités dans des écoles ou des bâtiments administratifs se trouvent sans logement, notamment après des combats « extrêmement violents entre la RSF (Forces paramilitaires de soutien rapide (commandées par le général dit « Hemedti »), la SAF (Forces armées soudanaises – NDLR) et les milices arabes et les milices masalit dans la ville ».

L’ONU s’est récemment inquiétée de possibles « crimes contre l’humanité » au Darfour. La ville d’al-Genaïna, à l’ouest du Darfour, a connu de très violents combats. Mais J. Musik Piquemal, a surtout été frappée par le silence qui domine la ville. « Le silence est très impressionnant, il n’y a pas de bruit, les gens ne parlent pas : ils chuchotent. Il y a très peu de gens dans la rue, et on sait qu’il y a encore des habitants puisque nous faisons de la distribution d’eau potable et on sait qu’il y a des queues énormes à notre distribution, parce qu’on est loin de couvrir tous les besoins. Mais quand on rentre d’al-Geneina, c’est le silence. Il n’y a pas de bruit, il n’y a pas de bruit du tout. Donc malgré le fait qu’il y ait des pick-up de militaires ou des gens qui marchent un peu dans la rue, c’est extrêmement silencieux, c’est très impressionnant. J’ai écrit, il n’y a pas très longtemps, sur mon LinkedIn que la guerre ne faisait pas de bruit. Je le redis encore une fois, ce silence est extrêmement pesant dans la ville. »

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