D’après les médias et les correspondants présents sur place, des centaines de milliers, voire plusieurs millions de personnes ont participé à la procession organisée dans la capitale. Dès l’aube, les premiers participants se sont regroupés le long des grands axes de Téhéran. Le cortège a ensuite progressé vers les principales places du centre-ville, jusqu’à la place Azadi. Le cercueil du leader a été transporté à bord d’un camion aménagé en sanctuaire funéraire. Le véhicule transportait aussi les dépouilles de plusieurs membres de sa famille, tués lors des mêmes frappes. Le convoi était encadré par des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique, ainsi que par plusieurs milliers de policiers et de militaires mobilisés pour assurer la sécurité.
Dans la foule, de nombreux participants portaient des portraits d’Ali Khamenei, des drapeaux iraniens et des images de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. Des drapeaux rouges, associés dans la tradition chiite à l’appel au châtiment des responsables, étaient également visibles tout au long du parcours. Le deuil s’est accompagné d’une forte colère contre les États-Unis et Israël, après les frappes ayant coûté la vie à A. Khamenei et à plusieurs membres de sa famille. Des slogans hostiles à Washington et à Israël ont été scandés pendant la procession. Des messages visaient également Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, qui avait soutenu les frappes américaines contre l’Iran.
Tasnim rapporte que des participants ont lancé des pierres contre une grande image du président américain Donald Trump portant les inscriptions : « Nous ne te laisserons pas partir » et « Les États-Unis ont tué notre père ». D’autres manifestants ont brandi des pancartes visant des responsables américains et israéliens, dans une atmosphère marquée par l’émotion, la colère et les appels au châtiment des responsables. La dimension religieuse est restée au cœur des cérémonies. Selon Tasnim, des millions de fidèles ont participé aux prières funéraires pour Zahra, la petite-fille de 14 mois d’Ali Khamenei, tuée lors des frappes américaines et israéliennes. Son père conduisait les premiers rangs des fidèles pendant les prières.
Les cérémonies de deuil avaient commencé plusieurs jours avant la grande procession du 6 juillet. Les cercueils d’Ali Khamenei et de quatre membres de sa famille ont ensuite traversé Téhéran devant une foule très nombreuse. La cérémonie a aussi eu une dimension diplomatique. Après Téhéran, le deuil doit se poursuivre dans la ville sainte de Qom, puis dans les villes irakiennes de Nadjaf et Kerbala. L’inhumation est prévue à Machhad, ville natale d’Ali Khamenei.
Les Américains contre la guerre
A signaler qu’une majorité d’électeurs américains estime que la guerre menée par Donald Trump contre l’Iran ne justifie pas son coût, selon un récent sondage du Financial Times. Ce sondage souligne l’impact négatif de cette guerre d’agression sur la popularité du président à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.
Un sondage national réalisé la semaine dernière par Focaldata a révélé que 58 % des électeurs inscrits estimaient que la guerre ne justifiait pas son coût. Par ailleurs, 44 % des électeurs affirment que le conflit a affaibli la position des États-Unis face à l’Iran, contre seulement 31 % qui pensent le contraire. La Maison-Blanche a demandé au Congrès d’approuver 67 milliards de dollars de nouvelles dépenses fédérales pour couvrir les coûts de la guerre à ce jour.
Un sondage du Financial Times a révélé que les électeurs étaient majoritairement sceptiques quant au prétendu mémorandum d’entente signé entre Washington et Téhéran. Environ deux tiers (66 %) ont déclaré que l’accord n’aurait que peu ou pas d’impact sur la paix et la stabilité en Asie de l’Ouest, et qu’il pourrait accroître l’instabilité et le risque de conflit. Seul un électeur sur cinq pensait que l’accord mènerait à la paix.
Le sondage a également mis en lumière l’impact négatif sur la popularité de D. Trump de la guerre qui a entraîné une forte hausse des prix de l’essence et d’autres biens de consommation cette année. Seuls 36 % des électeurs approuvaient l’action de D. Trump en tant que président, soit une baisse de deux points par rapport au mois précédent. Parmi les électeurs indépendants, la baisse a été plus marquée, avec un taux d’approbation de seulement 21 %, soit une chute de huit points.
À la veille du sommet de l’OTAN qui se tient cette semaine à Ankara, le sondage révèle que 53 % des électeurs estiment que les États-Unis devraient rester membres de l’organisation, contre 23 % qui pensent qu’ils devraient la quitter. Depuis des années, D. Trump menace de quitter l’OTAN, la qualifiant de « tigre de papier » et critiquant les alliés européens pour leur refus de participer à la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran.
En vue des élections de mi-mandat de novembre, le sondage montre que les démocrates sont en position de force. Les personnes interrogées donnent aux démocrates une avance de six points (44 % contre 38 %) lorsqu’on leur demande quel candidat-ils soutiendront au Congrès. Cependant, les républicains affichent un enthousiasme électoral plus important : les trois quarts des républicains se déclarant électeurs estiment à 8 ou plus la probabilité de voter en novembre sur une échelle de 1 à 10, contre 69 % des démocrates et 56 % des indépendants.

