Le président du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) a affirmé lundi que son instance était pleinement prête à assumer ses responsabilités « dès que les capacités et les conditions nécessaires à son fonctionnement seront réunies ». « Les conditions fondamentales pour la réussite du travail du comité sont l’existence d’une seule autorité, d’une seule loi avec une référence claire, et d’une seule force armée placée sous cette autorité », a déclaré Ali Shaath, président du NCAG, dans un communiqué.
Selon lui, ces conditions sont indispensables pour instaurer l’environnement politique, administratif et sécuritaire permettant au comité d’exercer efficacement ses missions et de servir les intérêts de l’ensemble des Palestiniens de la bande de Gaza.
Cette déclaration intervient peu après l’annonce par les autorités de Gaza de la dissolution de leur organe de gouvernance et de la démission de son président par intérim, dans le cadre des préparatifs visant à transférer l’administration de l’enclave au NCAG. Le NCAG se présente comme un organisme non politique chargé de la gestion des affaires civiles courantes de la bande de Gaza. Composé de personnalités nationales palestiniennes, il est basé au Caire depuis la mi-janvier, mais n’a pas encore commencé à exercer ses fonctions depuis l’intérieur de la bande de Gaza.
A rappeler que le président égyptien a déclaré, samedi, qu’il n’y aurait « aucune normalisation populaire » avec Israël sans une paix juste mettant fin à l’occupation israélienne des territoires palestiniens et conduisant à la création d’un État palestinien indépendant. Ces déclarations ont été faites lors d’un discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du siège du Commandement stratégique de l’État dans la nouvelle capitale administrative égyptienne, située à l’est du Caire, selon un communiqué de la présidence égyptienne. « Il n’y aura ni paix durable, ni véritable stabilité, ni normalisation populaire sans une paix juste qui mette fin à l’occupation, à l’injustice et à l’agression, rétablisse les droits de leurs propriétaires légitimes et garantisse la sécurité pour tous », a déclaré Abdel Fattah al-Sissi. Et le Raïs de rappeler que la paix juste offrirait aux peuples de la région « une opportunité de vivre dans la stabilité et la prospérité ».
Le président égyptien a également appelé à soutenir le cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur en octobre 2025, ainsi qu’un récent accord-cadre conclu entre l’Iran et les États-Unis afin de mettre un terme à leur conflit. Il a également exhorté à empêcher toute tentative visant à compromettre ces initiatives.
Évoquant le nouveau Commandement stratégique de l’État, A. al-Sissi a indiqué qu’il représentait une avancée majeure dans les capacités de l’Égypte en matière de commandement, de contrôle et de gestion opérationnelle. Selon lui, cette installation comprend des infrastructures technologiques avancées, des systèmes de communication sécurisés, des capacités de collecte et d’analyse du renseignement ainsi qu’un cadre intégré reliant les responsables politiques et militaires. « Ce commandement n’est pas seulement chargé de gérer les situations militaires, il constitue également une pierre angulaire de la capacité de l’État à faire face aux défis et aux circonstances exceptionnelles », a-t-il ajouté.
Dérives israéliennes
La violence des Israéliens contre les Palestiniens ne connait pas de limite. Un soldat israélien a attaqué des Palestiniens dans le camp de Qalandia, au nord de Jérusalem occupée en jetant une bombe dans leur véhicule. Les caméras de la rue qui ont filmé ce crime ont montré le soldat lancer la grenade dans le véhicule puis fermer la portière pour empêcher le conducteur de s’en échapper. Après l’explosion, le soldat a continué son comportement agressif en traquant les jeunes hommes qui avaient fui le véhicule. Les images le montrent aussi en train de les insulter et de menacer de leur tirer dessus à balles réelles, alors qu’ils étaient cachés derrière le véhicule.
Selon le Haaretz, l’assaillant est membre des gardes-frontières. La police israélienne a affirmé que les agissements du soldat violaient les procédures établies et annoncé le transfert de l’affaire au département des enquêtes policières. Enquêtes qui dans plusieurs cas précédents d’infraction et d’agression n’ont jamais abouti, ne parvenant ni à dissuader les soldats ni à mettre fin à leurs crimes.
La Cisjordanie occupée et la région d’al-Qods fait l’objet d’une escalade des violences des colons sous la protection de l’armée israélienne depuis l’avènement du gouvernement de Benjamin Netanyahu dont les ministres ne cachent pas leurs velléités de vouloir l’annexer. En plus des projets d’extension des colonies, de création de nouvelles, les attaques contre les Palestiniens son presque quotidiennes pour les pousser à partir selon les habitants.
Le ministère palestinien de la Santé ayant publié un communiqué annonçant la mort de Walid Nidal Abu Suneina, âgé de 16 ans, grièvement blessé par les forces d’occupation israéliennes, ainsi que deux autres enfants blessés aux membres inférieurs. Ces derniers jours, les colons ont attaqué plusieurs villages à Mousafer Yata, au sud d’al-Khalil. Ils ont même attaqué les moutons dans l’un d’entre eux en les écrasant avec leur voiture. Ils ont attaqué des oliveraies dans la localité al-Qasra au sud de Naplouse, où 500 oliviers ont été arrachés.
A signaler aussi qu’une base militaire israélienne est en cours de construction dans la ville de Jénine, en zone A, normalement sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. C’est une première depuis les accords d’Oslo dans les années 1990. Pour permettre les travaux, des habitants du secteur ont été expulsés de leurs logements.
- Safiya inquiète
Ces derniers mois, des images de prisonniers palestiniens amaigris ou blessés à leur sortie des prisons israéliennes ont ravivé les inquiétudes sur leurs conditions de détention. Aujourd’hui, c’est le sort du Dr Hussam Abu Safiya, directeur d’un des plus importants hôpitaux du nord de Gaza, et détenu depuis 2024, qui inquiète. Nasser Odeh, son avocat, craint pour sa survie. « C’est la dernière fois que vous me voyez, ils m’ont amené ici pour me tuer » : voilà ce qu’aurait dit le médecin à son avocat quand il a pu lui rendre visite jeudi dernier. Il décrit son client comme méconnaissable, très amaigri. Il aurait perdu une quarantaine de kilos. Sur des images extraites de son audition devant la Cour suprême début juin, au cours de laquelle il conteste sa détention, le docteur apparaît effectivement le visage creusé. Son appel a été rejeté.
Toujours selon son avocat, le médecin palestinien serait régulièrement battu et privé par intermittence de ses médicaments contre l’hypertension.
Abu Safiya est détenu depuis décembre 2024 et n’a toujours pas été jugé. Comme 17 autres médecins et 58 travailleurs de santé arrêtés à Gaza depuis le 7 octobre 2023, il est détenu sous le régime israélien des « combattants illégaux », qui permet l’emprisonnement illimité de Palestiniens sans inculpation ni procès. Quand il exerçait encore à l’hôpital Kamal Adwan, le médecin avait dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il décrivait comme une destruction méthodique par Israël des infrastructures de santé.
Le service des prisons israélien assure de son côté que tous les prisonniers sont détenus conformément à la loi et reçoivent des soins médicaux appropriés.

