Le New York Times a dit « appréhender l’aggravation d’un épuisement des stocks de missiles intercepteurs de l’armée israélienne dans les semaines à venir si la guerre s’éternise ». De même, le site web américain Semaphore a rapporté, citant un responsable américain, qu’« Israël » avait informé les États-Unis que son stock de missiles intercepteurs destinés à contrer les missiles balistiques était en train de s’épuiser.
Même constat de défaillance dans une tribune publiée par le quotidien italien La Repubblica. Son correspondant militaire Gianluca De Vio affirme que le système de défense aérienne israélien montre des signes de détérioration et perd en efficacité face aux attaques de grande envergure lancées par l’Iran. Il note que les Gardiens de la révolution iraniens ont utilisé leurs armes les plus récentes et les plus puissantes, et que leurs munitions à fragmentation continuent de pénétrer les défenses aériennes israéliennes. « Tel Aviv réduit progressivement son utilisation des systèmes Arrow 3, les seuls capables d’intercepter un barrage de munitions à fragmentation, mais le stock de ces systèmes est extrêmement limité », a-t-il ajouté. Tout en assurant que « quatre-vingts missiles ont été utilisés pour repousser la première frappe de représailles iranienne, alors qu’une cinquantaine avaient été utilisés lors d’un conflit en juin 2025. »
G. De Vio a souligné que « l’armée israélienne, confrontée à une pénurie de missiles Arrow 3, s’appuie de plus en plus sur le système de défense aérienne Fronde de David, mais ce système détruit les projectiles entrants à la fin de leur trajectoire, ce qui est souvent trop tard pour empêcher le lancement de munitions à fragmentation. » Et relevé que « la production est lente et il faut trois ans pour reconstituer les stocks.»
Il en est de même pour la situation des forces américaines, le correspondant italien a confirmé que « les inquiétudes grandissent au sein du Pentagone quant à la perte de capacité de défense antimissile, et ces inquiétudes préoccupent les États du Golfe. Les États-Unis ont déployé des batteries du système de défense antimissile THAAD et des missiles intercepteurs Standard SM-3 embarqués sur navires, en plus de plusieurs batteries de Patriot PAC-3. »
Il a poursuivi qu’« au cours des 36 premières heures seulement, ces forces ont lancé un nombre considérable de missiles : 80 missiles THAAD, contre 150 en juin (2025), soit un tiers du total des missiles disponibles ». La production de ces missiles n’excède pas 40 par an, et ils ne seront pas remplacés avant 2030. Le Centre d’études internationales (CSIS) aussi constate que les États-Unis sont en réalité en train de manquer progressivement de missiles guidés pour cibler l’Iran. Le centre a estimé que, durant les six premiers jours de la « troisième guerre du Golfe », les États-Unis ont lancé 786 missiles JASSM et 319 missiles TLAM « Tomahawk ».
Il a noté que les États-Unis ne possédaient que 3 500 missiles JASSM avant la guerre et que 22,4 % de ce stock avait été épuisé dès les six premiers jours. Il est fort probable que le 22 mars, plus de la moitié du stock de JASSM aura été consommée, car il semble s’agir de la principale arme d’attaque à longue portée utilisée par les bombardiers B-52, B-1 et B-2 de l’US Air Force.
Il a déclaré que le ministère de la Défense (le Pentagone) n’a passé aucune nouvelle commande de missiles JASSM pour 2026, de sorte que les stocks d’AGM-158 JASSM ne seront pas reconstitués de sitôt.
En ce qui concerne les missiles Tomahawk (TLAM), le stock d’avant-guerre était d’environ 3 200 missiles de croisière, ce qui signifie que 10 % du stock d’avant-guerre a été épuisé au cours des six premiers jours de la troisième guerre du Golfe.
Selon ce même rapport du CSIS, le Pentagone n’a demandé que 190 nouveaux missiles Tomahawk en 2026, soit un peu plus de la moitié de ceux lancés au cours des six premiers jours, et le stock de missiles de croisière Tomahawk s’est détérioré depuis.
