Selon le Yediot Ahronoth, cette demande est apparue dans une lettre adressée à la Maison Blanche dimanche soir, à la veille de la rencontre entre D. Trump et Benjamin Netanyahu attendu à Washington. Les signataires qui appartiennent à l’organisation « Leaders pour la sécurité d’Israël » y demandent au président américain d’intervenir personnellement et de faire pression sur Tel Aviv pour que les violences cessent, soulignant que « le terrorisme est le terrorisme ».
« Monsieur le Président, vous seul pouvez empêcher cette catastrophe. Nous espérons sincèrement que vous profiterez de votre prochaine rencontre avec notre Premier ministre pour lui adresser un message fort et clair à ce sujet », ont-ils souligné.
Cette organisation se présente comme le plus grand mouvement en Israël, regroupant des généraux et des officiers de réserve, ainsi que d’anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de la police, du Conseil national de sécurité et du ministère des Affaires étrangères. Elle compterait environ 600 membres, qui soutiennent la séparation sécuritaire d’avec les Palestiniens et la progression vers une solution à deux États dans un cadre régional.
Dans la lettre, ces membres estiment que la poursuite des violences et des politiques visant à « étrangler l’Autorité palestinienne, économiquement et par d’autres moyens », détruiront la sécurité d’Israël, compromettront toute la stabilité régionale et feront échouer les initiatives diplomatiques promues par D. Trump. La lettre évoque également les répercussions des événements actuels, avertissant que la violence des colons pourrait entraver la mise en œuvre du plan en 20 points de D. Trump sur la bande de Gaza, contrecarrer son ambition d’étendre les « accords d’Abraham » et même inciter les États signataires à reconsidérer leurs relations avec Israël. « Ce programme menace de compromettre la sécurité d’Israël, de nuire aux intérêts américains et de déstabiliser la région », ajoute la lettre.
La lettre n’était pas réservée à la Maison-Blanche ; elle était également adressée à des personnalités influentes du cercle rapproché de D. Trump, notamment son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff. Parmi ses signataires figuraient d’éminents responsables de la sécurité, dont l’ancien chef du Mossad Danny Yatom, l’ancien chef du Shin Bet Ami Ayalon et le général de division (à la réserve) Matan Vilnai, qui fut chef d’état-major adjoint et vice-ministre de la Défense.
Ils ont également accusé des membres du gouvernement de B. Netanyahu de promouvoir directement la violence des colon. « Nul n’ignore que certains membres de notre gouvernement actuel orchestrent une grande partie de ce chaos », se basant sur le fait que ces ministres protègent leurs partisans, qu’ils décrivent comme « armés et motivés par des convictions religieuses », ce qui entrave de fait l’application de la loi à leur encontre, écrivent-ils Selon les signataires, cette réalité place les forces de sécurité face à un dilemme quasi impossible : soit agir conformément à leur jugement professionnel et à leur devoir – ce qui exige une application ferme de la loi –, soit obéir aux instructions des dirigeants politiques, comme l’exige un « système démocratique ».
La lettre expliquait également que les services de sécurité israéliens sont compétents pour gérer le Mouvement de résistance islamique ( Hamas ) et d’autres organisations palestiniennes en Cisjordanie occupée, mais sont incapables de lutter efficacement contre le terrorisme juif dans cette région. En conclusion, les hauts responsables ont exhorté D. Trump à ne pas considérer leur avertissement comme un scénario théorique, ajoutant que « la tendance est claire et les preuves sont claires. Ne soyons pas surpris une fois de plus par un autre 7 octobre. »
Dénonciation palestinienne
Depuis la formation du gouvernement d’extrême-droite de B. Netanyahu en 2022, les attaques de colons contre la Cisjordanie occupée ont connu une hausse très importante, dans le cadre de la politique destinée à expulser les Palestiniens en vue de l’annexer. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a annoncé dimanche avoir adressé un mémorandum urgent aux gouvernements du monde entier, appelant à une action internationale « immédiate » afin de mettre un terme à l’escalade des attaques menées par les occupants et les forces israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est. Selon le ministère, ce mémorandum a été transmis par l’intermédiaire des ambassades et des missions diplomatiques accréditées auprès de la Palestine, dans un contexte marqué par une intensification de ce qu’il qualifie de « terrorisme de l’occupant », soutenu par le gouvernement israélien.
Le ministère a également indiqué avoir placé les missions diplomatiques palestiniennes en « état d’alerte maximale », tout en poursuivant ses contacts avec les gouvernements, les parlements et les organisations internationales au sujet des homicides quotidiens, des incendies de mosquées, de maisons et de biens, ainsi que des fermetures de routes entre les villes et les villages de la Cisjordanie occupée. Selon le ministère, ces attaques ne constituent pas des incidents isolés, mais s’inscrivent dans le cadre d’une « politique officielle et systématique d’Israël », qui offre aux occupants une protection politique et militaire.
Enfin, il a averti que la poursuite de l’impunité accorde aux forces israéliennes et aux occupants un « feu vert » pour intensifier les attaques, étendre les colonies, déplacer de force les Palestiniens et poursuivre des projets d’annexion et de nettoyage ethnique.
A signaler que l’avion transportant le Premier ministre israélien vers les États-Unis a une nouvelle fois emprunté les espaces aériens de la Grèce, de l’Italie et de la France, pourtant États parties à la Cour pénale internationale (CPI), malgré le mandat d’arrêt émis à son encontre. Selon les données du site FlightRadar, l’appareil ayant décollé d’Israël à la mi-journée a de nouveau survolé l’espace aérien de plusieurs pays européens membres de la CPI.
Lors de ses précédents déplacements, B. Netanyahu, qui évitait de survoler de nombreux pays par crainte d’une arrestation, avait utilisé les espaces aériens grec et italien pour se rendre à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, sans toutefois entrer dans l’espace aérien français. La CPI a émis, le 21 novembre, des mandats d’arrêt contre B. Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza.
Le génocide se poursuit
L’armée israélienne a tué dimanche le chef de la Direction de la sécurité intérieure du centre de la bande de Gaza ainsi qu’un autre officier lors d’une frappe aérienne visant leur véhicule à Deir al-Balah, a annoncé le ministère de l’Intérieur de l’enclave palestinienne. Dans un communiqué, le ministère a indiqué que le colonel Wael Mousa al-Ladawi, 44 ans, et le commandant Ramez Tawfiq Abu Zureiq, 49 ans, avaient été tués dans cette attaque. Selon la même source, les deux responsables de la police circulaient à bord d’un véhicule à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, lorsqu’il a été pris pour cible par un avion israélien.
Par ailleurs, neuf Palestiniens supplémentaires ont été tués par des tirs de l’armée israélienne dans la bande de Gaza au cours des dernières 24 heures, portant à 73 326 le nombre total de morts depuis octobre 2023, a annoncé dimanche le ministère de la Santé. Dans un communiqué, le ministère a indiqué que les hôpitaux de Gaza ont reçu les corps de neuf victimes, dont sept Palestiniens tués récemment et deux autres décédés des suites de blessures subies lors de précédentes attaques israéliennes. Le ministère a également précisé que 36 blessés ont été admis dans les hôpitaux au cours de la même période, portant le nombre total de blessés à 173 997. Selon la même source, de nombreuses victimes restent ensevelies sous les décombres ou gisent sur les routes, les équipes d’ambulances et de la défense civile étant dans l’incapacité de leur porter secours en raison de la poursuite des attaques israéliennes.
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, l’armée israélienne a poursuivi ses attaques quotidiennes, faisant au moins 1 200 morts et 3 888 blessés supplémentaires, selon le ministère de la Santé de Gaza. Depuis octobre 2023, la guerre israélienne a laissé l’enclave palestinienne en ruines, tandis que les 2,4 millions d’habitants de Gaza continuent de faire face à une crise humanitaire catastrophique.

