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Trêve fragile entre l’Iran et les USA : D. Trump parle de négociations que les Iraniens ignorent !

by Perspectives Med
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Trêve fragile entre l’Iran et les USA : D. Trump parle de négociations que les Iraniens ignorent !

Le président américain laisse « un peu d’espace » aux discussions diplomatiques avec l’Iran, a déclaré Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, alors que les frappes dans la région sont restées suspendues pour une deuxième nuit consécutive. « Le président garde toutes les options sur la table », a déclaré le diplomate à NBC News, dimanche. Il a précisé que, bien que les négociations se poursuivent « à tous les niveaux », les dirigeants iraniens devraient prendre très au sérieux les déclarations du président américain. Interrogé sur une éventuelle décision de D. Trump de renoncer à une escalade, M. Waltz a répondu : « Je n’irais pas jusque-là. » Par ailleurs, il a assuré que l’armée américaine est « prête à intervenir », ajoutant que des moyens militaires supplémentaires ont été déployés dans la région afin de cibler ceux qui ont « illégalement attaqué des navires civils ». Une deuxième nuit consécutive s’est écoulée sans qu’aucune frappe américaine ou iranienne ne soit signalée, après deux semaines de bombardements soutenus, tandis que le Pakistan et le Qatar ont intensifié leurs efforts de médiation pour favoriser une désescalade plus large entre Washington et Téhéran. En juin, Washington et Téhéran ont signé un protocole d’accord comprenant un cessez-le-feu, à la suite d’une médiation menée par le Qatar et le Pakistan, ouvrant la voie à des négociations en vue d’un accord final destiné à mettre fin au conflit.

D. Trump a suspendu, pour l’heure, ses projets d’intensification des opérations militaires contre l’Iran en raison des inquiétudes liées à l’épuisement des stocks américains de missiles de défense aérienne, a rapporté samedi le New York Times. Cette décision fait suite à une réunion tenue vendredi avec de hauts responsables de son administration et des membres de son cabinet. Selon le quotidien, des responsables militaires ont averti qu’une reprise d’opérations militaires de grande ampleur risquerait d’épuiser dangereusement les missiles intercepteurs Patriot et d’autres munitions indispensables à la protection des soldats américains et des bases situées en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis. L’administration Trump craint également qu’une nouvelle escalade n’entraîne des représailles iraniennes plus importantes, ne fragilise les relations avec les alliés du Golfe et n’aggrave les crises énergétique et migratoire à l’échelle mondiale.

Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées américain, aurait indiqué aux responsables qu’une vaste opération militaire était réalisable, mais qu’elle réduirait considérablement les capacités de défense aérienne du Commandement central américain (CENTCOM). Ces préoccupations se sont accentuées après la mort de trois soldats américains en Jordanie, lorsqu’un missile balistique iranien a réussi à franchir les défenses américaines lors d’une attaque combinant missiles et drones. Toujours selon le New York Times, qui cite des estimations internes et des responsables du Congrès, le Pentagone a déjà utilisé plus de 1 200 missiles intercepteurs Patriot depuis le début du conflit, ramenant les stocks à un niveau jugé préoccupant.

D. Trump envisageait auparavant une campagne de bombardements en plusieurs phases visant notamment les radars côtiers iraniens, les lanceurs de missiles antinavires, les vedettes d’attaque et d’autres installations accusées d’être liées aux attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Des frappes supplémentaires contre des infrastructures énergétiques, des ponts ferroviaires utilisés pour le transport de matériel militaire ainsi que des sites nucléaires iraniens figuraient également parmi les options étudiées.

Ces derniers jours, le Pentagone a renforcé son dispositif au Moyen-Orient en déployant davantage de troupes, d’armes et d’équipements en prévision d’une éventuelle escalade. Certains responsables se sont toutefois interrogés sur l’efficacité d’une campagne de bombardements plus vaste, estimant qu’elle risquerait de renforcer la cohésion interne en Iran plutôt que de ramener Téhéran à la table des négociations. Selon le journal, les principaux conseillers de D. Trump lui recommandent désormais de privilégier la poursuite des négociations, de maintenir le blocus naval et d’accentuer la pression économique sur l’Iran sur une période plus longue.

Gestion d’Ormuz

La télévision iranienne a rapporté que 6 navires ont tenté, lundi à l’aube, et sous l’incitation de l’armée américaine, de traverser via la voie sud illégale dans le détroit d’Ormuz. La source a confirmé que l’un des navires contrevenants a été victime d’un incident, tandis que les autres navires ont été reconduits vers le Golfe « sous la gestion ferme de l’Iran ». La source a souligné que la voie de navigation dans le détroit d’Ormuz est celle qui a été définie, alors que les autres voies sont impracticables et ne mènent à aucune destination. Le détroit d’Ormuz reste fermé à la suite des agressions américaines contre des zones, des installations civiles et des infrastructures en Iran, qui a riposté à l’agression en ciblant les bases et les centres stratégiques de l’armée américaine dans la région.

L’Iran maintient sa gestion du détroit d’Ormuz, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, ayant affirmé que la définition des voies de navigation dans le détroit d’Ormuz relève des dispositions de Téhéran conformément à l’article 5 du protocole d’accord, qui stipule que « l’Iran prendra les dispositions nécessaires pour rouvrir le détroit d’Ormuz d’ici un mois ». Il a expliqué que la voie définie par l’Iran reposait sur des considérations de sécurité et de sûreté maritime car la zone était minée, soulignant que « les Américains orientaient les navires à l’écart de la voie fixée par l’Iran et les poussaient pratiquement à utiliser une autre voie dans le détroit d’Ormuz ».

Dans ce cadre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a annoncé, dimanche, que des responsables iraniens et omanais ont mené à Téhéran des entretiens portant sur le dossier du détroit d’Ormuz, confirmant que les discussions ont été fructueuses et que les consultations techniques et politiques entre les deux parties se poursuivent. E. Baghaei a affirmé que ce qui détermine la fin des événements, ce sont les intérêts nationaux. Il a souligné que son pays prend ses décisions par le biais d’un processus transparent et ne permettra pas à Washington de déterminer le moment de la guerre et de la paix. Concernant le protocole d’accord avec Washington, il a insisté sur le fait que les États-Unis ont violé l’accord ainsi que l’ensemble du système découlant de ce protocole. Il a affirmé qu’en réponse aux violations américaines, l’Iran a, de son côté, suspendu le respect de ses engagements.

Le diplomate a fait porter aux États-Unis la responsabilité première de l’agression contre l’Iran, tout en soulignant qu’il est impossible de fermer les yeux sur la participation de certains pays de la région à cette agression, attendant de ces derniers qu’ils ne poursuivent pas leur coopération avec Washington. Il a également qualifié la récente déclaration commune de Marco Rubio, secrétaire d’État américain, et des pays du Conseil de coopération du Golfe de « déclaration destructrice », affirmant que tout le monde sait que l’Iran ne négocie pas sur ses capacités défensives.

Concernant les démarches internationales et diplomatiques, E. Baghaei a noté que Téhéran dispose de preuves de l’implication du nouveau gouvernement britannique dans l’agression contre l’Iran — alors qu’il était attendu de lui qu’il adopte une voie différente de celle de son prédécesseur —, appelant les responsables britanniques à reconnaître franchement que le facteur actuel de la situation dans le détroit d’Hormuz est ce que font les États-Unis. Il a aussi critiqué les agissements des diplomates français en Iran, soulignant qu’ils ne peuvent être justifiés et constituent une ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Sur le dossier nucléaire et technologique, il a rappelé que l’entité sioniste s’oppose à tout développement technologique de n’importe quel pays de la région, réaffirmant que l’Iran ne renoncera pas à son droit d’utiliser la technologie nucléaire à des fins paisibles. Dans le contexte régional et sécuritaire, E. Baghaei a annoncé qu’il a été décidé de renforcer la coopération et les contacts avec le Kurdistan irakien pour faire face aux groupes terroristes. Il a réitéré ses critiques à l’égard de la Bulgarie pour avoir mis l’aéroport de Sofia à la disposition des avions américains pour attaquer l’Iran, affirmant que cela contrevient au droit international et constitue une décision dangereuse.

Le porte-parole s’est également adressé au président ukrainien et aux pays européens qui le soutiennent, à la suite de l’attaque ayant ciblé un navire iranien, avertissant que les conséquences de cet acte sont imprévisibles pour eux et que les répercussions de ce qu’a fait Volodymyr Zelensky toucheront plusieurs pays à travers le monde. Cela intervient dans le contexte du retour de l’agression américaine contre l’Iran, ce qui a provoqué des ripostes iraniennes par des opérations ciblant de nombreuses bases américaines dans le Golfe, en Syrie et en Jordanie.

L’administration US écorchée

Sur la scène américaine, Thomas Massie, député républicain, a affirmé que les États-Unis ont été considérablement affaiblis par la guerre contre l’Iran. Il a accusé l’administration américaine actuelle d’affaiblir les défenses antimissiles du pays, d’épuiser ses réserves de pétrole et de sacrifier des hommes et des femmes pour « Israël ». Plus, le député a ajouté que l’administration américaine avait provoqué une hausse des prix des biens de consommation et une augmentation de la dette publique, tout en négligeant les besoins internes des États-Unis au profit d’« Israël ».

Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, avait précédemment reconnu que la guerre menée par son pays contre l’Iran avait coûté jusqu’à présent 37,5 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 8 milliards de dollars par rapport à la dernière estimation publique. Cependant, CBS News, citant ses sources, a confirmé que le coût réel de cette guerre est bien supérieur à l’estimation fournie par P. Hegseth. Cela s’explique en partie par le fait que l’estimation actuelle n’inclut pas les coûts tels que la reconstruction militaire des bases américaines endommagées.

Par ailleurs, un récent sondage a révélé, rapporte The Hill, que près de 8 Américains sur 10 estiment que la guerre contre l’Iran a été plus difficile que ce qu’avait anticipé l’administration D. Trump. Le sondage a indiqué que plus des trois quarts des 2 193 participants estiment que l’administration Trump a eu plus de difficultés à gérer le conflit qu’elle ne l’avait anticipé.

Dans le sondage CBS News/YouGov, seuls 20 % personnes interrogées ont déclaré que le conflit s’était déroulé aussi facilement que prévu par l’administration, tandis que seulement 4 % ont affirmé que l’administration avait eu la tâche plus facile que prévu.

Quant à l’avenir de la guerre, 37 % des participants à l’enquête ont déclaré qu’elle durerait des mois, 21 % ont dit qu’elle durerait des années, 9 % ont dit qu’elle durerait des jours ou des semaines, tandis qu’un tiers des participants n’ont pas exprimé d’opinion claire.

Environ deux tiers des participants estimaient que D. Trump devait mettre fin immédiatement à la guerre, tandis que le tiers restant disait qu’il devait la poursuivre jusqu’à ce que le pouvoir iranien fasse de nouvelles concessions.

Dans le même contexte, un sondage Politico réalisé en juillet dernier a montré que le pourcentage d’électeurs MAGA qui pensent que la guerre vaut son coût économique est tombé à un peu plus d’un tiers , contre 50 % en mai dernier. Selon Politico, le déclin du soutien parmi les partisans les plus fidèles du président est la preuve la plus claire que « la patience des Américains s’épuise alors que l’économie continue de dominer les principales préoccupations des électeurs à l’approche du cycle électoral crucial de mi-mandat ».

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