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En dépit de la pluie de condamnations : Tel-Aviv rétif à toute trêve dans l’enclave palestinienne

by Perspectives Med
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En dépit de la pluie de condamnations : Tel-Aviv rétif à toute trêve dans l’enclave palestinienne

8 martyrs palestiniens ont été recensés vendredi lors d’ une attaque israélienne contre une école à Jabalia, et plus de 10 enfants ont perdu des membres. Mais le bilan de la journée de vendredi est bien plus lourd. Au moins plusieurs dizaines de gazaouis ont perdu la vie lors de raids israéliens aussi incessants qu’intenses menés dans la journée. Autant dire que lors de son séjour à Washington, Benyamin Netanyahu a bénéficié du feu vert américain pour décider, seul, du sort de l’enclave palestinienne et du reste de la population palestinienne. On est donc loin des assurances fournies par Donald Trump quant à l’imminence d’un accord de cessez-le-feu, comme le souhaite le Hamas.

En attendant, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont condamné, vendredi, les attaques incessantes contre les Palestiniens tentant en quête de nourriture et de médicaments dans la Bande de Gaza, après la frappe israélienne qui a tué, jeudi, au moins 15 personnes, dont des enfants, devant une clinique à Deir al-Balah. L’attaque a eu lieu devant un établissement géré par Project Hope, un partenaire de l’UNICEF.

« Nous avons fait part de nos préoccupations concernant les crimes atroces qui ont été commis et le risque que d’autres crimes atroces soient commis, en ces lieux où, une fois de plus… ils ont le choix entre être abattus ou être nourris. » a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole des Nations unies pour les droits de l’homme, lors d’un briefing de l’ONU à Genève. « C’est inacceptable et cela se perpétue », a-t-elle ajouté.

L’armée israélienne a affirmé que cette attaque visait un membre du Hamas impliqué dans les attaques du 7 octobre ; cependant, R. Shamdasani a remis en question « la logique qui consiste à mettre des civils, y compris des enfants, en danger de mort » et a réitéré ses préoccupations concernant les violations du droit humanitaire. « Nous avons constaté que parmi le nombre total de victimes à Gaza, une grande partie sont des femmes et des enfants. Cela soulève à nouveau de sérieuses questions quant au respect de ces principes », a-t-elle déclaré.

Depuis la mise en place, fin mai, des points de distribution d’aide humanitaire gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par Israël, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a enregistré 798 meurtres, dont 615 à proximité des sites de la GHF et 183 le long des itinéraires des convois humanitaires, « principalement dus à des blessures par balle ».

Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, s’est joint à la condamnation. « Des personnes se font tirer dessus aux abords des sites de distribution… c’est tout simplement inacceptable », a-t-il déclaré tout en ajoutant que « la paix est le meilleur remède et ouvrir les points de passages (frontaliers) reste la seule option viable ».

Israël prévoit de maintenir ses forces militaires stationnées près de la ville méridionale de Rafah, jouxtant l’Egypte, dans le cadre des préparatifs pour construire un vaste camp de déplacés destiné à des centaines de milliers de Palestiniens, selon un reportage de la chaîne israélienne Channel 12. Israël insiste, ajoute la même source, pour conserver sa présence militaire à seulement 2 à 3 kilomètres au nord du corridor de Philadelphie, dans le sud de Gaza.

Israël aurait également présenté une carte mise à jour de son retrait de Gaza, incluant un recul depuis le corridor Morag qui sépare Khan Younès de Rafah, tout en maintenant un contrôle total sur Rafah même.

Channel 12 a cité un officier israélien reconnaissant que les combattants du Hamas continuent « d’opérer relativement rapidement » et sont « capables de regagner des forces », ce qui indique que les troupes font face à une résistance persistante malgré des mois d’offensives terrestres.

Les militaires ont également admis que le Hamas a « fait preuve de résilience » et qu’Israël a jusqu’à présent « échoué » à établir un contrôle complet sur Gaza.

A rappeler qu’une nouvelle opération a été menée par la résistance la veille jeudi. Au moins deux soldats israéliens ont été tués, selon un récent bilan officiel et six autres ont été blessés dont certains grièvement dans l’explosion d’un immeuble que les forces d’occupation israélienne avaient elles-mêmes miné à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza. L’un des deux militaires tués est un capitaine de l’unité de reconnaissance de la brigade Golani. Une ambulancière israélienne a été blessée, ont rapporté des médias israéliens.

Le correspondant militaire de Kan Channel, a révélé que les forces de reconnaissance de la brigade Golani avaient participé hier à une attaque sur le terrain contre des « cibles terroristes » dans la ville de Khan Younès, dans le cadre d’opérations menées par la 36e division. Elles avaient miné plusieurs bâtiments décrits comme « suspects et utilisés comme infrastructures terroristes ». Cependant, une explosion s’est produite lors de la détonation de l’un d’entre eux.

Le correspondant de la radio de l’armée israélienne, a rapporté que le commandement militaire a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons pour lesquelles  l’explosion s’est produite via des engins déposés par les forces israéliennes elles-mêmes. Après l’explosion, de violents affrontements ont éclaté entre des combattants palestiniens et les forces d’occupation israélienne autour du bâtiment bombardé.

Ces derniers jours, les opérations de résistance ont connu une importante recrudescence dans la bande de Gaza, causant des pertes dans les rangs de l’armée d’occupation qui occupe plus de 70% du territoire et mène une campagne de destruction méthodique.

En début de semaine, 5 soldats israéliens avaient péri et 14 autres blessés dans une embuscade de la résistance à Beit Hanoun au nord de l’enclave. Mardi, les Brigades al-Qassam avaient éliminé un soldat qui conduisait une bulldozer D9 à Absane al-Kabira après avoir échoué dans une tentative de le capturer. Dans la journée, les médias israéliens avaient rendu compte de la mort de deux soldats israéliens dans deux opérations distinctes en Cisjordanie et al-Qods occupés.

Dans la première, un agent de sécurité israélien a été tué dans une attaque menée par deux combattants au carrefour de Gush Etzion, au nord d’Hébron. Il a été éliminé avec son arme.

« Les deux auteurs lui avaient confisqué son arme après l’avoir poignardé et ont ouvert le feu sur lui . Ils se sont ensuite affrontés avec les forces armées, et un échange de tirs a eu lieu avant d’être neutralisés », selon la chaîne israélienne Channel 14. Les deux auteurs sont tombés en martyrs.

Dans la matinée, un soldat israélien avait été blessé lors d’une attaque au couteau dans la localité de Rummanah, à l’ouest de Jénine, et l’auteur a été tué. Selon des sources locales, le Palestinien Ahmed Ali al-Amour (55 ans) a été exécuté par des soldats des forces d’occupation qui ont ouvert le feu sur lui puis l’ont renversé avec un véhicule militaire, avant de saisir son corps.

A al-Qods, un soldat de réserve a été retrouvé mort dans le quartier de Har Homa (Jabal Homa), ont rapporté les médias israéliens. Les causes de sa mort n’ont pas été révélées. Il s’agirait d’un suicide.

Le Haaretz a fait état d’une hausse sans précédent des suicides parmi les soldats israéliens depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Le journal israélien a précisé que « 7 soldats israéliens se sont suicidés entre le 7 octobre et fin 2023,  21 en 2024, et environ 14 depuis début 2025 », avant d’ajouter que « l’armée refuse de fournir un chiffre officiel sur le nombre de suicides depuis le début de l’année », précisant « qu’elle ne le publiera qu’à la fin de l’année ».

Dans cette atmosphère, Abou Obeida, porte-parole militaire des Brigades al-Qassam, a affirmé jeudi que « les fedayin poursuivront leurs opérations contre l’armée d’occupation et les bandes de colons, d’Hébron à Jénine, en réponse à l’escalade de l’agression contre la mosquée Al-Aqsa ».

Dans une déclaration publiée sur sa page Telegram, a indiqué que « les opérations des fedayin constituent une réponse directe à l’escalade des crimes commis par l’armée ennemie et ses colons, qui ont transformé la vie des Palestiniens en enfer ».

Dans ce contexte, il a appelé la jeunesse palestinienne à « intensifier la résistance dans toutes les régions de Cisjordanie et de al-Qods occupés » et à « se soulever contre les agresseurs afin de les dissuader de poursuivre leurs crimes et de poursuivre leurs projets d’annexion de la Cisjordanie ». Le porte-parole les a exhortés à se soulever contre les agresseurs « avant que ce qui reste de la Palestine ne soit perdu par notre peuple ».

L’armée d’occupation israélienne a tué, jeudi, huit Palestiniens, dont des enfants, en bombardant une école abritant des personnes déplacées dans la localité de Jabalia, au nord de la bande de Gaza. Des sources médicales à l’hôpital Al-Shifa de Gaza ont indiqué que six corps sont arrivés à l’hôpital, ainsi que plusieurs blessés, dont des enfants et des femmes, suite aux bombardements israéliens. Des témoins ont rapporté que le bombardement a visé l’école Halima al-Sa’diya à Jabalia, qui accueille des milliers de personnes déplacées.

Par ailleurs, des enfants ont été grièvement blessés, et plus de dix d’entre eux ont été amputés, suite à une frappe aérienne israélienne jeudi soir qui a visé une maison habitée par des personnes déplacées près de l’école Abu Asi dans le camp de réfugiés de Shati, à l’ouest de Gaza.

Selon des sources médicales, tous les blessés ont été transférés au complexe médical Al-Shifa, alors que des efforts désespérés ont été déployés pour sauver la vie des enfants blessés.

Ces agressions israéliennes interviennent dans un contexte d’escalade de la violence dans plusieurs zones de la bande de Gaza depuis des semaines, faisant de plus en plus de victimes civiles, principalement parmi les femmes et les enfants.

Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre génocidaire contre Gaza qui a couté la vie à plus de 57.000 Palestiniens, sans compter les centaines de milliers de personnes déplacées et une famine qui a coûté la vie à de nombreuses personnes, dont des dizaines d’enfants

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