Ce branle-bas de combat intervient alors que la Commission n’a pas encore programmé l’examen de la modification de l’accord agricole et de pêche signé avec le Maroc le 3 octobre 2025. « Aucune date n’a été fixée », révèlent des sources du Conseil européen citées par des médias espagnols. El Debate écrit que « selon des sources à Bruxelles, la Commission reporte cette mesure par crainte d’un refus des eurodéputés. Elle s’efforce actuellement de rassembler divers groupes en coulisses pour favoriser l’approbation avant de soumettre la ratification au vote.» Le 20 mars dernier, rappelle-t-on, la majorité des groupes politiques du Parlement européen a critiqué l’étiquetage des produits agricoles venant du Sahara occidental selon l’accord entre l’UE et le Maroc. Alors que le 26 novembre 2025, le Parlement européen avait rejeté sur le fil du rasoir une proposition visant à suspendre cet étiquetage comme prévu dans l’accord d’octobre 2025.
Côté marocain, on ne se fait guère de souci face à ces agitations. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, avait affirmé le 2 octobre que l’accord entre le Maroc et l’UE « confirme l’application aux Provinces du Sud des tarifs préférentiels accordés par l’UE dans le cadre de l’Accord d’Association avec le Maroc ». Il avait salué le fait que « les conditions d’accès au marché européen pour les produits du Nord s’appliquent aussi aux produits du Sahara marocain ». C’est dans cette atmosphère de clair-obscur que s’est tenue, le 11 juin au siège du Parlement européen de Bruxelles, la treizième session du Comité parlementaire mixte Maroc-Union européenne.
Offensive de Téhéran
A noter aussi que l’Iran vient de réaffirmer son appui aux positions du Polisario lors des travaux du Comité des 24 de l’ONU, qui se déroulent du 15 au 26 juin à New York, d’après le service de presse de l’organisation internationale. Le représentant de Téhéran a déclaré que son pays est préoccupé par le dossier du Sahara occidental», soulignant l’appui de l’Iran «au droit de tous les peuples à décider librement de leur statut futur».
Le diplomate a précisé que « les circonstances historiques qui ont conduit à l’inscription de ce territoire sur la liste de l’ONU exigent toujours l’attention de la communauté internationale ». La population du Sahara occidental devait être pleinement associée à tout processus mené sous l’égide de l’ONU, et que son point de vue devait être « clairement recueilli et qu’aucune influence extérieure ne devait être tolérée».
Les médias du Polisario n’ont pas manqué de saluer pareille saillie. Pour rappel, l’Iran reconnait, depuis le début des années 1980, la prétendue « république arabe sahraouie démocratique (RASD) », et les relations entre Rabat et Téhéran sont rompues, depuis le 1er mai 2018. D’ailleurs, le royaume s’est abstenu de commenter l’agression israélo-américaine contre l’Iran, mais a condamné les agressions iraniennes contre des pays arabes.
Après la visite de l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, dans les camps de Tindouf et à Alger, le Polisario a tenu une réunion de ses secrétaires régionaux, les 17 et 18 juin, pour examiner les derniers développements.

