Pierre qui roule, n’amasse pas mousse… Peut-on contredire ce dicton lorsque les Allemands offrent à nous, pauvres diables Marocains, une mise en bouche singulière en nous intégrant, corps et âme, dans les torrents de l’Oktoberfest qui, prévoit-on, couleront à grands flots à Bouskoura ? Rendez-vous est donc pris pour le 28 octobre.
Quel cadeau pour les inconditionnels de la bière que les autorités marocaines n’hésitent pas, au fil des descentes, à mettre à l’ombre ! Le breuvage magique, cristallin dans ses versions blanche, blonde, ambrée ou rousse, contient bien des degrés d’alcool. On imagine dès lors que les préposés au service d’ordre seront plutôt armés de tests d’alcoolémie pour séparer les hères qui s’agiteront à hauteur de la ville verte de la Capitale économique. La Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc qui affirme que le cadeau fait aux Casablancais n’est pas gratuit, la valeur des tickets mis en vente en prévision de la beuverie variant de 800 à 1200 Dh par tête de pipe, a-t-elle pu négocier avec les autorités wilayales des laisser-passer ad hoc ? Le ticket fait-il foi de sauf conduit ? Et quid de ceux qui n’échapperont pas aux filets déployés par les forces de l’ordre ? A-t-on prévu pour eux un coin pépère pour qu’ils puissent dessaouler en paix ?
«Vivez l’ambiance unique de l’Oktoberfest sous un chapiteau de plus de 300 places. Une ambiance festive et chaleureuse typique de l’Oktoberfest vous y attend. Assis à de grandes tables conviviales, dégustez des plats et boissons traditionnels de Bavière au rythme des fanfares de Munich», font valoir nos frères de teutons qui nous veulent du bien. Dommage que l’imagination des organisateurs se sont interdits de tout voyage dans l’underground musical allemand. Au prix du ticket, Nina Hagen aurait pu être mobilisée, non ?
Mezigue qui pense d’ores et déjà au froid de l’automne qui s’annonce dans les landers, même si le Nordstream a été remis en marche, compte bien se solidariser avec les Allemands.
Prosit, alors, camarades ! Même si les chopes qui s’entrechoquent ne sont pas ma tasse de thé et les vessies qui se libèrent à même le froc, sans complexe aucun, s’avèrent peu ragoutants à mes yeux. Autres Cieux, autres mœurs, dira-t-on. Et on en convient. Le fait est que chez nous aussi, on fait un sort au traditionnel breuvage brassé. Les statistiques le confirment : les Marocains relèvent de la catégorie des gros buveurs. Dommage que la moisson soit des plus catastrophiques cette année. Sans quoi, on imagine que l’élan solidaire des Marocains avec nos amis Allemands aurait pu se traduire, bien avant le mois d’octobre, par d’innombrables citernes de bière d’éclusées. Le fellah marocain, et c’est spécial, n’est pas réfractaire au jeu de la reconstitution de stocks des mousses.
PS : En attendant octobre, je n’ai aucun mal à descendre une chope bien givrée face à la déconvenue électorale du PJD à Meknès, capitale du vin, et à Al-Hoceima. Pas de retour, même partiel, de la crédibilité perdue d’une formation sans foi ni loi. Le PJD et son « influenceur » en chef Abdelilah Benkirane devraient dessaouler. Ils sont montés à la tête des citoyens… Sans aucune chance de descente facile. Trinquons alors à cette défaite qui fait tache d’huile.
