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Bavures US en Syrie :Le New York Times lève le voile sur des crimes impunis

Une unité militaire américaine ultrasecrète appelée Talon Anvil serait à l'origine d'un nombre élevé de morts de civils pendant la guerre contre Daech en Syrie depuis 2014 sans qu’aucune enquête n’ait été menée en ce sens, écrit le New York Times.

Opérationnelle entre 2014 et 2019, la cellule de coordination de frappes militaires américaine top secrète Talon Anvil était censée identifier des cibles au sein de Daech en Syrie, par exemple des convois, voitures piégées, centres de commandement. Cependant, les tirs, effectués par les pilotes suivant les instructions données, ont causé de nombreux morts parmi la population civile: agriculteurs, enfants dans la rue, familles fuyant les combats et villageois, rapporte le New York Times qui cite des sources militaires.
Avec moins de 20 opérateurs, cette unité a assuré la supervision des tirs de plusieurs dizaines de milliers de bombes et missiles contre Daech. À cette période le taux de pertes civiles en Syrie a considérablement augmenté, selon Larry Lewis, ancien conseiller du Pentagone et du Département d’État.
« C’était beaucoup plus élevé que ce à quoi je m’attendais d’une unité américaine. Le fait que (le taux) ait augmenté de façon spectaculaire et constante sur une période de plusieurs années m’a choqué », a-t-il déclaré au média, sans donner de chiffres.
Parmi les exemples de « bad strikes », c’est-à-dire de missions ayant entraîné des pertes civiles non justifiées, figure le bombardement près de la ville de Manbij à l’automne 2016. D’après un ancien officier du renseignement de l’Air Force, T. Anvil y a repéré trois hommes, tous avec des sacs en tissu, travaillant dans une oliveraie. Bien qu’ils n’aient pas eu d’armes et n’aient pas été à proximité de combats, T. Anvil a insisté sur le fait que ces hommes devaient être des djihadistes de Daech. Tous ont été tués via un missile.
Un autre exemple est l’opération effectuée en mars 2017 à Al Karama quand une bombe a touché un centre présumé d’entraînement de combattants de Daech. Alors que la fumée se dissipait, les caméras infrarouges montraient des femmes et des enfants titubant hors du bâtiment en partie effondré.
Officiellement, T. Anvil n’a jamais existé: presque tout ce qu’il faisait était hautement classifié. En réalité, la majorité des frappes ont été ordonnées par des commandos « de rang relativement bas » de la Delta Force, unité des forces spéciales américaines appartenant à l’US Army et dépendant du Joint Special Operations Command.
Le principal centre d’opérations de l’Air Force dans la région a été à plusieurs reprises informé suite à ces « bad strikes », mais ses chefs semblaient réticents à enquêter sur cette unité, a indiqué un ancien officier du renseignement de l’Air Force, cité par le New York Times.
Les pilotes ont parfois refusé de larguer des bombes parce que T. Anvil voulait frapper des cibles douteuses dans des zones densément peuplées. Des officiers haut-gradés de la CIA ont également averti d’autres militaires sur l’étrange répartition des tirs.
En environ sept ans et demi d’opérations en Syrie et en Irak, la coalition dirigée par les États-Unis a signalé 1.417 morts par frappe aérienne parmi les civils. Pourtant, selon les estimations d’Air Wars, ce nombre est bien plus élevé : entre 8.159 et 13.192.

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