lundi, juin 15, 2026
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Digitalisation et résilience financière : La Banque mondiale soutient Rabat

by Perspectives Med
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Digitalisation et résilience financière : La Banque mondiale soutient Rabat

La première opération, dotée de 250 millions de dollars, vise à accélérer la mise en œuvre de la stratégie « Maroc Digital 2030 », présentée par les autorités comme l’un des principaux leviers de modernisation de l’administration et de compétitivité économique. Selon le Groupe de la Banque mondiale, ce financement doit permettre d’accélérer le déploiement de services publics numériques davantage centrés sur les besoins des usagers, qu’il s’agisse des citoyens ou des entreprises. Le programme prévoit également d’accompagner la migration des administrations publiques vers les technologies de cloud computing, considérées comme un élément essentiel de la modernisation des systèmes d’information de l’État.

Au-delà de la sphère administrative, l’initiative entend renforcer l’écosystème national de l’innovation. Elle prévoit notamment un soutien accru aux start-ups, le développement de capacités en matière d’intelligence artificielle et l’accompagnement de la transformation numérique des très petites, petites et moyennes entreprises. Le secteur de l’offshoring figure également parmi les bénéficiaires attendus de cette dynamique, avec un objectif affiché de création d’emplois et d’élargissement du vivier national de compétences numériques.

Conçu en partenariat étroit avec le gouvernement marocain, le programme s’inscrit dans une perspective de résultats à l’horizon 2031. Une attention particulière est accordée à l’intégration des jeunes et des femmes dans l’économie numérique, un enjeu régulièrement mis en avant dans les politiques publiques nationales. L’un des volets majeurs du projet concerne l’amélioration de l’accès aux services publics. Les autorités ambitionnent de mettre à disposition des citoyens un portail national unifié permettant un accès numérique inclusif aux services prioritaires. L’objectif est de réduire les déplacements physiques auprès des administrations et d’améliorer le niveau de satisfaction des usagers.

La Banque mondiale souligne également que la création d’un « portefeuille souverain national », connecté à la carte nationale d’identité électronique, permettra aux citoyens de conserver et d’échanger leurs documents officiels sous format numérique de manière sécurisée. Parallèlement, les administrations seront encouragées à adopter des solutions cloud pour leurs nouveaux investissements informatiques, tandis que des centres d’excellence devraient soutenir le développement d’innovations fondées sur l’intelligence artificielle.

Le programme prévoit aussi la mobilisation de capitaux d’investissement en faveur des jeunes entreprises innovantes, le financement de la numérisation des PME et le renforcement des dispositifs de développement des compétences numériques. Grâce à des mécanismes de partage des risques soutenus par l’État, près de 200 millions de dollars de capitaux privés devraient être mobilisés pour financer les start-ups et accélérer la transformation numérique des petites et moyennes entreprises.

Quant au second programme de 400 millions de dollars, il est dédié, lui, au financement climatique et à la gestion des risques. Cette initiative vise à renforcer la capacité financière du Maroc à faire face aux conséquences des changements climatiques, aux catastrophes naturelles ainsi qu’aux cyberrisques.

Le programme doit notamment contribuer à attirer davantage de capitaux privés vers les infrastructures liées à la transition climatique. Pour y parvenir, il prévoit le développement de nouveaux mécanismes d’assurance contre les cyberrisques et les catastrophes naturelles afin d’élargir les capacités de transfert des risques.

Le dispositif comprend également un renforcement des cadres institutionnels et des infrastructures de paiement numérique afin d’accélérer le déblocage des financements après la survenue de chocs majeurs. Les autorités de régulation financière bénéficieront également d’un appui destiné à améliorer leur capacité de supervision des risques climatiques et cybernétiques auxquels sont confrontés les établissements bancaires et les compagnies d’assurance.

Selon la Banque mondiale, l’ensemble de ces mesures devrait contribuer à mieux protéger les ménages, les entreprises et le système financier national face à des risques jugés de plus en plus importants. Le programme entend également faciliter les investissements dans les infrastructures climatiques à travers la création d’un mécanisme de préparation de projets. Celui-ci aura pour mission de constituer un portefeuille de projets susceptibles d’être financés sur une base commerciale dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports durables et les infrastructures hydrauliques.

Afin d’encourager davantage la participation du secteur privé, des mécanismes de financement mixte et des instruments de marché des capitaux seront mobilisés pour réduire les risques pesant sur les investissements et accélérer l’orientation des financements vers des infrastructures compatibles avec les objectifs climatiques.

Sur les cinq prochaines années, la Banque mondiale prévoit que ce programme permettra de mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de capitaux privés. Il vise également la mise en place de mécanismes de financement anticipé des catastrophes pour un montant d’un milliard de dollars et l’extension de la couverture contre les cyberrisques à au moins vingt institutions financières. Le projet doit enfin contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’infrastructures climatiques sur le marché marocain.

Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur régional de la Banque mondiale pour le Maghreb, estime que ces deux programmes « répondent à des piliers essentiels des priorités de transformation du Maroc », en référence au développement d’une économie numérique avancée, au renforcement de l’écosystème de l’innovation ainsi qu’à l’amélioration de la résilience financière du Royaume face aux chocs. Il souligne également que ces initiatives permettront de renforcer les capacités du pays en matière de gestion des risques climatiques, des catastrophes naturelles et des cybermenaces « dans un monde en mutation rapide ».

Selon lui, les deux programmes contribueront de manière complémentaire à l’émergence, au cours de la prochaine décennie, d’un écosystème cohérent reposant sur la mobilisation des capitaux privés, la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes ainsi que sur le renforcement des engagements climatiques du Maroc.

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