L’officier iranien a fait cette déclaration après que les États-Unis et Israël ont multiplié ces derniers jours les menaces de frappes contre la République islamique. « Le président américain doit rêver de voir à nouveau ses forces armées pénétrer dans le golfe Persique. Il emportera ce rêve dans sa tombe », a ajouté A. Abdollahi qui a aussi fustigé les contradictions dans les déclarations américaines concernant le programme nucléaire iranien, affirmant que D. Trump avait prétendu à plusieurs reprises avoir détruit les installations nucléaires iraniennes, tandis que les responsables américains continuaient de souligner la nécessité pour l’Iran de ne pas posséder d’armes nucléaires. « Si vous avez tout détruit, à quoi bon répéter ces affirmations fallacieuses ? » a-t-il ajouté, estimant que « les déclarations américaines contradictoires et répétées visaient à tromper l’opinion publique mondiale, et en particulier le peuple américain ». Il s’est également demandé pourquoi les navires de guerre et les forces militaires américaines ne s’approchaient pas du détroit d’Ormuz et des frontières maritimes et terrestres de l’Iran, si Washington était convaincu d’avoir détruit toutes les capacités et le potentiel militaires de l’Iran.
Les dirigeants, le peuple, les forces armées et les responsables iraniens sont déterminés à noyer l’Amérique et sa progéniture illégitime, le régime sioniste, ainsi que leurs armées, dans le bourbier qu’ils ont créé de leurs propres mains, a aussi affirmé le général de division A. Abdollahi. Et de conclure en affirmant que la stratégie de l’Iran consiste à prolonger la confrontation pour enfoncer davantage les États-Unis et Israël dans un « bourbier de mort et d’anéantissement », exprimant sa confiance que cela sera réalisé avec l’aide et la victoire de Dieu.
Deux pétroliers en feu
Dans la nuit de vendredi à samedi, deux pétroliers ont pris feu après avoir percuté une mine dans le détroit d’Ormuz, ont annoncé les Gardiens de la Révolution, dans un communiqué publié sur leur site Sepah News. L’Iran revendique le contrôle de cette stratégique voie maritime, par où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. Washington impose en retour un blocus des ports iraniens, et les négociations entre les deux pays sont dans l’impasse.
Depuis le verrouillage du détroit par les forces iraniennes, de nombreux navires cherchent à le franchir sans autorisation de Téhéran en longeant les côtes omanaises. Deux superpétroliers ont été totalement immobilisés puis abandonnés par leurs équipages après avoir heurté des mines marines dans le détroit d’Ormuz, alors qu’ils tentaient d’emprunter un itinéraire non autorisé, a annoncé la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Selon un communiqué publié le vendredi 23 octobre par le service des relations publiques de la marine du CGRI, l’incident s’est produit plus tôt dans la journée, lorsque les deux navires ont tenté de se faufiler par une route méridionale non autorisée dans ce passage maritime stratégique.
« Après avoir heurté les mines, les salles des machines des deux superpétroliers ont été secouées par de violentes explosions et ravagées par d’intenses incendies. Les navires ont été complètement immobilisés et contraints de s’arrêter net », indique le communiqué, précisant que les deux pétroliers transportaient au total une cargaison de 4,5 millions de barils de pétrole brut.
À la suite des explosions provoquées par les mines près de la côte sud du détroit, la situation à bord des navires en flammes est devenue intenable, poussant les équipages à abandonner complètement les bâtiments et à fuir.
Cet incident constitue la plus récente application des réglementations maritimes iraniennes dans le détroit d’Ormuz, que le Corps des gardiens de la Révolution islamique a déclaré fermé à tout trafic non autorisé.
Alors que les pétroliers étaient de plus en plus nombreux à le franchir pour sortir du Golfe, sous escorte américaine, les attaques ont repris avec force ces derniers jours, la République islamique voulant selon les analystes démontrer que sa capacité à perturber le trafic reste intacte.
Vendredi, Tom Barrack, émissaire américain, a déclaré que les États-Unis pourraient frapper l’Iran dès ce week-end, tout en ajoutant que le président américain était « ouvert à un accord » avec Téhéran.
À la suite de la violation, par les États-Unis, du mémorandum d’entente d’Islamabad en juillet — qui comprenait des frappes aériennes illégales et un blocus naval — les forces armées iraniennes ont déclaré le détroit fermé et averti que tout navire tentant de le franchir sans coordination avec les autorités iraniennes s’exposerait à de graves conséquences.
Le CGRI a également averti que cette voie maritime est truffée de mines et que le recours à des escortes militaires américaines, ou toute tentative de contourner les contrôles maritimes iraniens — en désactivant les systèmes de suivi et en empruntant des itinéraires non autorisés par le sud — mènerait inévitablement à une réponse ferme.
Message aux manifestants
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a appelé les manifestants des pays occidentaux à continuer d’exiger des comptes et à résister aux tentatives de les diviser autour des questions identitaires. Il a établi un lien entre l’affaire Jeffrey Epstein, la situation à Gaza, la guerre contre l’Iran et la corruption, qu’il a attribués à une même « clique au sommet ».
Dans une publication sur X vendredi, M-B. Ghalibaf a exposé la « stratégie » employée par ceux qui cherchent à détourner le mécontentement populaire : ils font passer les manifestations « d’une dynamique verticale à une dynamique horizontale », puis culpabilisent les individus pour s’être « réveillés ». Plus, « Tenez bon », a-t-il écrit, qualifiant l’affaire Epstein, Gaza, la guerre contre l’Iran et la corruption de « signaux » renvoyant tous à la même « clique au sommet ». Le président du Parlement iranien a qualifié les débats sur qui est « natif » et qui ne l’est pas de « bruit » visant à détourner l’attention du public des enjeux réels. « Ne les laissez pas changer de sujet pour se soustraire à leurs responsabilités », a-t-il ajouté.
Ces propos interviennent dans un contexte de contestations croissantes en France et dans d’autres pays européens face à la hausse du coût de la vie, à la dégradation des services publics, aux conditions dans le secteur de l’éducation et aux difficultés d’accès au logement, ainsi qu’à des manifestations aux États-Unis contre les politiques du président US.
En France, des manifestations ont eu lieu à l’échelle nationale la semaine dernière, centrées sur la crise du coût de la vie et la flambée des prix du carburant. Des syndicats et des sympathisants du mouvement des Gilets jaunes se sont joints aux manifestants pour réclamer de meilleures conditions de vie. Ces mobilisations ont fait suite à un mouvement lycéen lancé à la fin du mois de septembre à Créteil, au sud-est de Paris, pour dénoncer le manque d’enseignants, la surcharge des classes et la vétusté des bâtiments scolaires. Le mouvement de contestation s’est depuis élargi, mobilisant des lycéens, des travailleurs et d’autres groupes.
Un mécontentement similaire a eu lieu ailleurs en Europe. En Italie, les manifestations ont porté sur la hausse du coût de la vie, l’éducation et les services publics. À Milan et dans d’autres villes, certains rassemblements ont été marqués par des affrontements et des arrestations. En Espagne et au Portugal, la pénurie de logements et la flambée des loyers ont provoqué des rassemblements et l’installation de campements. En Albanie, les manifestations ont reflété la colère de la population face à la corruption, au chômage et à la dégradation de la qualité de l’enseignement. En Belgique, des protestations impliquant étudiants, enseignants et syndicats ont également eu lieu, dans un contexte de désaccords plus larges sur les conditions de vie et les services publics.
Aux États-Unis, les manifestations anti-Trump se sont poursuivies sur un large éventail de sujets, notamment l’application des lois sur l’immigration, les expulsions et les politiques de l’administration. Les manifestations nationales baptisées « No Kings », organisées le 18 octobre, ont rassemblé des protestataires opposés à l’extension des pouvoirs présidentiels et à l’orientation politique de l’administration Trump. La politique migratoire a été un moteur essentiel de ce mouvement de protestation, de nombreuses manifestations exprimant leur soutien aux migrants et leur opposition aux opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Le personnel US ciblé
L’Iran a « considérablement intensifié » ses efforts pour prendre pour cible des Américains au Moyen-Orient et au-delà, a averti vendredi Jay Clayton, directeur du renseignement des États-Unis. Dans une note adressée à Marco Rubio, secrétaire d’État, le sécuritaire a indiqué, selon un responsable américain : « nous avons reçu des renseignements selon lesquels l’Iran a considérablement intensifié ses efforts pour cibler le personnel américain ».
« Les projets d’attaques meurtrières des Iraniens contre des citoyens américains ont atteint un stade avancé à la fois au Moyen-Orient et dans certains autres pays », poursuit la note, révélée pour la première fois par le média américain Axios. Cette mise en garde intervient après que Washington a ordonné cette semaine aux membres non essentiels du personnel de l’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite et à leurs familles de quitter le pays, à la suite de la multiplication des attaques menées par les forces de Sanaa du Yémen.
Washington avait déjà ordonné aux membres non essentiels de son personnel de quitter le Golfe avant le début de sa guerre contre l’Iran, puis de nouveau en juillet, avant que le président américain Donald Trump n’annule une nouvelle vague de frappes. « Concernant le personnel de nos ambassades, nous réévaluons en permanence les nouvelles informations sur l’environnement sécuritaire », a déclaré J. Clayton, ajoutant que « la menace d’attaques de la part des Houthis et de complots terroristes iraniens visant des responsables américains guide nos décisions ».
D. Trump a laissé entendre vendredi que les États-Unis pourraient relancer des opérations militaires contre l’Iran, sans fournir d’indication sur le calendrier.

