La cérémonie d’adieu se poursuivra jusqu’à dimanche à la Grande Mosquée Imam Khomeiny. Le cortège funéraire principal à Téhéran est prévu pour lundi. Des cérémonies funéraires auront également lieu à Qom mardi, puis à Mashhad jeudi, où l’Ayatollah Ali Khamenei sera inhumé au sanctuaire de l’Imam Reza. Des cérémonies spéciales d’adieu et de funérailles pour le Guide martyr se dérouleront également en Irak dans les villes saintes de Najaf et de Kerbala mercredi, selon les organisateurs.
Vendredi, des hommages officiels ont été rendus à Téhéran par des chefs d’État, des dignitaires de divers pays et des chefs religieux du monde entier.
La participation publique massive a été décrite à la fois comme un ultime adieu au Guide martyr et comme un renouvellement d’allégeance aux idéaux de la Révolution islamique, de l’Islam et des martyrs, symbolisant l’engagement de la nation envers la dignité, l’indépendance et la résistance. Le défunt est tombé en martyr suite au déclenchement de la dernière vague d’agression américano-israélienne non provoquée contre l’Iran, le 28 février. Cette agression, qui a également coûté la vie à de hauts responsables et à d’innombrables civils ordinaires, a poussé l’Iran à riposter en menant au moins 100 frappes de représailles contre des cibles américaines et israéliennes sensibles et stratégiques. Ces représailles ont conduit les États-Unis à annoncer un cessez-le-feu unilatéral le 7 avril.
L’atmosphère était surchauffée. A mort l’Amérique, scandait l’immense foule d’Iraniens qui ont afflué à partir de 6h00 du matin vers le Mossalla qui abrite le mausolée de l’imam Khomeiny. Certains arboraient une banderole sur laquelle est inscrit : « Kill Trump ». Au côté du drapeau iranien, de nombreux agitent des drapeaux rouges avec l’inscription « Il faut venger les martyrs ». D’aucuns portaient le portrait du guide martyr, d’autres celui de son successeur sayyed Mojtaba Khamenei. On peut voir aussi les drapeaux jaunes du Hezbollah. Les murs du site sont couverts de grands portraits de l’ayatollah Khamenei, à différentes périodes de sa vie, notamment lorsqu’il accompagnait des soldats sur le front lors de la dévastatrice guerre contre l’Irak (1980-1988).
Les autorités iraniennes disent attendre entre 15 et 20 millions de participants rien qu’à Téhéran pour cet hommage national qui se déroule sur six jours avec une escale en Irak voisin.
Les regards des Israéliens étaient braqués sur l’événement. Le Yediot Ahronoth rapporte que des millions de personnes participant aux funérailles représentent « une démonstration de force et un doigt dans l’œil des États-Unis, par laquelle l’Iran proclame que sa révolution n’a pas de limites ».
Dans un communiqué publié samedi, le ministère iranien de la Sécurité a déclaré que l’ennemi américano-israélien a commis « le plus grand crime et le plus grand complot terroriste de l’histoire contemporaine » en assassinant le guide martyr. Les cœurs du peuple iranien et des peuples libres du monde « ne seront soulagés que par la vengeance contre les auteurs de ce crime », insistant sur le fait que la vengeance pour le sang du dirigeant martyr et des martyrs opprimés est inévitable.
Amit Asa, ancien responsable du Shin Bet, a reconnu que « l’immense cortège funèbre organisé en Iran pour le Guide suprême martyr, l’ayatollah Ali Khamenei (P), démontre la force de l’Iran ». S’exprimant sur la chaîne israélienne i24NEWS, il a ajouté que « ces funérailles confirment que le régime iranien contrôle toujours les rues » et que cette mobilisation massive témoigne du « soutien au régime ». Et admis que « le président américain Donald Trump ne comprend pas vraiment à qui il a affaire » et que « malgré son expérience récente au Moyen-Orient, il fait fausse route ».
Lors d’un événement historique, des foules venues d’Iran et de plus de 100 pays ont participé au cortège funèbre de l’ayatollah Khamenei (P) pendant six jours, dans différents lieux d’Iran et d’Irak, jusqu’à son inhumation au mausolée de l’imam Reza (P) à Mashhad le 9 juillet.
Dans ce contexte régional explosif, l’Iran affirme « qu’il entrera dans l’histoire, non seulement en enterrant un guide spirituel, mais aussi en représentant une épreuve de force nationale après l’agression américano-israélienne et les tentatives concomitantes d’affaiblir et d’isoler le régime ».
« Cette forte mobilisation et cet événement historique interviennent alors que les États-Unis ont lancé ces derniers jours une vaste campagne diplomatique pour dissuader les pays de participer aux cérémonies », selon une source de haut rang citée par l’agence de presse iranienne Tasnim.
Dmitri Medvedev, secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale russe, a confirmé que « sa participation aux funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, tombé en martyr, avait été ordonnée directement par le président russe Vladimir Poutine » notant avoir transmis les condoléances du président russe au président iranien Massoud Pezeshkian.
Le responsable russe a ajouté que « l’Iran a démontré sa puissance en fermant le détroit d’Ormuz à la navigation, considérant ce détroit comme une arme stratégique aussi importante que le nucléaire » pour Téhéran. Il a relevé « qu’il existe une autre arme stratégique à savoir le détroit de Bab el-Mandeb », soulignant qu’il « pourrait créer une situation au Moyen-Orient où le transport de pétrole serait totalement interrompu, et chacun devrait s’en souvenir lors de tout conflit ». Il a indiqué que « Moscou avait des propositions permettant de régler la question nucléaire iranienne par des moyens pacifiques ».
Le chef du Conseil de sécurité nationale russe a affirmé qu’il ne pouvait que souhaiter le succès des négociations entre l’Iran et les États-Unis, mais a également laissé entendre que « ces négociations prendront une autre tournure », insistant sur le fait que parvenir à des accords définitifs entre les deux parties sera « extrêmement complexe ».
Medvedev a évoqué avec M.Pezeshkian l’idée de créer une plateforme regroupant les pays soumis à des sanctions. À ce sujet, l’émissaire russe a suggéré que la Russie, l’Iran, la Chine et d’autres pays pourraient discuter de la mise en place d’une plateforme permettant aux pays sous sanctions de contrer les restrictions qui leur sont imposées. Il a souligné que les relations entre la Russie et l’Iran se développent dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique, couvrant divers domaines, notamment militaire et technique.
Concernant la récente agression contre l’Iran, D. Medvedev a déclaré que le grand nombre de victimes iraniennes résultant de l’attaque américaine « ne fait pas honneur à ceux qui ont pris la décision de mener ces frappes ».

