Marqués par les explosions, les attaques et les scènes de guerre, les enfants de Gaza grandissent dans un environnement où la peur et les traumatismes remplacent les souvenirs d’une enfance normale. Les images de destruction se sont gravées dans leurs esprits, tandis que la douleur s’est installée dans leur quotidien. Dans un territoire où les maisons, les écoles et les hôpitaux ont été détruits, la mort est devenue une réalité omniprésente. Ce qui devrait être une vie ordinaire pour les enfants a laissé place à une lutte permanente pour la survie. Dans les bras de leurs parents, devant leur domicile, sur le chemin de l’école, sur une plage ou dans un parc, des milliers d’enfants ont été frappés par la guerre et privés de leur droit fondamental à la vie.
Selon les données du Bureau des médias du gouvernement de Gaza, 21 500 enfants ont été tués depuis le début des attaques israéliennes le 8 octobre 2023. Parmi eux figurent 1 022 nourrissons âgés de moins d’un an. En outre, 520 enfants tués étaient nés après le début de la guerre. Les attaques ont également blessé plus de 10 500 enfants, tandis que plus d’un millier ont subi des amputations. D’après les chiffres disponibles à la fin de l’année 2025, les enfants représentaient 30 % des 73 000 personnes tuées et 26 % des 170 000 blessés recensés dans la bande de Gaza. Par ailleurs, près de 4 000 enfants voient leur vie menacée en raison de l’effondrement du système de santé dans l’enclave.
James Elder, porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), a déclaré le 25 juin que plus de 260 enfants avaient été tués et 400 autres blessés à Gaza depuis le début de la période qualifiée de « cessez-le-feu » en octobre 2025. « Nous sommes censés être au milieu d’un cessez-le-feu, mais ce que nous observons est une illusion cruelle et meurtrière. En moyenne, un enfant meurt chaque jour. Samedi, deux sœurs ont été tuées. La semaine dernière, davantage d’enfants ont été touchés par des drones et des bombardements. Depuis le début de cette prétendue trêve, plus de 260 filles et garçons ont perdu la vie », a-t-il affirmé.
Avec le soutien des États-Unis, Israël ne s’est pas limité aux bombardements dans sa guerre menée contre Gaza depuis octobre 2023. Selon les autorités locales, la politique de privation alimentaire imposée à l’enclave a entraîné une aggravation dramatique de la malnutrition, causant la mort de 157 enfants. Un rapport du Bureau central palestinien des statistiques, fondé sur les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), indique qu’en février 2026, plus de 3 700 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été admis dans des programmes de traitement de la malnutrition. Parmi eux, plus de 600 souffraient de malnutrition aiguë sévère nécessitant une prise en charge médicale et nutritionnelle urgente. Même les nourrissons n’ont pas été épargnés par la guerre. Outre les bombardements, Israël est accusé d’avoir poursuivi ses opérations par le siège, la privation de soins et le manque d’accès à l’aide humanitaire.
Le 10 novembre 2023, l’armée israélienne a assiégé l’hôpital pour enfants Nasser, situé dans l’ouest de Gaza-ville, et contraint le personnel médical à quitter les lieux. Selon les autorités locales, les soldats israéliens ont empêché l’évacuation des nourrissons placés en couveuse ou en soins intensifs et ont bloqué les tentatives du personnel médical visant à les sauver. Après le retrait de l’armée, des images choquantes provenant du service des prématurés ont été diffusées. La mort de cinq nourrissons dans leurs lits d’hôpital a alors été confirmée.
Au-delà de la peur permanente des bombardements, des dizaines de milliers d’enfants ont également été confrontés à la perte de leurs proches. Selon l’UNICEF, plus de 58 000 enfants à Gaza ont perdu un parent ou leurs deux parents depuis le début de la guerre. Privés de l’affection familiale, de la présence d’une mère ou d’un père, ces enfants se retrouvent seuls et particulièrement vulnérables dans un contexte marqué par la violence et les déplacements forcés. Selon les derniers chiffres disponibles, le bilan des attaques israéliennes menées contre la bande de Gaza depuis octobre 2023 s’élève à 73 074 morts et 173 537 blessés. Les autorités locales indiquent également que des milliers de corps se trouveraient encore sous les décombres à travers l’enclave palestinienne.

