Cette initiative, portée par la coalition de gauche Sumar et déposée en novembre 2023, a finalement trouvé un accord avec le PSOE dirigé par Pedro Sánchez, actuel Premier ministre, mettant ainsi fin à un long blocage. L’inscription du texte à l’ordre du jour fait suite à l’approbation du gouvernement espagnol.
Mercredi, José Manuel Albares, ministre des Affaires étrangères, a confirmé mercredi dernier ce soutien lors d’une réponse à une question orale d’un député catalan. « Le gouvernement espagnol est pleinement favorable à l’octroi de la nationalité aux Sahraouis sous administration espagnole. Il n’y a aucun problème, aucun blocage, et en tant que ministre des Affaires étrangères, j’y suis favorable », a-t-il déclaré.
Cette avancée sur un dossier hérité par P. Sánchez ne représente qu’une première étape dans un processus potentiellement long. Dans sa version amendée par le PSOE, la proposition exige que les demandeurs fournissent un certificat prouvant leur inscription au recensement espagnol de 1974 ou un document attestant leur présence sur les listes des Nations unies dans le cadre du projet de référendum. Cependant, les documents émis par le Polisario ne sont pas acceptés comme pièces justificatives, ce qui déplaît à la coalition d’extrême gauche Sumar. La référence aux listes de l’ONU pourrait soulever des contestations. En effet, le 20 juin 2000, Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, avait reconnu dans un rapport présenté au Conseil de sécurité que le « processus d’identification » des Sahraouis pour le référendum, ainsi que l’ensemble des activités liées au plan de règlement, étaient en impasse depuis fin 1995. Plus, il avait notamment attribué ce blocage notamment au « Front POLISARIO » qui refusait l’identification des membres des « Tribus del Norte » (tribus du Nord) et des « Costeras del Sur » (tribus du littoral atlantique), pourtant recensés par l’administration espagnole en 1974. Devant cette impasse, l’ex-secrétaire général de l’ONU avait décidé de suspendre les travaux de la commission d’identification des électeurs. Entre 1993 et décembre 1999, seulement 2 130 électeurs avaient été identifiés sur 51 220 requérants potentiels au Sahara occidental.
Si les partis de l’extrême gauche espagnole saluent la décision du gouvernement, le Polisario garde, lui, le silence. La direction du Front n’a fait depuis Tindouf aucun commentaire sur cette nouvelle et ses représentants à Madrid suivent la même ligne. Pourtant, une pétition demandant l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis, initiée par la députée sahraouie Tesh Sidi de la coalition Sumar, continue de gagner du terrain. Au 26 juin, elle comptait près de 28 000 signatures.

