L’enquête qui a inclus 3 644 participants a été menée par l’Université hébraïque de Jérusalem occupée, en coopération avec l’Institut Agam, entre le 17 et le 20 juin.
Ses résultats publiés par Times of Israel rapportent que 92,1 % d’entre eux estiment que la République islamique en est sortie victorieuse. Ils sont 93,1% à le croire parmi les électeurs qui soutiennent le bloc de droite dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Par ailleurs, 82,9 % des participants estiment que la campagne de six semaines contre l’Iran « a affaibli la sécurité à long terme d’Israël », et 86 % d’entre eux expriment une opinion négative sur les résultats des combats et sur l’accord que les États-Unis et l’Iran ont conclu sans la participation ni la coordination de Tel Aviv.
Le sondage a également montré que 87,8 % des israéliens estiment qu’Israël n’a pas atteint les objectifs pour lesquels il a lancé l’attaque, ou qu’il n’en a atteint que certains, car Israël et les États-Unis avaient déclaré que leur objectif était d’éliminer le programme nucléaire iranien et la menace des missiles, et de renverser le régime.
Dans ce contexte, les résultats ont mis en évidence une crise de confiance plus large envers les dirigeants israéliens ; près des trois quarts des participants à l’enquête, soit 72,5 %, ont déclaré ne pas croire aux affirmations de B. Netanyahu selon lesquelles « Israël a réalisé de grands progrès et éliminé une menace existentielle », tandis que 56,4 % ont qualifié sa gestion de la guerre d’« échec » ou de « mauvaise ».
En revanche, seuls 26,5 % ont jugé que la gestion de l’attaque par B. Netanyahu était « bonne » ou « excellente », tandis que 17,1 % l’ont jugée « acceptable ».
La cote de popularité de Netanyahu est en baisse. Le sondage a également mis en évidence le prix politique payé par B. Netanyahu, le soutien à son mandat de Premier ministre ayant chuté brutalement, passant de 40,5 % début mars à 29,4 % en juin.
Le sondage a également révélé un profond mécontentement à l’égard de la gestion de la guerre et de ses conséquences par le président américain Donald Trump, notamment l’accord avec l’Iran, auquel Israël s’oppose fermement. 69,1 % des personnes interrogées ont décrit sa gestion de la guerre comme « ratée » ou « mauvaise », contre seulement 10,8 % qui l’ont considérée comme « bonne » ou « excellente ».
Dans le même temps, le sondage a révélé un « soutien continu à une action militaire contre le Hezbollah au Liban ». En réponse à une question sur l’opportunité pour Israël de reprendre une action militaire de grande envergure contre le Hezbollah – y compris des attaques à Beyrouth – même si cela devait entraîner un affrontement avec Trump (qui a exprimé son mécontentement face aux combats au Liban), 48,2 % des participants ont soutenu cette option, tandis que 20,9 % s’y sont opposés et 30,9 % ont exprimé des doutes à ce sujet.
Enfin, les participants à l’enquête ont été interrogés sur la question de savoir si les guerres menées par Israël contre le Hamas et le Hezbollah avaient atteint l’objectif de « victoire totale » prôné par Netanyahu et son gouvernement au cours des 31 derniers mois, c’est-à-dire depuis le 7 octobre 2023. Seuls 12,2 % des participants estimaient qu’Israël avait atteint la plupart des objectifs qui relèvent du concept de « victoire totale » – un concept que l’enquête définissait comme incluant, entre autres : « le renversement du régime du Hamas à Gaza, la libération des prisonniers et, plus tard, l’élimination de la menace du Hezbollah au Liban ». En revanche, 61,3 % ont déclaré qu’« Israël n’a absolument pas atteint ces objectifs », tandis que 26,5 % pensaient qu’« Israël a atteint certains de ses objectifs ».
- Netanyahu critiqué
Le journal israélien Maariv a rapporté que le président américain a partagé, samedi sur son compte Truth Social, un article dont le titre est centré sur sa propre capacité à influencer les chances chancelantes de réélection du chef du gouvernement de l’occupation, Benjamin Netanyahu. À la lumière de cette publication, le journal estime que Donald Trump envoie un message à B. Netanyahu signifiant : « Écoute, tu es entre mes mains, je suis le maître de ton destin, et tu as tout intérêt à obéir et à reculer », ce qui revient à dire que D. Trump menace B. Netanyahu.
Le journal a mis en garde Netanyahu contre le fait que « Trump peut se retourner à tout moment, et alors, tu regarderas à droite et à gauche pour découvrir que tu es resté seul ». Comme il a souligné que ces questions étaient autrefois évoquées à demi-mot dans les pièces fermées, mais qu’elles sont aujourd’hui criées à tue-tête et en public, estimant que « Trump semble ravi de lui-même et profite de chaque instant, tandis que Netanyahu l’est beaucoup moins ».
Le journal est parvenu à une autre conclusion : B. Netanyahu est l’homme le plus vulnérable à la pression et au chantage de l’histoire. Et d’expliquer que ce dernier a besoin du bloc de coalition pour poursuivre sa fuite ratée face à son procès, et qu’il « vit grâce au bloc » ; c’est pourquoi il subit le chantage du ministre des Finances Bezalel Smotrich, du ministre de la « Sécurité nationale » Itamar Ben Gvir et d’autres, en plus de D. Trump.
Maariv a critiqué toute une série de choix faits par B. Netanyahu, pour faire face à la question de ses partisans dont « certains commencent à se réveiller de leurs illusions » : « Qu’auriez-vous fait différemment ? » Le journal a souligné que « cet homme doit plier bagage et partir », indiquant qu’après son échec cuisant, prévisible et très sanglant, il est passé du statut d’homme s’étant autoproclamé « Monsieur Sécurité » à celui de « Monsieur la Honte ».
Le journal a énuméré les erreurs dans les choix de B. Netanyahu, affirmant qu’il n’aurait pas dû convaincre D. Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire en 2018, ni poursuivre la guerre à Gaza pendant trois ans. Concernant l’Iran, il n’aurait pas dû vendre à D. Trump des illusions et des fantasmes sur le renversement du régime. Sur le plan interne, le journal a critiqué le choix de B. Netanyahu concernant l’actuel gouvernement contrôlé par l’extrême droite, déclarant : « Il n’aurait pas dû former un gouvernement avec tous les extrémistes pyromanes qu’il était possible de rassembler ».

