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Confrontation israélo-libanaise : La tension baisse, mais…

by Perspectives Med
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Confrontation israélo-libanaise : La tension baisse, mais…

« Nos soldats déployés dans le sud du Liban disposent d’une liberté d’action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l’encontre des habitants du nord » d’Israël, a déclaré lundi Benyamin Netanyahu. « L’armée israélienne ne fait l’objet d’aucune restriction sur cette question », a-t-il ajouté, selon un communiqué du bureau du premier ministre israélien.

Rendant compte d’un retour progressif des habitants en dépit des mises en garde des municipalités, le correspondant d’Al Manar rapporte avoir vu les équipes de l’Organisme sanitaire du Hezbollah (Hay’at Sohhiya islamiyya) en œuvre pour évacuer les dépouilles des martyrs dans la région. Tandis que les municipalités s’attellent pour évacuer les routes encombrées par les décombres des maisons détruites dans les villages.  Les infrastructures fournissant l’électricité et l’eau ont été sérieusement endommagées, fait-il remarquer. Khodor AlHaje Ali, responsable de la défense civile dans la Zone 2 de Jabal Amel du Hezbollah, a assuré que 27 de ses membres sont tombés en martyrs dans cette région de Nabatiyeh, 80 ont été blessés et 60 ambulances ont été prises pour cible par l’ennemi israélien pendant les missions de secours et de sauvetage dans les zones résidentielles. Il a accusé l’ennemi israélien de les frapper intentionnellement assurant que « cet ennemi monstre est capable de tout et il faut toujours être sur ses gardes ».

Dans la ville de Nabatiyeh, violemment bombardée depuis le 2 mars, c’est la destruction du siège de la Banque centrale du Liban qui a illustré les véritables intentions israéliennes qui prétend bombarder les infrastructures du Hezbollah tandis qu’il visait des infrastructures publiques. Il a détruit ce bâtiment quelques heures avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu « Ils voulaient volontairement détruire les institutions publiques de l’Etat libanais », a déploré Abbas Fakhddine , chef du Conseil municipal de la ville, qui a rapporté que les centres de téléphonie Ogero, le siège du gouverneur, le commissariat de police ont aussi été bombardés sciemment par les avions israéliens.

Au cours des dernières heures, la délégation politico-militaire libanaise s’est rendue à Washington pour participer au cinquième round de négociations directes, qui se tiendra entre le 23 et le 25 juin courant, les réunions sécuritaires et politiques devant se tenir en parallèle au siège du département d’État américain. Cependant, les données disponibles n’indiquent pas que ce round offrira une opportunité réelle aux Libanais, puisque Israël y a vu une porte d’entrée pour dissocier le dossier libanais de son contexte régional et s’en occuper de manière isolée de tout accord plus large, lui permettant ainsi d’exercer davantage de pressions sur Beyrouth pour arracher un accord de sécurité qui consacre sa présence dans le Sud et lui confère un rôle semblable à celui d’un superviseur des actions de l’armée libanaise.

Ainsi, une source informée a révélé au quotidien libanais Al-Akhbar l’existence d’efforts intenses de la part de Joseph Aoun, président de la République, pour fusionner le travail des deux délégations, militaire et politique, au sein d’un cadre de négociation unique, en réponse à un souhait américain visant à soumettre la délégation militaire à la direction politique menée par l’ambassadeur Simon Karam et l’ambassadrice libanaise à Washington, Nada Moawad, en particulier après le mécontentement israélien face aux positions de la délégation militaire lors de la réunion précédente du 29 mai dernier, notamment en ce qui concerne l’affirmation selon laquelle « l’armée refuse toute coordination directe avec les forces d’occupation, souhaite activer le processus du comité du mécanisme, et ne sera présente dans aucun lieu où se trouvent les forces d’occupation ».

La position de l’armée, qui avait été préalablement notifiée aux trois présidents au Liban, constituait la base sur laquelle la délégation militaire a été formée, reposant également sur l’idée que la délégation est technique et n’a aucun lien avec une discussion politique que la délégation politique pourrait mener avec les Israéliens. Cependant, J. Aoun, tout comme d’autres dirigeants au Liban, et derrière eux les États-Unis et Israël, veulent pousser l’armée vers des réalités sur le terrain dans le but de l’amener à un affrontement avec la Résistance.

Des sources informées ont déclaré qu’« Israël ne donnera aucune carte ni aucune avancée au Liban et qu’il n’est pas sérieux sur la voie diplomatique ; le problème est qu’il s’appuie sur ce qui a été annoncé précédemment lors des rounds de négociation comme une couverture légitimant ses agressions et sa violation de tout accord ». Elles ont souligné que la séparation entre les sessions sécuritaires et politiques n’a pas encore été définitivement tranchée, bien que le commandement de l’armée considère que sa délégation dispose d’une feuille de route distincte de celle de la délégation politique.

Par ailleurs, les même sources ont indiqué que J. Aoun a réclamé la consolidation du cessez-le-feu comme condition essentielle préalable à tout accord, ainsi que le retrait d’Israël de plusieurs régions et leur remise à l’armée. A contrario, les déclarations israéliennes confirment qu’il n’y a pas de retrait en vue et insistent même sur l’occupation d’une zone d’une profondeur de dix kilomètres, dépassant en certains points le fleuve Litani. C’est ce qu’a confirmé dimanche B. Netanyahu, en déclarant que « les forces israéliennes continueront de rester dans la zone tampon au sud du Liban, quel que soit le temps que cela prendra. » Plus, Israël Katz, son ministre de la Guerre, a été plus incisif. « Nous ne nous retirerons pas du Liban, et il n’y a eu et il n’y aura aucune restriction sur l’action de l’armée israélienne là où se trouvent des menaces », a-t-il relevé tout en soulignant que « l’accalmie actuelle maintient l’armée israélienne dans toutes les positions qu’elle occupe dans la zone de sécurité pour protéger les colonies du Nord ».

A souligner que l’armée israélienne n’a pas pu atteindre les hauteurs d’Ali Al-Taher, ses multiples tentatives s’étant soldées, toutes, par plus de 80 officiers et soldats israéliens entre morts et blessés, une réalité qui les a contraintes de respecter le cessez-le-feu, après la décision de l’Iran de maintenir fermé le détroit d’Ormuz et sa menace de suspendre les négociations avec les États-Unis.

Si l’ennemi a échoué à atteindre ce qu’il a appelé « le centre des opérations centrales du Hezbollah » dans le Sud, il a tenté de faire fructifier autrement son échec militaire en proposant, via Marco Rubio, secrétaire d’État américain, le retrait de cette zone située au nord du fleuve Litani dans la région de Chqif, en échange du déploiement de l’armée pour démanteler et détruire l’installation du Hezbollah. Proposition transmise à J. Aoun lors d’un appel il y a deux jours. A noter que les contacts initiaux de la part de l’ennemi se concentraient sur la garantie d’un mécanisme pour récupérer les corps de ses morts sur le terrain, après que les forces de secours ont essuyé des frappes successives dans cette région.

À Tel-Aviv, il est apparu clairement que l’échec des forces d’occupation à réaliser des résultats pratiques majeurs dans le Sud, et le début des grondements au sein de l’armée face au maintien de ses forces à découvert — les exposant ainsi à des risques de frappes en tout point et à tout moment —, ont poussé le gouvernement de l’occupation à présenter rapidement des propositions visant concrètement à provoquer un affrontement entre « l’autorité » au Liban et la Résistance.

Dimanche soir, des informations concernant des « idées pour exécuter des retraits limités » de la région de Chqif se sont largement propagées dans les médias de israéliens. Plusieurs médias ont rapporté que « le commandement de l’armée étudie l’exécution de retraits limités avant le lancement du round de discussions à Washington ». Ils ont cité des responsables israéliens. « Nous n’avons pas reçu de demande américaine de retrait. La ligne jaune est une ligne rouge ; les dernières heures ont été le témoin d’une série de consultations au sein de l’institution sécuritaire et militaire et de la direction politique israélienne, parallèlement à des contacts entre Israël et les USA à différents niveaux, et des retraits limités de certaines régions libanaises sont à l’étude », ont-ils fait savoir.

Les sources israéliennes ont évoqué « une proposition selon laquelle le retrait s’effectuerait des régions situées au nord du fleuve Litani, parmi lesquelles la région de Chqif (Beaufort). Ce retrait pourrait envoyer le message d’une initiative israélienne vers l’amélioration des relations avec le Liban ». Les sources ont précisé qu’Israël « a lié tout retrait supplémentaire du sud du Liban à la prise de mesures concrètes par l’armée libanaise contre le Hezbollah ».

A signaler aussi que le commandement du Front intérieur a annoncé dans la nuit l’annulation de toutes les restrictions imposées aux colonies du Nord à compter d’aujourd’hui, appelant au retour complet des établissements éducatifs sans restrictions. Par ailleurs, la Chaîne 12 a rapporté qu’« en parallèle au cessez-le-feu, l’armée a commencé à réduire les effectifs des divisions militaires dans la zone de sécurité, partant du principe que les missions offensives imposées par l’échelon politique à l’armée ont été accomplies dans leur grande majorité, en plus du fait que les soldats accomplissent des tâches très difficiles pour se protéger ». Selon les médias israéliens, les estimations indiquent que les négociations de Washington verront « l’ouverture des cartes de la zone de sécurité tampon, et la définition des régions dont l’armée israélienne se retirera et que l’armée a nettoyées, en contrepartie du déploiement de l’armée libanaise dans ces zones pour tester sa capacité à empêcher le Hezbollah d’en reprendre le contrôle ».

Damas se rebiffe

A noter qu’Ahmad al-Charaa, président intérimaire de la Syrie a considéré que la déclaration du président américain  concernant l’intervention de la Syrie au Liban « a été mal comprise ». Dans une interview accordée dimanche à la télévision Al-Mashhad, il a affiché une autre attitude de Damas. « Nous avons bien assez de courage pour le dire publiquement si nous voulions entrer sur un terrain de conflit ou de guerre. Nous ne voulons que le bien pour nos frères au Liban, et nous ne leur souhaitons qu’une vie heureuse. Le rôle syrien est purement positif et se définit en fonction des intérêts libanais et syriens à la fois », a-t-il déclaré.

Comme il a annoncé que la proposition syrienne pour résoudre la crise libanaise repose sur « l’arrêt de la guerre dans un premier temps, puis l’adoption d’une boîte à solutions comprenant des volets économiques, politiques et sociaux, ainsi que le rétablissement des relations économiques et de l’artère économique entre la Syrie et le Liban ». Et de souligner que cela s’accompagne de mesures de sécurité répondant aux préoccupations syriennes et libanaises, en plus de certaines préoccupations israéliennes.

  1. Al-Charaa, alias Al-Joulani, a estimé que « l’arrêt de ce qui se passe nécessite des solutions créatives et non des solutions traditionnelles », affirmant que « le rôle syrien doit être positif et de soutien à l’État libanais et à ses institutions, et non une répétition de la phase de tutelle précédente, mais plutôt à travers le soutien à la stabilité et la reconstruction des institutions libanaises ». Il a insisté sur le fait que la solution doit passer « par le renforcement des liens entre les forces libanaises, y compris le Hezbollah, pour parvenir à une solution sûre qui rassure tout le monde », avertissant que « les solutions fragmentées pourraient mener à davantage de complexité ». Il a également affirmé que « le Liban a besoin de rassurer ses composantes », insistant sur « la nécessité de garantir que la composante chiite se sente en sécurité et non perdante, ainsi que de trouver une place pour le Hezbollah au sein de l’État libanais, loin des solutions à somme nulle ».

Dans ce contexte, A. Al-Charaa ne s’est pas opposé à s’asseoir avec le Hezbollah « si cela sert l’intérêt du Liban et préserve les intérêts syriens », affirmant qu’il croit au dialogue « même avec les parties adverses ».

  1. Trump avait intensifié dimanche ses positions à l’égard de l’Iran et du Liban, déclarant lors d’une interview accordée au réseau Fox News qu’il était sur le point de confier le dossier du Hezbollah à la Syrie, et d’accorder un rôle plus important à A. Al-Charaa pour le traiter. Il a également appelé Téhéran, dans une publication sur sa plateforme Truth Social, à faire cesser les troubles causés par ceux qu’il a qualifiés de mandataires « qui reçoivent de l’argent d’elle au Liban », la menaçant, si elle ne s’exécutait pas, de la frapper à nouveau « très durement, exactement comme nous l’avons fait la semaine dernière, mais avec une force encore plus grande ».

Le poids de la résistance

Du côté du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem a affirmé que l’accord de cessation de l’agression conclu le 27 novembre 2024 est intervenu après les tentatives de l’occupation israélienne d’anéantir la Résistance, soulignant que le rapport de force a imposé une réalité différente et a mis en échec ces tentatives. Il a déclaré que l’occupation israélienne était censée passer, après l’accord, à la phase de retrait et de cessation de l’agression, mais qu’elle a continué à parier sur un changement de circonstances. Sauf que, a-t-il estimé, B. Netanyahu, a réussi à entraîner D. Trump dans la guerre contre l’Iran, partant du principe qu’une frappe contre l’Iran affaiblirait les forces de la Résistance dans la région.

Le numéro un du Hezbollah a ajouté que le projet américano-israélien visait à éliminer la « tête de la Résistance » dans les mondes arabe et islamique, mais que ce projet s’est effondré. Il a affirmé que l’Iran en est sorti plus fort malgré les lourds sacrifices, et que la Résistance au Liban a réussi à tenir bon en dépit de l’ampleur de l’agression et des ciblages. Il a indiqué que l’occupation israélienne a mené des milliers de raids sur le Liban, et que l’Iran a également subi des dizaines de milliers de raids et d’attaques, sans que cela ne réalise les objectifs déclarés de la guerre. La phase actuelle est celle des résultats de la rupture du projet américano-israélien contre la Résistance, a-t-il renchéri.

Concernant le cessez-le-feu, le leader du Hezbollah a déclaré que l’occupation israélienne présente sa propre interprétation de l’accord, basée sur l’engagement du Hezbollah à cesser le feu en échange du maintien de la liberté de mouvement de l’occupation et de la poursuite de ses agressions. Il a estimé que cela ne constitue pas un cessez-le-feu, mais plutôt la continuation de l’agression. Et d’expliquer que toutes les initiatives proposées au cours des derniers mois commençaient par demander à la Résistance un cessez-le-feu pour des périodes déterminées afin de tester l’engagement de l’occupation, mais que l’occupation ne s’y conformait pas. Il a souligné que la Résistance s’engageait envers les initiatives proposées avant de reprendre les ripostes suite à la poursuite des agressions.

Il a en outre insisté sur le fait que le Hezbollah a pris la décision de ne pas revenir à la situation antérieure au 2 mars, affirmant que le cessez-le-feu signifie l’arrêt total de l’agression sur les plans terrestre, maritime et aérien, ainsi que l’arrêt des opérations de démolition, d’incursion et de positionnement dans les territoires libanais occupés, en préparation d’un retrait selon un calendrier clair.

Cheikh N. Qassem a souligné que la Résistance rejette tout projet relatif au désarmement ou à l’imposition de nouvelles conditions politiques. La Résistance n’accepte plus aucune équation permettant à l’occupation une liberté de mouvement et d’agression sous couvert de cessez-le-feu, a-t-il réitéré, soulignant que toute violation de la part de l’occupation sera affrontée et que la Résistance traitera toute agression par les moyens qu’elle jugera appropriés. Il a également réaffirmé que la Résistance est attachée au droit du Liban à la pleine souveraineté sur ses territoires, et qu’elle rejette le maintien de l’occupation ou l’imposition de nouvelles réalités sur le terrain libanais.

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