La chaine israélienne Kan a précisé que « mercredi, vers 17h00, une équipe de combattants rattachée au quartier général du commandant adjoint de la 36e division, aux côtés de forces de la brigade Givati, progressait à pied dans la zone du fleuve Litani, près du village d’Al-Taybeh, lorsqu’un engin explosif a détoné dans leur direction ». Et d’ajouter que « l’explosion a entraîné la mort du sergent-chef (réserviste) Alexander Philin et a blessé sept autres combattants : trois modérément et quatre légèrement ».
« Parmi les blessés modérés figurent le commandant adjoint de la 36e division (un officier au grade de colonel) ainsi qu’un commandant de bataillon de réserve du groupe de transport 556 (au grade de lieutenant-colonel). Parmi les blessés légers figure une réserviste », a-t-on indiqué de même source.
L’armée d’occupation israélienne a ouvert une enquête sur les circonstances de l’incident. Cet incident est survenu quelques heures après que cinq soldats israéliens eurent été blessés lors d’une attaque menée par deux drones d’assaut du Hezbollah, ciblant successivement une force militaire puis la force d’évacuation. Lors de cette opération, l’un des soldats a été grièvement blessé, tandis que les blessures des autres oscillaient entre modérées et légères.
De son côté, le ministère israélien de la Santé a indiqué que le nombre total de blessés pris en charge par les hôpitaux depuis le lancement de ce qui est nommé l’opération « Rugissement du Lion », le 28 février, s’élève à 9 230 soldats. Dans son communiqué, le ministère a fait état de 21 nouveaux blessés enregistrés depuis la dernière mise à jour des données lundi dernier. Les données ont également révélé que les hôpitaux de l’occupation israélienne ont enregistré, pour le seul front Nord et après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec l’Iran, un total de 1 331 blessés, tandis que le bilan des blessés enregistrés sur ce même front après le cessez-le-feu avec le Liban a atteint 913.
Channel 14 a rapporté de son côté que le secrétaire général du Hezbollah a prononcé un discours empreint de « grande confiance en soi », qu’il a attribuée aux « victoires remportées par l’Iran ». Elle a ajouté que cheikh Naïm Qassem a adressé un message à Israël, affirmant qu’« il n’y a pas de zones de sécurité » et qu’Israël doit partir « et qu’il partira ». La chaîne a considéré le discours du leader chiite comme un « discours triomphal », non seulement pour le Hezbollah, mais pour l’ensemble de l’axe de la résistance.
A signaler qu’une personne a été tuée et une autre grièvement blessée jeudi lors d’une frappe de drone israélien visant une voiture dans le sud du Liban, selon les médias d’État libanais, malgré l’entrée en vigueur d’un accord entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin aux hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. La frappe a touché un véhicule près du rond-point de Kfar Tebnit-Arnon, dans la région de Nabatieh, a rapporté l’Agence nationale de presse libanaise.
Dans une autre attaque, un drone israélien a largué une bombe sur la localité de Beit Yahoun, dans le sud du Liban, faisant deux blessés, selon la même source.
L’incident survient dans un contexte de tensions persistantes le long de la frontière libano-israélienne, malgré un récent accord entre Washington et Téhéran visant à mettre fin aux hostilités après les attaques lancées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février.
Des responsables iraniens affirment à plusieurs reprises que l’arrêt des opérations militaires israéliennes sur les différents fronts régionaux, en particulier au Liban, fait partie des objectifs clés d’un mémorandum d’accord en cours de finalisation entre Téhéran et Washington. Israël continue d’occuper des zones du sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis le dernier conflit entre les deux parties.
Lors de la récente campagne militaire, les forces israéliennes ont avancé de plus de 10 kilomètres en territoire libanais.
Assurances US
A signaler aussi que J.D Vance, vice-président américain, a critiqué jeudi la « panique » israélienne concernant le mémorandum d’accord récemment signé entre les États-Unis et l’Iran, affirmant que le recours à la force ne peut pas résoudre tous les problèmes de sécurité nationale. « Je trouve toute cette agitation en Israël un peu étrange, car je pense qu’elle vient d’un manque de confiance, et je pense que les États-Unis ont gagné la confiance de cette région du monde », a-t-il déclaré au New York Times. « Nous avons fait du très bon travail avec ce pays en particulier et ce gouvernement en particulier, et je pense que l’idée selon laquelle nous aurions conclu un terrible accord n’est pas étayé par les faits, et n’a tout simplement pas de sens si l’on considère la durée globale de la relation. »
Il a affirmé que de « larges segments du système politique et de la population israélienne sont très sensibles à cet accord », ajoutant que leur « panique » découle selon lui de désinformations concernant l’accord. « Mais vous avez vu des personnes dans leur système, (le ministre de la Sécurité nationale) Itamar Ben-Gvir et (le ministre des Finances) Bezalel Smotrich, qui ont attaqué l’accord. Et je suppose que ma réponse serait : quelle est votre proposition exacte ? Vous êtes un pays de neuf millions de personnes. Vous ne pouvez pas simplement résoudre tous vos problèmes de sécurité en tuant », a-t-il déclaré.
Estimant que l’accord sera bénéfique « pour toute la région et pour le monde », y compris pour Israël, le responsable US a indiqué que l’accord a permis de mettre fin au programme nucléaire iranien. « Nous avons détruit leur programme nucléaire. Nous avons amené les Iraniens à un point où ils proposent des choses, encore une fois, reste à voir s’ils les mettront réellement en œuvre, qui auraient relevé du domaine du rêve il y a six mois », a déclaré J. D. Vance. « Alors laissons cette négociation se dérouler. Voyons si les actions iraniennes correspondent réellement à leurs paroles, et accordons un peu de crédit aux États-Unis d’Amérique, qui, selon moi, ont été un partenaire exceptionnel pour le gouvernement israélien depuis longtemps. »
Pour rappel, Donald Trump avait une nouvelle fois proposé, la veille mercredi, que la Syrie pourrait jouer un rôle dans le désarmement du Hezbollah au Liban, affirmant avoir évoqué directement ce sujet avec le président syrien Ahmed al-Chareh. Cette idée intervient au moment où Washington cherche à préserver le fragile accord d’intention conclu avec Téhéran et à éviter qu’une escalade israélienne au Liban ne compromette les négociations à venir sur le nucléaire et les sanctions. Plus qu’un véritable plan opérationnel, cette proposition apparaît surtout comme un signal politique adressé à Israël. L’administration américaine semble vouloir limiter les opérations israéliennes au Liban et rappeler que l’objectif est désormais la stabilisation régionale plutôt qu’une extension du conflit. Les critiques inhabituelles de D. Trump envers Benjamin Netanyahou renforcent cette lecture.

