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Guerre génocidaire d’Israël : Frappes mortelles et grignotage de terrain dans l’enclave palestinienne

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Frappes mortelles et grignotage de terrain dans l’enclave palestinienne

Le Hamas a déclaré la veille vendredi que la poursuite par Israël du déplacement vers l’ouest de la « ligne jaune » à l’intérieur de la bande de Gaza, ainsi que l’expansion de son contrôle sur les terres palestiniennes, visent à « faire exploser la piste des négociations et à saboter les efforts en cours » pour consolider le cessez-le-feu. Dans un communiqué, Hazem Qassem, porte-parole du Hamas, a fait cette déclaration alors que des factions palestiniennes et des médiateurs tenaient des discussions au Caire sur les questions encore en suspens liées à l’accord de cessez-le-feu.

Selon des témoins, l’armée israélienne a déplacé ces derniers jours et jusqu’à vendredi les blocs de la « ligne jaune » d’environ 300 mètres vers l’ouest dans plusieurs zones de la bande de Gaza, notamment dans le quartier de Tuffah, à l’est de Gaza City. La « ligne jaune » désigne la ligne de séparation jusqu’à laquelle l’armée israélienne s’est retirée dans le cadre de la première phase du plan américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza. Ce plan est entré en vigueur en octobre 2025, mais Tel-Aviv ne s’y serait pas conformé.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, l’armée israélienne a tué et blessé des dizaines de Palestiniens, affirmant qu’ils tentaient de franchir cette ligne. «Le déplacement de la ligne jaune par l’armée israélienne à Gaza City, accompagné de bombardements et de déplacements de population, constitue une violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu », a noté H. Qassem. « Cette mesure révèle l’incapacité des États garants et du Conseil de paix à mettre fin aux violations israéliennes », a-t-il ajouté, estimant qu’elle traduit les menaces précédentes d’Israël d’élargir la zone sous son contrôle dans la bande de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait reconnu le 15 mai que son armée contrôlait 60 % de la bande de Gaza et avait indiqué que son gouvernement entendait étendre ce contrôle à 70 %. « Les développements interviennent alors que les négociations se poursuivent au Caire », a déclaré Hazem Qassem, malgré ce qu’il a décrit comme une position « positive » adoptée par les factions palestiniennes lors des discussions avec les médiateurs. « Les actions israéliennes reflètent son refus de mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu et visent à faire exploser la piste des négociations et à saboter les efforts en cours, tout en poursuivant l’escalade pour servir des considérations politiques et électorales », a ajouté le porte-parole du Hamas.

Le Hamas a annoncé mardi que des approches jugées acceptables avaient été trouvées sur plusieurs points de désaccord liés à l’accord de cessez-le-feu à Gaza, au cours des pourparlers organisés au Caire. « Les parties participant aux discussions sont parvenues à des ententes préliminaires sur les questions les plus épineuses de l’accord », a déclaré H. Qassem à Anadolu, sans préciser la nature de ces avancées.

Ces développements interviennent alors qu’Israël continue, selon ces mêmes sources, de violer le cessez-le-feu en empêchant l’entrée dans Gaza des quantités convenues de nourriture, de médicaments, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de logements préfabriqués, et en ne rouvrant pas les points de passage comme prévu dans l’accord. Selon le ministère de la Santé à Gaza, ces violations ont causé la mort de 981 Palestiniens et fait 3 111 blessés.

Des centaines de milliers de Palestiniens vivent dans des tentes et des abris temporaires à travers Gaza, après que la guerre a détruit ou gravement endommagé leurs habitations, entraînant des déplacements répétés et des conditions de vie marquées par le manque de services essentiels. Depuis le début de la guerre menée par Israël à Gaza le 8 octobre 2023, environ 73 000 Palestiniens ont été tués et plus de 173 000 autres blessés, tandis que 90 % des infrastructures civiles de l’enclave auraient été détruites ou gravement endommagées.

Dénonciations mondiales

Une flottille de 25 bateaux s’est rassemblée samedi sur le lac Léman dans le cadre d’une protestation symbolique contre le sommet du G7 organisé dans la ville française d’Évian, avec environ 100 militants venus de 15 pays, selon le journal suisse TDG. Les embarcations se sont regroupées au milieu du lac, en face d’Évian, où les dirigeants du Groupe des Sept se réunissent ce week-end.

Selon un communiqué de Global Sumud Switzerland, qui a soutenu l’action, les participants entendaient protester contre la position de la Suisse sur Gaza et son rôle dans les dispositifs de sécurité entourant le sommet. Les organisateurs ont décrit la manifestation comme non violente. Plusieurs participants ont déjà pris part à des flottilles visant à atteindre Gaza. « Les pays du G7 et la Suisse sont complices du génocide en cours à Gaza », a déclaré la députée du Parti écologiste suisse Léonore Porchet, présente parmi les participants. L’ancien maire de Genève Rémy Pagani, déjà détenu en Israël lors d’une mission de flottille à destination de Gaza, a également participé à la protestation.

Le même jour en France, des militants pro-palestiniens se sont rassemblés après-midi à la Fontaine des Innocents, dans le centre de Paris, à l’appel de l’organisation EuroPalestine, afin de dénoncer les exactions israéliennes dans la bande de Gaza et exprimer leur solidarité avec les Palestiniens. Des dizaines de participants ont brandi des drapeaux palestiniens et scandé des slogans appelant à un cessez-le-feu, tandis que des stands de sensibilisation et de distribution de documents étaient installés sur place. Les organisateurs ont dénoncé les attaques israéliennes contre Gaza, les bombardements visant des zones civiles, les déplacements forcés de population, les destructions d’hôpitaux, d’écoles et d’infrastructures essentielles ainsi que le blocus imposé au territoire palestinien.

L’agression israélienne menée dans la bande de Gaza depuis octobre 2023 a provoqué une catastrophe humanitaire majeure. Des organisations internationales, des agences des Nations unies et plusieurs ONG de défense des droits humains alertent depuis des mois sur les violations du droit international humanitaire commises dans l’enclave palestinienne, notamment les bombardements de zones densément peuplées, les restrictions imposées à l’aide humanitaire et l’effondrement du système de santé.

Pour rappel, la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l’Afrique du Sud, a estimé en janvier 2024 qu’il existait un risque plausible de génocide à Gaza et a ordonné plusieurs mesures conservatoires à Israël afin de prévenir des actes pouvant relever de la Convention sur le génocide, notamment en permettant l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza. La Cour pénale internationale (CPI) a, de son côté, émis en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre à Gaza, notamment l’usage de la famine comme arme de guerre.

Les participants au rassemblement ont appelé la France et les pays occidentaux à accroître la pression diplomatique sur Israël et à mettre fin au soutien militaire, politique et diplomatique accordé au gouvernement israélien.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de multiplication des rassemblements pro-palestiniens en France depuis le début de la guerre à Gaza. Plusieurs organisations militantes dénoncent également des restrictions administratives, des poursuites judiciaires et des pressions visant des militants engagés en faveur de la cause palestinienne, notamment la présidente du collectif EuroPalestine Olivia Zémor et le vice-président, Nicolas Shahshahani.

Fin mai 2026, la flottille humanitaire Global Sumud, qui tentait d’acheminer de l’aide vers Gaza par voie maritime, est interceptée par l’armée israélienne en eaux internationales. Près de 500 militants venus du monde entier, dont de nombreux Français, sont arrêtés, transférés de force vers Israël puis détenus plusieurs jours avant d’être libérés Parmi eux figurent deux Niçois, Malika Baouya et Scott Moreau. Dans un entretien accordé à l’agence Anadolu, ils racontent les violences subies durant leur détention, la procédure judiciaire désormais engagée en France et l’accueil exceptionnel qui leur a été réservé en Turquie après leur libération. Ces témoignages pourraient désormais avoir des suites judiciaires.
Accompagnée de son avocate, Malika Baouya doit déposer plainte le 15 juin. Les faits dénoncés concernent notamment les violences physiques qu’elle décrit ainsi que les conditions de détention dans des conteneurs maritimes transformés en cellules.
Cette démarche intervient alors qu’une enquête a déjà été ouverte par le Parquet national antiterroriste à la suite d’un signalement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères concernant les violences relatées par les ressortissants français détenus par l’armée israélienne.
Selon les informations recueillies par Anadolu, plusieurs passagers de la flottille ont déjà été contactés par les enquêteurs chargés du dossier afin de recueillir leurs témoignages.

Dérives britanniques

AU Royaume-Uni, quatre militants de Palestine Action ont été condamnés à des peines de prison pour une action de protestation visant une usine d’Elbit Systems, principal fabricant d’armement israélien. Samuel Corner, 23 ans, a été condamné à 8 ans et 8 mois de prison pour blessures graves et dégradation. Il pourra être éligible à une libération conditionnelle après 7 ans et 8 mois. Charlotte Head, 30 ans, et Leona Kamio, 30 ans, ont chacune été condamnées à 6 ans de prison et 45 jours pour dégradation. Elles seront éligibles à une libération conditionnelle après environ 4 ans et 10 mois. Charlotte Head a également été interdite de conduire pendant un an après avoir utilisé un fourgon pénitentiaire comme « bélier » pour forcer l’entrée du site. Fatema Rajwani, 21 ans, a été condamnée à 5 ans et 8 mois moins 45 jours pour dégradation, le juge ayant pris en compte son jeune âge au moment des faits.

Selon le tribunal, le groupe a causé environ 1 million de livres sterling de dégâts sur le site de Bristol lors d’une action menée le 6 août 2024, en lien avec les relations de l’entreprise avec le conflit au Moyen-Orient. Les quatre prévenus ont été reconnus coupables de dégradation lors d’un nouveau procès le mois dernier. Le juge a estimé que les faits présentaient un « lien terroriste », ce qui a alourdi les peines.

Le juge a déclaré être convaincu que les infractions visaient notamment à influencer le gouvernement britannique et à protester contre la politique du Royaume-Uni au sujet de Gaza, tout en constituant une intimidation des employés et un acte motivé par des considérations politiques et idéologiques.

Devant la Crown Court de Woolwich vendredi, Clare Hinchcliffe, mère de l’ancienne militante Z. Rogers, a estimé que sa fille et les autres personnes impliquées dans l’affaire dite des « Filton 4 » étaient sanctionnées dans le cadre d’un durcissement plus large contre les actions directes visant des entreprises d’armement israéliennes. Elle a affirmé que cette affaire marquait un tournant dans l’utilisation des lois antiterroristes contre des manifestants. Selon elle, les accusés n’ont pas pu expliquer pleinement leurs motivations et des éléments de contexte politique importants ont été exclus du débat devant le jury.

« C’est une affaire absolument historique, et nous arrivons à un moment décisif », a-t-elle déclaré à Anadolu, estimant que la procédure judiciaire avait limité ce qui pouvait être présenté pour la défense des militants. « Ils n’avaient pas le droit de parler de génocide, de nettoyage ethnique, de l’histoire de la Palestine et d’Israël. Ils n’avaient pas le droit de dire ce que faisaient les armes », a-t-elle ajouté.

Elbit Systems possède plusieurs bureaux et sites de production au Royaume-Uni et ailleurs, produisant des systèmes de communication, des technologies de surveillance ainsi que des véhicules aériens et terrestres sans pilote.

  1. Hinchcliffe a également critiqué le juge, estimant que le procès n’avait pas été équitable. « Il a été épouvantable tout au long de ce procès. Il est la raison pour laquelle ma fille est en prison depuis 18 mois, car il a refusé les demandes de libération sous caution. 18 mois, c’est trois fois la durée légale de détention avant un procès… », a-t-elle déclaré.

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