Un drone a mené deux frappes consécutives sur un quartier de Nabatieh al-Fawqa, déclenchant un incendie à l’intérieur d’un appartement, selon l’agence de presse officielle NNA. Aucune information n’était disponible dans l’immédiat concernant d’éventuels blessés. Des explosions ont également été entendues dans la ville de Tyr, les forces israéliennes effectuant des dynamitages et des démolitions d’immeubles dans les villes frontalières de Majdal Zoun, Al-Mansouri et Bint Jbeil, selon la même source. L’armée israélienne a en outre provoqué une forte explosion dans le village d’Al-Qusayr, situé dans le district de Nabatieh, a précisé la NNA.
Ces incidents surviennent malgré l’accord-cadre signé le mois dernier entre Tel-Aviv et Beyrouth sous médiation américaine, qui prévoit un retrait progressif des forces israéliennes de l’ensemble du territoire libanais occupé. L’accord ne fixe pas d’échéancier pour ce retrait, mais subordonne la fin du processus à la prise en charge complète de la sécurité par l’armée libanaise dans les zones évacuées ainsi qu’au désarmement des groupes armés, y compris le Hezbollah. Selon des chiffres officiels libanais, les attaques israéliennes au Liban depuis le 2 mars ont fait 4 332 morts et 12 236 blessés. Plus, Israël continue d’occuper certaines parties du sud du Liban, dont certaines sont sous son contrôle depuis plusieurs décennies et d’autres ont été saisies lors du précédent conflit entre octobre 2023 et novembre 2024.
Pour rappel, la logique des « zones pilotes » s’avère inopérante. Censées représenter une première étape vers la consolidation du déploiement de l’armée libanaise et la création des conditions favorables au retour des habitants, ce processus cale face à la poursuite des violations israéliennes. L’entrée de l’armée dans les localités de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya n’a pas suffi à ouvrir la voie à un retour naturel et stable des habitants, l’ennemi persistant dans ses opérations de bombardement, de dynamitage et d’incursion, plaçant l’expérience face à un test sécuritaire et politique complexe.
Un communiqué du commandement de l’armée libanaise est venu placer les violations israéliennes au cœur de la situation, affirmant que les agressions répétées entravent la finalisation du déploiement militaire, empêchent le retour des habitants et retardent la consolidation de la stabilité dans le Sud. Il a fait état d’une « vaste série de violations comprenant la destruction et le rasage de maisons, ainsi que des bombardements et des tirs de ratissage à l’arme automatique dans plusieurs zones, notamment Kfar Tebnit, Haddatha, Kounine, la source d’Ibl al-Saqi, Khiam, Mansouri, Biyout al-Siyad et Majdal Zoun ».
Ces agressions ne se sont pas limitées au volet militaire, mais ont touché les fondements de la vie civile, à travers la saisie de décombres dans les zones frontalières, le dynamitage d’un projet hydraulique relevant de l’Office national du Litani à Markaba, et l’incendie d’oliviers centenaires ainsi que de vastes superficies agricoles, dont les plus récents aux abords d’Aitaroun. Ces actes ne visent pas seulement les infrastructures, mais frappent les conditions essentielles dont les résidents ont besoin pour revenir et s’installer.
Le point le plus sensible à ce stade reste l’exposition des positions de déploiement de l’armée à des tirs, en particulier à Kfar Tebnit, Nabatieh al-Faouqa et Zawtar al-Gharbiya. Israël reste rétif à l’établissement de l’autorité de l’État qui repose sur la liberté de mouvement de l’armée et sa capacité à exécuter ses missions sans menace ni pression sur le terrain.
La tâche s’avère d’autant plus délicate en raison de l’absence d’informations détaillées et claires à la disposition de la population concernant les zones sécurisées, les étapes du relevé du génie, l’ampleur des dégâts et les risques liés aux munitions non explosées ou aux bâtiments endommagés. Cela place l’armée, les municipalités et les équipes de la défense civile devant une grande responsabilité pour organiser le retour et fournir les consignes nécessaires afin d’éviter des victimes.
Des médias israéliens ont publié des informations émanant du bureau de Benjamin Netanyahu indiquant que ce dernier a informé les ministres de son gouvernement que Donald Trump lui a demandé de se retirer du Liban, de Syrie et de Gaza. Ajoutant qu’il expliquera au Président US, lors de leur rencontre à Washington, les risques d’une telle démarche à l’heure actuelle. Les médias israéliens ont réitéré leurs doutes quant à la capacité de l’armée libanaise à honorer ses engagements, notamment le démantèlement de la structure du Hezbollah, estimant que cela entravera le processus de « redéploiement ».

