La cotation de l’indice de référence sud-coréen Kospi a été brièvement suspendue après une chute de plus de 10 % dans la nuit, suite à une vente massive d’actions de sociétés de semi-conducteurs à l’échelle mondiale. Ce déclin est dû aux informations selon lesquelles la Chine avait commencé la production en masse des machines nécessaires à la fabrication de microprocesseurs de pointe.
Selon le site web « The Information », la société chinoise « Shanghai Yuliangsheng » a commencé à produire des outils de lithographie ultraviolette profonde, qui sont des outils essentiels dans le processus de fabrication des semi-conducteurs. Jusqu’à présent, cette technologie était contrôlée par les géants occidentaux de la fabrication de puces.
Lundi, les actions d’ASML, l’entreprise la plus valorisée d’Europe et un fabricant leader de cette technologie, ont chuté de plus de 8 %. Les marchés boursiers japonais (Nikkei) et taïwanais (TAIEX) ont également chuté de plus de 4 % en raison des craintes que cette faille puisse nuire aux entreprises de la chaîne d’approvisionnement de l’intelligence artificielle. Les actions des fabricants de puces sud-coréens Samsung et SK Hynix, qui ont été des moteurs clés de la forte hausse du marché cette année, ont également chuté de plus de 12 % chacune. Les actions des deux sociétés ont chuté de près de 50 % depuis qu’elles ont atteint des sommets historiques le mois dernier, tandis que l’indice Kospi a reculé de plus de 30 %.
Stephen Innes, de SPI Asset Management, estime que ce déclin ne témoigne pas d’un effondrement de la demande de semi-conducteurs ni d’un abandon par les géants de la technologie de leurs investissements dans l’infrastructure d’intelligence artificielle. « Ce qui a changé, c’est la volonté du marché de tirer profit de ces promesses à presque n’importe quel prix », a-t-il relevé. « Le secteur de l’IA a fonctionné comme une roue qui tourne ces dernières années : la hausse des cours boursiers a encouragé davantage de dépenses, ces dépenses ont renforcé les attentes de bénéfices plus élevées, et ces attentes ont de nouveau fait grimper les valorisations », a-t-il ajouté. « Et maintenant, cette même roue commence rapidement à semer la confusion chez les investisseurs »,a-t-il conclu.
La forte baisse du marché mardi est intervenue après une journée morose à Wall Street. Les actions de Nvidia ont chuté de 5 %, effaçant 250 milliards de dollars (188 milliards de livres sterling) de capitalisation boursière, ce qui en fait la plus grande entreprise cotée au monde, en une seule journée. Les actions de son concurrent SanDisk ont également chuté de 11 %, et celles d’AMD ont reculé de 5 %.
Soleil artificiel
La Chine a annoncé une avancée importante dans son programme de fusion nucléaire, souvent appelé « soleil artificiel ». Comme l’explique Global Times, deux composants essentiels d’un futur réacteur de fusion ont passé avec succès tous les essais techniques. Cette réussite rapproche le pays de son objectif : produire un jour de l’électricité grâce à la fusion.
Le premier composant est un immense aimant supraconducteur (un matériau est dit supraconducteur lorsqu’il peut transporter un courant électrique sans pratiquement perdre d’énergie, mais seulement à une température extrêmement basse). Cet aimant, en forme de D, est aujourd’hui le plus grand jamais construit pour un réacteur de fusion. Selon le quotidien chinois, seize aimants identiques seront assemblés en anneau afin de créer un champ magnétique très puissant. Son rôle est de maintenir le plasma (gaz chauffé à une température si élevée que ses particules sont chargées électriquement) au centre du réacteur. Ainsi, les aimants formeront une sorte de cage magnétique invisible qui empêchera le plasma de toucher les parois du réacteur.
Le second composant validé est une bobine supraconductrice centrale. Global Times rapporte que les chercheurs la comparent à la bougie d’allumage d’un moteur automobile. C’est elle qui permet de lancer le plasma et de maintenir son fonctionnement. Les essais ont confirmé que cette bobine répond aux performances attendues.
Les responsables du projet soulignent un autre résultat majeur. Toujours d’après le média, tous les éléments nécessaires à la fabrication de ces composants, depuis les matériaux jusqu’aux procédés industriels, ont été développés en Chine. Les chercheurs estiment ainsi avoir supprimé leur dépendance envers des technologies étrangères pour cette partie du programme. La conception de ces équipements a toutefois représenté un défi considérable. Les aimants devront fonctionner pendant environ soixante ans à une température proche de -269°C, tout en supportant des courants électriques très élevés ainsi que de fortes contraintes mécaniques.
Les ingénieurs expliquent que même un très faible écart de température lors de la fabrication peut dégrader les performances du matériau supraconducteur. Le Global Times note que les composants ont résisté à plus d’un millier de cycles d’essais reproduisant les conditions extrêmes auxquelles ils seraient confrontés durant leur exploitation.
La Chine travaille sur la fusion nucléaire depuis plusieurs décennies. Global Times rappelle que son principal réacteur expérimental, conçu pour maintenir un plasma extrêmement chaud grâce à de puissants champs magnétiques, a déjà établi un record mondial: il a conservé un plasma à 100 millions de degrés pendant 1 066 secondes. Pékin prévoit maintenant d’achever un nouveau réacteur expérimental d’ici à la fin de 2027. Elle espère ensuite avancer vers la production d’électricité par fusion autour de 2030, avant de construire une centrale de démonstration.

