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B. Netanyahu accueilli par D. Trump à la Maison Blanche : Le nucléaire iranien à l’ordre du jour

by Perspectives Med
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B. Netanyahu accueilli par D. Trump à la Maison Blanche : Le nucléaire iranien à l’ordre du jour

Dans la région du Golfe, les responsables des trois pays « ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération et de faire progresser les efforts diplomatiques pour établir la stabilité dans la région et faire disparaître l’insécurité imposée dans le détroit d’Ormuz en raison des actes agressifs des Etats-Unis », précise-t-on. Le détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux points de tension entre Téhéran et Washington, les désaccords sur la gestion de cette voie maritime ayant fortement fragilisé le protocole d’accord signé le 17 juin.

L’Iran insiste pour conserver le contrôle du détroit et veut en faire payer le passage, tout en maintenant Oman associé à cette gestion en tant que deuxième État riverain. Selon Reuters, citant une source du Golfe, Oman a présenté à l’Iran une proposition visant à établir un mécanisme régional conjoint pour gérer le détroit d’Ormuz. La proposition omanaise repose sur un système de redevances volontaires, dans le cadre d’une gestion régionale conjointe du détroit, ce qui garantit la participation de plusieurs parties à la supervision de la navigation, à l’écart de toute gestion unilatérale. La source de Reuters a indiqué que la proposition stipule clairement que l’Iran n’exercera pas de contrôle unilatéral sur le détroit d’Ormuz, mais que la gestion de ce passage maritime se fera selon un mécanisme régional conjoint, prenant en compte les intérêts des pays concernés et assurant la continuité du bon déroulement du commerce international à travers le détroit.

La voie maritime, par laquelle transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde, est de nouveau verrouillée par l’Iran depuis la reprise des raids américains contre l’Iran début juillet. Le conflit s’est étendu ces dernières semaines avec la fin d’une trêve de quatre ans entre l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et Sanaa qui lui a imposé un blocus maritime en riposte au blocus imposé au Yémen depuis 2016.

Abu Dhabi dans la course

Des sources proches du dossier ont indiqué que Mohammed ben Zayed Al Nahyan, alias MBZ président des Émirats arabes unis, a chargé trois de ses frères de mener les efforts visant à désamorcer les tensions avec l’Iran, Abou Dhabi cherchant à passer de l’hostilité au rapprochement avec Téhéran suite à la trêve entre les États-Unis et l’Iran.

Selon le journal britannique Financial Times, MBZ a confié cette tâche à Mohammed ben Zayed Al Nahyan,  vice-président de l’État, Abdullah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères, et Tahnoun ben Zayed, conseiller à la sécurité nationale, considéré comme l’une des figures les plus pragmatiques d’Abou Dhabi.

Le journal indique que les premiers signes de rapprochement sont apparus lors d’un appel téléphonique entre Mansour ben Zayed et Mohammad Bagher Ghalibaf,  président du Conseil de la Choura iranien, une semaine après la trêve américano-iranienne, tandis que le mois dernier, le ministre des Affaires étrangères a passé son premier appel téléphonique depuis la guerre avec A. Araghchi. Il a ajouté que les Émirats arabes unis, comme d’autres États du Golfe, ont fini par se rendre compte qu’ils sont « otages de leur situation géographique ».

Le rapport citait un responsable émirati affirmant que la guerre était « une véritable épreuve pour tous », notant que les Émirats arabes unis étaient passés de la rigidité de la première phase au pragmatisme, et qu’ils « n’adhèrent pas aux décisions, mais les modifient et les améliorent continuellement ». Il a noté que le mémorandum d’entente signé le mois dernier par le président américain avec Téhéran, visant à prolonger le cessez-le-feu et à rouvrir le détroit d’Ormuz, a accéléré les initiatives économiques, les Émirats arabes unis ayant accepté de reprendre certains échanges commerciaux avec l’Iran et le retour des vols iraniens.

Le rapport souligne que les relations commerciales avec l’Iran sont cruciales pour l’économie de Dubaï, qui abrite des centaines de milliers d’Iraniens. Les dirigeants émiratis espèrent également que la dépendance de Téhéran envers les Émirats arabes unis pour une grande partie de ses importations et exportations renforcera les liens commerciaux et préservera cette relation.

Les Émirats arabes unis ont nié avoir effectué des transferts financiers vers l’Iran, mais des Émiratis ont exprimé le désir d’y investir, notamment dans les secteurs de l’énergie, des ports et de la logistique, si la guerre prend fin définitivement et que les sanctions américaines et internationales sont levées.

Le rapport souligne que la « résilience » est devenue le mot d’ordre aux Émirats arabes unis, le conflit s’étant déplacé vers une zone grise : ni guerre ouverte, ni paix. Il indique qu’Abou Dhabi ne cherche pas seulement à renforcer ses capacités militaires, mais s’efforce également de remédier aux faiblesses de ses infrastructures critiques, notamment en protégeant les lignes électriques et en développant des centres de données pour soutenir ses ambitions dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Grenouillages dangereux

On signale par ailleurs que la CIA et le Mossad mèneraient une opération secrète pour déterminer si le guide suprême iranien est toujours en vie, évaluer son état de santé et localiser son refuge. Faute de traces numériques exploitables, les services alliés miseraient sur leurs réseaux humains présents dans plusieurs régions. L’absence prolongée de Mojtaba Khamenei aurait conduit les services américains et israéliens à intensifier leurs recherches en Iran. Selon The Times, dans un article publié le 28 juillet, la CIA et le Mossad mèneraient depuis une période non précisée une opération visant à localiser le dirigeant iranien, sans y être parvenus jusqu’ici.

  1. Khamenei a succédé à son père à la tête de la République islamique après la mort de ce dernier, le 28 février. Plusieurs informations ont également fait état de blessures subies par le nouveau dirigeant iranien. Les deux services chercheraient ainsi à établir s’il est toujours en vie, à connaître son état de santé et à déterminer où il se trouve. D’après le quotidien britannique, l’opération n’aurait pas pour objectif déclaré de l’éliminer. Elle viserait avant tout à obtenir des informations que les moyens de renseignement américains et israéliens n’ont pas pu établir avec certitude jusqu’à présent.

Les recherches seraient compliquées par l’absence de communications électroniques identifiables. Depuis la mort de son père, M. Khamenei n’aurait utilisé ni téléphone ni ordinateur, ce qui réduirait fortement l’efficacité des moyens de surveillance à distance déployés par les deux services. Faute de données numériques exploitables, la CIA et le Mossad seraient contraints de s’appuyer sur leurs agents présents sur le terrain. Ils chercheraient notamment à identifier les messagers et les personnes de confiance chargés de maintenir un contact avec le guide suprême iranien. Interrogé par The Times le 28 juillet, Rami Igra, ancien responsable d’un département du Mossad, a déclaré que « le seul véritable moyen de retrouver Mojtaba consiste à recruter une personne directement en contact avec lui ». Une tâche qu’il juge « extraordinairement difficile ». Selon lui, seules deux ou trois personnes au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique connaîtraient l’endroit où se trouve le dirigeant iranien. Ce cercle très restreint illustrerait l’efficacité des mesures de protection mises en place autour du nouveau guide suprême et compliquerait toute tentative de recrutement dans son entourage.

Le quotidien britannique rappelle également que la CIA avait suivi un messager pour remonter jusqu’à Oussama ben Laden. Les services américains et israéliens chercheraient à appliquer une méthode comparable en Iran, sans disposer pour l’instant d’éléments permettant de confirmer qu’elle a porté ses fruits.

Une source iranienne citée le 18 juillet indiquait que M. Khamenei ne participerait à aucun événement public tant que le conflit avec Israël et les États-Unis se poursuivrait. Selon plusieurs observateurs, son premier contact international pourrait prendre la forme d’un échange téléphonique ou d’une rencontre avec Vladimir Poutine. Une telle prise de contact placerait Moscou parmi les premiers interlocuteurs étrangers du nouveau guide suprême iranien et confirmerait la place centrale de la Russie dans les échanges diplomatiques de Téhéran. À ce stade, l’existence de cette opération repose principalement sur les informations publiées par The Times le 28 juillet. Ni les autorités iraniennes, ni la CIA, ni le Mossad n’ont confirmé publiquement ces affirmations.

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