Dans une déclaration écrite adressée à Anadolu, la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a confirmé que Washington prévoyait de réduire certains moyens aériens et navals alloués aux opérations de l’Alliance en Europe. « Les plans de défense de l’OTAN définissent les forces et les capacités dont nous avons besoin. Le modèle de forces de l’OTAN constitue le cadre général permettant de mettre les forces nationales à la disposition de l’Alliance », a-t-elle fait savoir.
Elle a indiqué que l’Alliance s’était historiquement appuyée de manière importante sur les forces et capacités américaines, ajoutant que l’équilibre des responsabilités pourrait évoluer à mesure que les alliés européens et le Canada augmentent leurs dépenses de défense et développent des capacités supplémentaires. « Ce changement renforce les plans de défense de l’OTAN en réduisant la dépendance excessive à l’égard d’un seul allié et reflète une évolution plus large au sein de l’Alliance. Il s’agit de placer l’OTAN sur des bases plus durables pour les décennies à venir », a affirmé A. Hart.
Ces déclarations font suite à un article du New York Times, citant deux hauts responsables européens, selon lequel les États-Unis prévoient de réduire de manière significative le nombre d’aéronefs et de navires de guerre affectés aux opérations de l’OTAN en Europe. Selon ce rapport, le nombre de chasseurs américains F-16 et F-15E alloués à l’OTAN passerait d’environ 150 à 100 appareils, tandis que les avions de surveillance maritime seraient réduits de 26 à 15. Huit avions de ravitaillement en vol devraient également être retirés complètement. Le journal ajoute que l’un des deux groupes de bombardiers précédemment affectés à la défense de l’Europe serait redéployé vers une autre région, tandis qu’un sous-marin capable de lancer des missiles et un porte-avions seraient également stationnés ailleurs.
Danger russe écarté
Le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), a estimé jeudi que la Russie ne recherchait pas de confrontation avec l’OTAN, tout en assurant que l’Alliance restait prête à défendre son flanc oriental. « La Russie ne recherche pas le conflit. Elle comprend le terme d’alliance défensive », a déclaré le responsable militaire lors d’une table ronde organisée au salon aéronautique ILA de Berlin.
Interrogé sur le risque d’une attaque contre les pays baltes, il a affirmé que Moscou savait qu’une telle opération serait vouée à l’échec. « Quand on me demande si je suis prêt à combattre ce soir, je réponds sans hésiter : absolument », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs médias ont rapporté que les États-Unis envisagent de réduire certaines capacités militaires déployées en Europe. Selon le New York Times et le quotidien allemand Die Welt, Washington étudie notamment une diminution de certains moyens aériens et navals afin de les réaffecter à d’autres priorités stratégiques.
Le général US a confirmé que certaines capacités pourraient être redéployées, expliquant qu’elles pourraient être nécessaires dans d’autres zones d’opérations, notamment dans l’Indo-Pacifique. Il a indiqué que l’OTAN préparait différents scénarios afin d’adapter sa posture aux éventuelles évolutions du dispositif américain. Le responsable militaire a précisé suivre « de très près » les renseignements concernant la région baltique.
L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie redoutent qu’une fois la guerre en Ukraine terminée, la Russie puisse accroître sa pression sur le flanc oriental de l’Alliance. Début juin, le chef d’état-major allemand, le général Carsten Breuer, avait estimé que l’OTAN devait se préparer à une éventuelle menace russe dans les prochaines années.
La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine a rejeté les craintes d’une attaque contre un pays membre de l’Alliance, qualifiant ces scénarios de « non-sens ». Les déclarations du SACEUR interviennent dans un contexte de réorientation progressive de la stratégie américaine vers la région indo-pacifique, tout en maintenant les engagements de Washington au sein de l’OTAN.
Cap sur l’Australie
Dans le cadre de l’accord de coopération militaire Aukus entre l’’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, quatre sous-marins, commandés par l’armée américaine, vont intervenir à tour de rôle à partir d’un port situé sur la côte ouest de l’Australie à partir de l’année prochaine. Selon des responsables américains, la base située près de Perth – où seront stationnés les sous-marins – permet à la marine américaine d’être plus proche de la mer de Chine méridionale, ce qui revêt une importance stratégique compte tenu des tensions dans la zone, entre Pékin et Taïwan notamment.
Richard Marles, ministre de la Défense australien, s’est rendu à Londres cette semaine pour des discussions sur l’Aukus, qui ont été éclipsées par le départ surprise de son homologue britannique, John Healey, critique du manque de moyens alloués aux armées. J. Healey avait promis son soutien à l’Aukus après avoir rencontré R. Marles, jeudi 11 juin, mais il a quitté ses fonctions avant une visite prévue à la base navale de Portsmouth.
Dans le cadre de l’Aukus, Canberra va acheter trois sous-marins américains d’occasion de classe Virginia (VCS) à partir de 2032 et prévoit également de construire une nouvelle classe de sous-marins à propulsion nucléaire avec la Grande-Bretagne. Le programme de sous-marins Aukus est au cœur de la stratégie de défense australienne et pourrait coûter jusqu’à 235 milliards de dollars américains sur trente ans, selon les prévisions du gouvernement.
Devant plusieurs responsables militaires réunis au Dialogue de Shangri-La, grand forum de défense organisé à Singapour, fin mai 2026, Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, a affirmé qu’il y avait « de quoi légitimement s’alarmer » face au renforcement militaire de la Chine tout en assurant que les États-Unis souhaitaient un « équilibre stable » dans la zone Asie-Pacifique.

