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Guerre russo-otanienne en Ukraine : V. Poutine accuse l’Occident collectif de manœuvres déstabilisatrices

by Perspectives Med
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Guerre russo-otanienne en Ukraine : V. Poutine accuse l’Occident collectif de manœuvres déstabilisatrices

Le chef du Kremlin a rejeté l’idée selon laquelle Moscou porterait la responsabilité du conflit. Il a affirmé que « ce n’est pas la Russie qui a déclenché la guerre », rappelant que la crise a commencé avec les actions militaires de Kiev contre le Donbass en 2014. Il a souligné que Moscou avait « persuadé pendant huit ans » Kiev de régler pacifiquement la question de cette région, où vivent des populations russes et russophones.

Le président russe a ensuite accusé l’Occident d’avoir utilisé les accords de Minsk pour donner au régime de Kiev le temps de se réarmer. La Russie a attendu pendant huit ans une solution négociée, avant de constater que cette voie ne menait à aucun résultat. Moscou a alors dû défendre ses intérêts et les habitants du Donbass par d’autres moyens. Vladimir Poutine a insisté sur la solidité intérieure du pays. Il a déclaré que personne n’avait jamais réussi à infliger une défaite stratégique à la Russie, et que cela n’arriverait jamais. Le président a résumé cette idée par une formule directe : « Personne d’autre que nous n’a besoin de la Russie. » Il a ajouté que seul le peuple russe était capable de protéger, renforcer et développer le pays.

V. Poutine a également reconnu le haut niveau technologique, scientifique et économique des pays de l’OTAN. Il a estimé qu’il fallait leur « rendre hommage » sur ce point. Mais il a aussi souligné que ces mêmes pays avaient désormais compris qu’il était impossible de vaincre la Russie. Il a également affirmé que certains États entrés dans l’OTAN après 2022 l’avaient fait dans l’espoir d’obtenir une « part du gâteau » en cas de défaite russe. À ses yeux, l’Occident s’est précipité en annonçant vouloir infliger une défaite stratégique à Moscou, en sous-estimant la capacité de résistance de la Russie.

Sur le plan économique, Poutine a reconnu que les frappes ukrainiennes causaient quelques dégâts, tout en soulignant la capacité de rétablissement rapide du pays. Il a affirmé que « tout se rétablit rapidement » et que l’adversaire ne pourrait pas créer de problèmes sérieux à l’économie russe. Il a aussi indiqué que Moscou renforcerait sa défense antiaérienne et augmenterait ses frappes de réponse afin de dissuader les attaques ukrainiennes contre des objectifs civils russes. Enfin, il a replacé cette confrontation dans une perspective historique. Il a rappelé que les ennemis et adversaires de la Russie s’étaient déjà unis contre elle par le passé, notamment à l’époque de Napoléon et d’Hitler. Pour V. Poutine, la réponse reste aujourd’hui la même : l’unité d’un peuple multinational, capable de défendre seul son pays face aux pressions extérieures.

Trafic d’armes

Évoquant une enquête de Report Mainz, des titres allemands sont revenus ces derniers jours sur des armes et des munitions de calibre OTAN retrouvées entre les mains de trafiquants en Espagne, soulignant qu’elles proviendraient du conflit en Ukraine.

« Des armes affluent dans une zone de conflit, y disparaissent, puis réapparaissent des années plus tard à Marseille, Bruxelles ou Berlin, entre les mains de cartels de la drogue, de bandes de motards ou de terroristes. » Telle est la « chorégraphie » décrite jeudi par le quotidien Berliner Zeitung, quelques jours après la diffusion d’une enquête de Report Mainz consacrée au trafic d’armes en provenance d’Ukraine. Le reportage s’attarde tout particulièrement sur plusieurs opérations antidrogue menées en Espagne, au cours desquelles des munitions de calibre 5,56 mm — le standard en vigueur au sein des armées de l’OTAN — ont été retrouvées. « Les enquêteurs pensent qu’elles proviennent de la guerre en Ukraine », relate le Berliner Zeitung.

Cette enquête a été relayée par plusieurs médias allemands, dont le quotidien berlinois, qui entend tirer la sonnette d’alarme sur les « millions d’armes » envoyées à l’Ukraine et sur la « crise sécuritaire » qui pourrait succéder au conflit russo-ukrainien en Europe. L’auteur de l’article évoque un afflux d’armes « sans précédent dans l’histoire » et renvoie aux précédents des guerres balkaniques. Il rappelle notamment que certaines armes utilisées lors des attentats de Paris provenaient de « stocks bosniens ».

L’article revient également sur plusieurs alertes émises par des services de sécurité européens depuis 2022. Il pointe du doigt ce qu’il qualifie de « laxisme » dans le contrôle des exportations d’armes destinées à l’Ukraine au début de l’opération militaire spéciale. Le journaliste souligne que le marché noir des armes en Ukraine a connu « une croissance massive depuis 2014 ».

« Quiconque prétend que le danger est passé inaperçu ment », affirme le média allemand, qui énumère plusieurs mises en garde formulées par Europol, Interpol et Frontex dans les mois ayant suivi le déclenchement du conflit. Ces organismes avaient alors évoqué le risque de voir des armes livrées à l’Ukraine réapparaître dans les pays européens une fois la guerre terminée. « Et pourtant, dans le débat politique sur les livraisons d’armes, cette question a été systématiquement négligée », fustige l’auteur, qui conclut que ceux « qui ont identifié les risques se sont rapidement retrouvés en difficulté ».

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