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Les agressions israéliennes se poursuivent contre le Liban : Le Hezbollah ne ménage pas ses efforts en multipliant les attaques

by Perspectives Med
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Les agressions israéliennes se poursuivent contre le Liban : Le Hezbollah ne ménage pas ses efforts en multipliant les attaques

Malgré les accords de cessez-le-feu en vigueur, l’armée israélienne a poursuivi dans la nuit de mercredi à jeudi ses attaques contre le sud du Liban. Selon l’agence de presse libanaise NNA, l’armée israélienne a bombardé une maison située dans le quartier Al-Maqasid de la ville de Nabatieh, dans le sud du pays. Le raid a provoqué un incendie dans l’habitation visée ainsi que dans plusieurs véhicules stationnés à proximité. Au cours de la nuit, les forces israéliennes ont également ciblé par des tirs d’artillerie les localités de Sir al-Gharbiyyeh et Aadchit, dans la région de Nabatieh, tout en menant des frappes sur le Haut-Nabatieh, les environs de l’hôpital Najda et le carrefour de Kafr Roummane.

L’armée israélienne avait lancé, le 2 mars, une vaste campagne de frappes aériennes contre le Liban et occupé plusieurs localités dans le sud du pays. Durant cette période, le gouvernement libanais avait annoncé que le nombre de déplacés avait dépassé le million de personnes. Le président américain Donald Trump avait déclaré le 24 avril que le cessez-le-feu temporaire de dix jours, entré en vigueur le 17 avril entre le Liban et Israël, avait été prolongé de trois semaines supplémentaires.

À l’issue du troisième cycle de négociations mené sous médiation américaine les 14 et 15 mai, les deux parties étaient convenues de prolonger la trêve de 45 jours à compter du 17 mai.

Dans son dernier bilan, le ministère libanais de la Santé a indiqué que 3 696 personnes avaient été tuées dans les attaques israéliennes menées contre le pays depuis le 2 mars.

Le département d’État US avait annoncé, le 3 juin, à l’issue du quatrième cycle de discussions à Washington, qu’Israël et le Liban étaient parvenus à un accord sur un « cessez-le-feu global », à condition que le Hezbollah cesse totalement ses attaques et retire l’ensemble de ses combattants au sud du fleuve Litani. Le Hezbollah avait toutefois rejeté ce cessez-le-feu conditionnel. Malgré les différents accords annoncés, l’armée israélienne continue de mener des opérations militaires sur le territoire libanais. Une pression militaire ponctuée de propagande israélienne aux enjeux bien compris par la majorité des Libanais. Ainsi, Benjamin Netanyahou s’est adressé directement à la population libanaise dans un message vidéo visant à distinguer le pays du Hezbollah et de l’Iran. « J’ai un message pour vous, peuple du Liban. Israël n’est pas en guerre contre vous, mais contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage et agit pour le compte de l’Iran », a-t-il déclaré. Dans son intervention, il accuse le mouvement chiite d’avoir détruit la stabilité du Liban et affirme : « Vous vous souvenez du Liban d’avant ? Des cafés, de la culture, du calme ? Tout cela a disparu à cause du Hezbollah et de l’Iran. » Le chef du gouvernement sioniste met également en avant la puissance militaire israélienne et la poursuite des opérations : « Le Hezbollah est plus faible que jamais, Israël est plus fort que jamais. » Il soutient que l’avenir du Liban doit être libéré de l’influence du mouvement chiite. Il conclut sur une ouverture conditionnelle : « Nous aspirons à la paix avec vous. Mais le Hezbollah est le seul obstacle à cet avenir. »

Isaac Herzog, président israélien, a diffusé de son côté un message en arabe à destination du Liban et de son président Joseph Aoun.  « Je tends une main de paix au peuple libanais et à ses dirigeants. » Mais il conditionne cette ouverture à un changement politique profond au Liban, estimant que le pays doit se libérer des « diktats du Hezbollah, de l’Iran et des organisations terroristes ». Il a évoqué son souhait de voir un jour une normalisation entre les deux pays, allant jusqu’à dire qu’il espère se rendre à Beyrouth si le Liban reprend pleinement le contrôle de son destin politique. Il accuse le Hezbollah de violer les accords de cessez-le-feu et réaffirme qu’Israël ne tolérera aucune attaque depuis le territoire libanais.

Dans le sillage de la riposte iranienne contre Israël, l’atmosphère semble changer à Beyrouth. Après avoir adopté un discours ferme sur l’exclusivité des armes aux mains de l’État, le Président libanais est revenu à une posture plus prudente et réaliste. Il lie désormais le traitement de ce dossier à une série de conditions politiques et sécuritaires, qui commencent par l’arrêt des agressions israéliennes et le retrait des territoires libanais, et englobent la reconstruction, la restauration de la stabilité ainsi que le retour des déplacés chez eux.

En recevant mardi une délégation de députés des parlements français et européen (opposés aux politiques israéliennes), Joseph Aoun. A assuré que le retrait d’Israël ouvrirait la voie à l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire, à la fin des manifestations armées et à la suppression de tout prétexte au maintien d’armes hors du cadre légal officiel. Cela a été perçu comme un recul par rapport aux plafonds politiques fixés précédemment, passant d’une logique de confrontation directe sur ce dossier clivant à une gestion progressive au sein d’un règlement plus large.

Par ailleurs, des fuites font état du souhait de J. Aoun d’ouvrir de nouveaux canaux de communication avec l’Iran, partant du principe que le Liban ne s’oppose pas à une coopération avec Téhéran ou à la mise à profit de son rôle, à condition que ces contacts se fassent directement avec l’État libanais et non via le Hezbollah.

Les répercussions de la riposte iranienne se sont également traduites par l’intégration du dossier du retour des déplacés dans leurs villages parmi les points clés portés par Michael Issa, ambassadeur américain au Liban, à Aïn el-Tiné (Siège du chef du parlement Nabih Berri) lundi — une clause qui figurait dans aucun des précédents documents de négociation américains. Toutefois, des sources informées affirment que le diplomate US n’a pas apporté de réponses claires au président Nabih Berri, ce dernier ayant réaffirmé qu’il n’était pas question de discuter du moindre arrangement avant qu’un cessez-le-feu global et un retrait simultané ne soient actés. C’est ce qui a été réaffirmé lors d’une longue réunion à Aïn el-Tiné consacrée à l’examen de la proposition américaine. Réunion à laquelle ont pris part N. Berri, son conseiller politique le député Ali Hassan Khalil, ainsi que Hussein Khalil et l’ancien ministre Mohammad Fneich pour le Hezbollah.

Des sources citées par le quotidien libanais Al-Akhbar confirment que les deux parties se sont accordées sur les constantes suivantes : un cessez-le-feu global excluant toute liberté de mouvement pour l’ennemi, un retrait israélien rapide et total, la libération des prisonniers et le déploiement de l’armée dans la zone située au sud du fleuve Litani.

Israël semble déterminé à endiguer les effets de la riposte iranienne consécutive au ciblage de la banlieue sud, afin d’empêcher qu’elle ne se traduise par de nouvelles équations de dissuasion sur la scène libanaise. Il s’agit aussi pour Tel-Aviv d’imposer une nouvelle donne déplaçant la pression des frontières vers le cœur du Liban, plaçant ainsi Beyrouth et sa banlieue sud au centre de toute confrontation à venir.

C’est dans ce contexte qu’intervient la décision du cabinet de sécurité israélien restreint d’accorder à l’armée le pouvoir de frapper directement la banlieue sud sans en référer à l’échelon politique. L’objectif est d’instaurer un mécanisme de riposte quasi automatique. Voilà qui éclaire sous un jour nouveau l l’escalade militaire continue au Sud et dans la Bekaa, ainsi que les messages qu’Israël tente d’envoyer à Téhéran via la scène libanaise : aucun compromis régional ni pression internationale ne le pousseront à renoncer à sa stratégie visant à démanteler la structure militaire du Hezbollah.

Dans ce climat tendu, Washington ne semble pas agir avec la logique de celui qui cherche un accord. Les États-Unis s’efforcent plutôt d’exploiter la dynamique militaire en cours pour imposer le découplage des dossiers et rompre le lien entre le Liban et l’Iran. Cela concerne non seulement le cessez-le-feu, mais aussi la configuration du Sud-Liban après la guerre, le rôle de l’armée libanaise, les mécanismes du retrait israélien et l’avenir de l’infrastructure militaire du Hezbollah.

Dès lors, les négociations actuelles s’avèrent bien plus profondes qu’une simple discussion sur une trêve ou des arrangements sécuritaires temporaires. Elles portent, sur le fond, sur l’acteur qui aura le droit de dessiner les contours de la prochaine phase au Sud-Liban, sur la nature de l’équilibre qui régira la relation entre l’État libanais et la Résistance, ainsi que sur les garanties internationales et israéliennes.

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